Km réi se à cette dépêche : Êtes-voua pour quelque chose
dans dépêche signée Freycinet, qui annonce qu'on retire les troupea de C '; qu'on vi compléter notre garnison «mi la portant .i
30,000 nommes? C'esl impossible, vous ouvrez la voie toute grande ,-i L'ennemi. Lyon n'est, ni approvisionné, ni munitionné; nous lommei sans troupes sérieuses. Noua avons 12. non baïonnettes, rien <!<■ plus. C'esl 23,000 hommes qu'il aousfaul à bref délai. La
f-.iple pationale n'a que de mauvais fusils ;> piston. Votre dépêche ;i terrifie... »
j. il s'agil d'un délégué envoyé par le général Alexandre I M. Gambetl
2o novembre 1870. — xl préfet. — Envoyez votre Américain à Genève à destination de son consul, en le prévenant que s'il rentre en France on prendra des mesures de rigueur contre lui *.
28 novembre 1870. — A préfet. — Je tiens compte de l'avertissement que vous me donnez relativement à la réaction qui nous menace. J'en ai déjà eu à plusieurs reprises des témoignages. Voici comment elle compte procéder: sous prétexte de défense, elle voudrait faire prédominer l'élément militaire, armée et garde nationale, dans la personne de deux généraux, Alexandre et Bressolles, à l'élévation desquels vous avez tous contribué. Sur l'élément civil vous ne devez point douter de mon concours, vous êtes mon représentant à Lyon, et vous savez que tant que je serai au pouvoir, l'élément militaire ne dominera jamais l'élément civil. Laissons agir les militaires dans leur sphère, mais que nul ne s'avise de songer à les substituer aux fonctionnaires républicains. Je leur opposerai une résistance invincible. Nous sommes pleinement d'accord. Vous avez rendu trop de services à la République pour changer notre ligne de conduite. Voilà qui est entendu. J'ai reçu votre lettre contenant plan réformation d'armée. Il sera étudié. J'ai vu aussi des délégués d'un comité de défense rurale qui m'ont adressé plusieurs demandes dont quelques-unes me paraissent justes.
Ils veulent par exemple qu'on leur donne des commissions de capitaine de la garde nationale hors cadres, parce qu'ils vont devant l'ennemi. Je ne vois à cela nul inconvénient. Ils veulent en outre que le comité de défense rurale soit soumis exclusivement à l'autorité du comité militaire. Ici je ne veux rien faire sans votre adhésion, car je crois que ce désir se rattache au plan dont je vous parle plus haut. Qu'est ce comité de défense rurale? N'est-ce pas vous qui l'avez constitué 2? Que faut-il faire à cet égard? Répondez
1. Il s'agit d'un Américainvenu de Marseille à Lyon après l'émeute organisée par Cluseret et dont le préfet demandait l'expulsion.
2. M. Challemel-Lacour répondit le lendemain : « C'est moi qui ai constitué le comité de défense rurale ; je vais le dissoudre aujourd'hui même. N'accordez, ne promettez rien. Il a mal accompli son œuvre; il s'y est glissé des intrigants, des hommes qui veulent échapper à la mobilisation... Il n'a plus de raison d'être. »
ce soir même afin que je donne réponse demain aux délégués.
29 novembre 1870. — A -préfet. — Dans l'affaire du comité de défense rurale, j'ai procédé suivant vos indications. Je n'ai rien accordé ni promis. J'ai eu avec les délégués du comité deux longues conversations à la suite desquelles j'ai pu me former une opinion que je vous expose. J'estime que ces Messieurs, après avoir été institués par vous, qui leur avez conféré tous leurs pouvoirs, ont eu le tort grave de se laisser entraîner par le courant qui porte certaines fractions de la population lyonnaise du côté des autorités militaires au détriment de l'élément civil.
Je vous ai dit hier mon opinion sur ce point. Je l'ai fait connaître aux délégués, et sous ce rapport ma résolution est irrévocable. Je vous approuve donc de résister à tout empiétement sur votre autorité de quelque côté qu'il vienne. Je connais votre prudente fermeté et je n'ai rien à vous dire au point de vue du sage équilibre qui- vous vous ries appliqué à maintenir entre les divers partis depuis que vous êtes à Lyon. Je crois cependant que dans ce comité de défense rurale, il y a lieu de distinguer, comme dans Lyon même, entre les divers éléments qui le composent. Ce comité est nombreux. Si peu qu'il ait fait, il est juste de reconnaître ses services. Vous venez de le dissoudre et je ne vous en blâme point, puisque tout danger esl momentanément éloigné de Lyon; ce danger viendrait à reparaître, qu'il y aurait à mon avis utilité de reconstituer le comité sur une échelle moins large et en le dégageant d<-s éléments qui ont altéré sa composition première.
Toutes ces questions -'ml 1res délicates. Il y en a qui tiennent aux personnes, d'autres aux circonstances. C'est à vous qu'il appartient de. les apprécier et ma confiance en vous est entière; mais je crois que vous ferez bien de recevoir les délégués que j'ai vus, s'ils se présentent à la préfect ure; de leur faire connaître les mol ils de la dissolution du comité et de leur expliquer quelle conduite vous entendez garder à leur égard. Je leur ai. quant a moi, comm unique la présente dépêche.
' novembre i^To. \ préfet. — Je vois voa affaires
s'embrouiller. Bressolles a demandé a enlever son com-
mandement au général Crevisier1, contre lequel il arrive des plaintes variées, et de divers points. J'approuve les dispositions qu'il a prises; de même, pour vous, je suis disposé à approuver la révocation d'Alexandre2. Avez-vous un successeur à lui donner? Agissez avec prudence, avec Bressolles notamment. On me dit qu'il y a des manœuvres. Écrivezmoi vos sentiments.
2 décembre 1870. — Au préfet. — Merci, mon cher ami, pour votre prévoyance patriotique 3. C'est à de telles marques de dévouement au bien public que l'on reconnaît, que l'on juge des hommes comme vous. Pour moi qui vous connais depuis si longtemps, je ne suis point surpris de cette preuve nouvelle de votre dévouement à notre cause; mais je suis toujours ému quand je pense à tout ce que vous dépensez pour elle de chaleur d'âme, d'énergie et surtout de cette force morale qui vous distingue si éminemment parmi nous. Je vous embrasse.
Il va sans dire que si nous avons besoin de vous et de vos offres, je vous ferai signe. Tenez-vous prêt.
2 décembre 1870. — Au préfet. — J'approuve dans ses motifs et son dispositif votre arrêté qui révoque M. Alexandre de ses fonctions de général de la garde nationale. Je vous invite à chercher autour de vous un successeur que vous me présenterez. Moi, de mon côté, si je trouve quelqu'un qui puisse vous convenir, je vous l'enverrai. Mais n'y comptez pas. Nous avons résolu la question Crevisier, en nous privant de ses services. J'ai vu dans vos dernières dépêches que vous étiez pour le moment en bonnes relations avec le général Bressolles, et je m'en réjouis. Maintenez ferme votre autorité sur lui et faites-lui comprendre directement ou indirectement qu'il doit avant tout vous prêter son concours et non pas substituer son autorité à la vôtre. J'ai reçu de M. Hénon, maire de Lyon, une lettre des plus sympathiques à votre