‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 57 sur 208 · Chanzy, toc. cit., livre II · texte numérisé non relu

Chanzy, toc. cit., livre II

Gambetta à général Troc ha et à Jules Favre,à Paris l .

Tours, le 11 décembre 1870, midi.

Je vous écris tous les jours; mais le temps est si contraire ! Nous sommes également sans nouvelles de vous depuis le 6. Ici, les choses sont moins graves que ne le répandent les Prussiens à vos avant-postes. Après la déplorable évacuation d'Orléans, l'armée de la Loire a été divisée en deux parts, l'une sous le commandement de Chanzy, l'autre de Bourbaki. Le premier tient, avec un héroïsme et une ténacité indomptables, contre l'armée de Mecklembourg et Frédéric-Charles, depuis six jours, sans perdre un pouce de terrain , entre Josnes et Beaugency2. Les Prussiens tentent un mouvement tournant par la Sologne. Bourbaki s'est mis en retraite sur Bourges et Nevers trop précipitamment. J'ai fait évacuer le gouvernement à Bordeaux pour ne pas gêner les mouvements stratégiques des deux armées. Au nord, Faidherbe a fait une pointe vers nous, dans la direction de l'Oise, et Manteuffel a rebroussé chemin de Honneur vers Paris, ce qui nous fait supposer que vous tentez un second effort. Nous tenons ferme. L'armée, malgré le désarroi qui a suivi Orléans, est intacte et n'a besoin que de quelques jours de repos. Les mobilisés, que vous confondez dans vos dernières dépêches avec les mobiles, sont prêts et entrent en ligne sur plusieurs points. Bressolles, à Lyon, se dispose à se jeter avec 30,000 hommes dans l'Est, appuyé sur les forces de Garibaldi et les garnisons de Besançon et de Langres. Je suis à Tours et je me rends dans une heure

1. Dépèche publiée dans le Journal officiel du 15 décembre avec des modifications.

2. Combats de la Vallière, de Langlochère, de Messas, de Ville chaumont, de Cravant, bataille de Villorceau, combats de Cerna y, de la Villette, de Travers, de Villejouan et d'Origny.

à Bourges, pour voir Bourbaki1. La France entière applaudit à l'héroïque réponse que vous avez faite au piège de Moltke 2.

Saint fraternel.

Léon Gambetta.

Gambetta à Jules Favre et à Trocliu.

(Arrivée à Paris par pigeons, le 17 décembre3 et publiée, moins le dernier alinéa, dans le Journal officiel du 18.)

Bourges, 14 décembre 1870.

Depuis quatre jours, je suis à Bourges occupé avec Bourbaki à réorganiser les trois corps, 15°, 18e, 20° de la tro armée de la Loire, que les marches forcées, sous les affreux temps qui ont suivi L'évacuation d'Orléans, avaient mis en mauvais état *.

Ce travail demande encore quatre à cinq jours pour être complet.

Les positions occupées par Bourbaki couvrent à la fois Bourges et Nevers.

L'autre partie de l'armée de la Loire après la déplorable affaire d'Orléans, s'est rejetée sur Beaugency <•( Marchenoir, positions dans lesquelles elle a soutenu tous les efforts de Frédéric-Charles, grâce à l'indomptable énergie du général Chanzy qui paraît être le véritable homme de guerre révélé par les derniers événements.

Cette armée, composée des 16e, 17e, et 21e corps et

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