‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 40 sur 208 · En date du 20 octobre · texte numérisé non relu

En date du 20 octobre

2. M. Thiers, accompagné de MM. Cochery et Paul dé Rémusat. arriva le 30 octobre à Versailles : « Monsieur le comte, dit-il à M. de Bismarck, je ne puis vous dire qu'une chose, c'est que je ne puis pas vous parler. » (Valfrey, Histoire de la diplomatie du gouvernement de la défense nationale, 2e partie, p. 17. — Sorel, Histoire diplomatique de la guerre franco-allemande, t. Il, p. 72.)

que je me suis joint à mes collègues de Tours pour vous autoriser à en transmettre la proposition en l'appuyant.

Veuillez agréer, etc.

Léon Gambutta.

Procès-verbal de la première délibération du 21 octobre i 871.

Après un récit complet de son voyage officiel, M. Thiers, qui, dans sa narration, nous avait rendu compte d'une importante conversation entre lui et le prince Gortschakoff, a mis sous nos yeux un projet de télégramme adopté par le prince et lui, du consentement de l'empereur de Russie. Ce télégramme est ainsi conçu :

t( M. Thiers s'est montré modéré et a paru apprécier justement la situation. Un contact direct avec lui offrirait peutôtre la possibilité d'abréger une lutte dont vous, moi, l'Europe, désirons la fin au même degré. Seriez-vous disposé, le cas échéant, à lui accorder un sauf-conduit pour rentrer à Paris et pouvoir en sortir immédiatement, et faire naître ainsi la chance de relations officieuses avec votre quartier général? »

M. Thiers nous a déclaré qu'il s'était mis d'accord avec le prince Gortschakoff pour soumettre ce télégramme à la délégation de Tours, ne voulant en réclamer l'envoi que si nous l'autorisions à se rendre auprès de nos collègues à Paris. Dans ce dernier cas, a-t-il dit, une dépêche an chargé d'affaires de France en Russie avertirait le prince, qui alors expédierai! au roi de Prusse ce télégramme de l'empereur de Russie.

Après délibération, nous, membres du gouvernement de la Défense nationale, réunis à L'amiral ministre <!<' La guerre, délégué de notre gouvernement, avons autorisé à L'unanimité M. Thiers à se rendre a Paris auprès de nos collègues, -.m- passer par !«' quartier général prussien avant de s'être rendu à L'Hôtel de ville.

Nous lui avons déclaré que nous croyons indispensable cette entrev mtre lui et i«' gouvernemental central qui,

dans sa souveraineté, apprécierait et déciderait ce que comporte la situation.

Fait à Tours, le 21 octobre 1870, en conseil de la délégation du gouvernement de la Défense nationale.

Léon Gambetta, Al. Glais-Bizoin, Ad. Crémieux, L. Fourichon.

Procès-verbal de la deuxième délibération du 21 octobre 1870.

La délégation du gouvernement de la Défense nationale, M. Thiers étant présent, a admis dans son sein M. de Chaudordy, représentant du ministre des affaires étrangères de la République, pour recevoir de lui une communication officielle.

M. de Chaudordy s'exprime en ces termes :

« Messieurs, lord Lyons, ambassadeur d'Angleterre, vient de me faire la communication suivante, au nom de son gouvernement.

« L'Angleterre offre de proposer à la France et à la Prusse, de son initiative, un armistice pendant lequel la France procéderait aux élections pour l'Assemblée nationale. »

Lord Lyons demande si le gouvernement français adhérerait à cette proposition.

Après avoir bien établi que rien ne peut laisser supposer que le gouvernement français ait jamais eu la pensée de suggérer une pareille proposition et qu'il y est demeuré complètement étranger, la discussion s'est élevée entre les trois membres du gouvernement et le délégué, ministre de la marine, sur le point de savoir si l'on peut admettre la proposition d'un armistice ayant pour objet l'élection d'une assemblée.

De cette délibération il est résulté que trois voix se sont prononcées pour l'affirmative, celles de MM. Crémieux, Glais-Bizoin, membres du gouvernement, et de M. le délégué Fourichon ; M. Gambetta, s'inspirant des renseignements recueillis par lui, comme ministre de l'intérieur, depuis son arrivée à Tours, a persisté dans l'opinion négative qu'il avait emportée de Paris. En conséquence, il a été

décidé que la délégation de Tours transmettrait au gouvernement de Paris la proposition d'un armistice faite par l'Angleterre en appuyant cette proposition ; car, dans la pensée de la délégation, il ne peut s'agir que d'un armistice d'une durée d'au moins vingt-cinq jours, avec ravitaillement de toutes nos places assiégées. M. Thiers a été chargé de cette transmission.

La proposition de l'Angleterre, à faire simultanément à la Prusse et à la France, est ainsi conçue :

« Un armistice sera consenti entre les deux puissances belligérantes, pendant lequel la France procédera aux élections de l'Assemblée. »

Fait à Tours, au conseil de la délégation du gouvernement de la Défense nationale, le 21 octobre 1870.

Léon Gambetta, Al. Glais-Bizoin, Ad. Créuieux, L. Fouriciion.

Gambetta à général Trocku, à Paris.

Tours, le 25 octobre 1870.

Ferons samedi et dimanche tentative en force sur Orléans1. Faites vous-même démonstration dans cette direction pour retenir l'ennemi et l'empêcher de venir renforcer le corps disséminé de Chartres à Jargeau, passant par Orléans.

Gambetta à Jules Favre, à Paris.

Tours, le 30 octobre 1870.

Met/, a capitulé le 27 octobre. Depuis longtemps Bazaine Intriguait, témoin les missions du général Boyer à Versailles, auprès de Bismarck et, en Angletruc, auprès de l'impératrice. Bazaine a fini par

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