Décret du :j novembre
tous les obstacles pour les vaincre. Un jour viendra où la part de chacun sera mise en lumière et où vous pourrez apprécier combien jusqu'ici vous avez été mal renseignés, soit par la presse étrangère, soit même par des personnages dont les paroles et les écrits n'auraient dû rencontrer près de vous aucune espèce de créance.
En effet, et c'est malheureusement là une conséquence presque inévitable de votre blocus, il vous a été toujours difficile de démêler, dans les rapports qui vous étaient faits, le vrai du faux, le possible de l'impossible. L'anxiété des assiégés les rend à la fois impatients "et injustes; leur isolement les rend oublieux; l'esprit de rivalité se réveille, les plus vieilles amitiés mollissent, et au milieu de ce désarroi et de cette ingratitude qui gagnent tout le monde, il ne reste que quelques rares et grands cœurs comme le vôtre, mon cher Favre, assez fiers pour ne se laisser jamais abattre, assez droits pour ne jamais dévier, assez généreux pour rester fidèles aux absents. Je vous conjure, pour éviter le retour de tout malentendu, de n'accorder crédit qu'aux nouvelles qui vous viennent directement de nous, car je suis incapable de cacher ou même d'atténuer la vérité. Je vous prie aussi de bien surveiller l'arrivée des dépêches et leur publication. Je ne peux, par exemple, me faire à l'idée qu'on reproduit, en le tronquant, le texte de tout ou partie de mes communications. Appréciez ce que vous devez livrer au public, mais que la partie publiée soit intacte. Jugez par exemple, de mon étonnement quand je retrouvé défigurée au Journal officiel mon appréciation de l'odieuse trahison de Bazaine, et de la légitime et unanime colère qu'elle a soulevée dans le pays *. Nul aujourd'hui, parmi les plus effrontés de nos adversaires, n'ose défendre ce criminel. Les preu-