‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 59 sur 208 · Faidherbe, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Faidherbe, loc. cit., p

2. « La présence sous les murs de La Fère de l'armée du Nord, que les généraux ennemis croyaient avoir détruite le 27 novembre, avait jeté un grand trouble parmi eux. Des mouvements divers de concentration étaient signalés et le 8e corps était promptement rappelé de la Normandie, dont l'envahissement était qualifié d'imprudence par quelques journaux prussiens. » (Faidherbe, loc. cit., p. 33).

Les Prussiens n'ont pu maintenir l'investissement de

Langres ni bloquer exactement Belfort qui, par de furieuses sorties, leur cause les plus grandes pertes. Ils paraissent avoir reçu des renforts qui se dirigent sur Dijon.

En résumé, notre situation militaire est meilleure aujourd'hui qu'il y a douze jours, et j'espère qu'elle ira s'améliorant. La translation du Gouvernement à Bordeaux a produit le meilleur effet, à cause de l'importance de Bordeaux et surtout parce qu'on en finissait avec la mauvaise situation militaire de Tours, qui n'aurait jamais dû être choisi comme siège du Gouvernement. Après neuf jours passés à Bourges, je me rends à Lyon dans un intérêt exclusivement militaire Salut fraternel.

Léon Gambetta.

(l'imbctta à général Trochu, à Paris.

Publiée, avec des suppressions, dans le Journal officiel du 9 janvier 1871.)

Lyon, le 23 décembre 1870.

J'ai reçu, le 22 décembre au matin, par M. d'Almeida, votre dépêche écrite le 10 décembre. L'appréciation que vous avez faite de l'organisation de l'armée de la Loire et <\c> éléments qui la composent, est parfaitement juste et trouve dans les faits qui s'accomplissent tous les jours une nouvelle confirmation. J'aurais désiré trouver dans votre lettre du l(i des détails plus précis sur vos prochaines intentions, pour pouvoir, ^nit vous envoyer do renseignements utiles, soit créer à l'ennemi une diversion combinée avec \ '>n- . G'esl le moment de frapper un grand coup, en dehors môme des raisons que vous tire2 de l'état de

l'espril public à Pari- el des ressources alimentaires

qui vous restent. Les Prussiens, sans avoir éprouvé rien qui ressemble à une défaite, paraissent cependant démoralisés. Ils commencent à ressentir une grande lassitude, et on leur tue beaucoup de monde de tous côtés. Sur divers points du cercle qu'ils occupent, ils rencontrent de vigoureuses résistances : Belfort, approvisionné pour huit mois, toute la ligne de Montbéliard à Dôle par les forces de Besançon, de Dole à Autun par celles de Garibaldi et du général Bressolles, le Morvan et le Nivernais, jusqu'à Bourges, sont très bien gardés, et, à l'heure même, Bourbaki exécute un grand mouvement pour se porter sur leurs lignes de communication de l'Est, opération qui implique préalablement la reprise de Dijon, occupé par Werder avec 30 000 hommes environ. Ces 30 000 hommes sont appuyés par Gray et le corps d'investissement de Belfort, par une force d'environ 40 000 hommes : ce sont des renforts venus tout récemment d'Allemagne, mais d'une assez médiocre valeur, paraît-il. Je vous tiendrai au courant du mouvement de Bourbaki, qui commandera, pour son exécution, non seulement les 18e, 20e et 15e corps, mais aussi le 24e corps, de Bressolles. Si ce mouvement réussit, les Prussiens seront nécessairement forcés de dégarnir Paris pour marcher sur nous.

D'un autre côté, Ghanzy, à l'ouest de la Loire; Ghanzy, grâce à son admirable ténacité, a fait lâcher prise aux Prussiens et, depuis le 4 6 *, il s'occupe à refaire ses troupes, fatiguées partant et de si honorables combats. Aussitôt remises, ce qui ne demande que quelques jours, rééquipées et munitionnées, vous pouvez être assuré que Ghanzy reprendra l'offensive vers Chartres ou plus haut, selon les renseignements. Il m'écrit ce matin même que Versailles ne serait occupé que par 4 000 hommes, et 1 000 de Bougival

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