Chanzy, loc. cit., p. 392 et sq
2. « Vaillamment secondé par le général Pélissier. >< (Freycinet, loc. cit., p. 257.)
a remporté une véritable victoire en avant de Dijon dans une bataille qui a duré trois jours' et qui a mis plus de dix mille Prussiens2 hors de combat; un drapeau ennemi, pour la première fois, est resté entre nos mains3. Malheureusement, l'armée de l'Est est dans une situation critique. A la suite de cette marche glorieuse marquée par cinq journées et cinq succès : Villersexel, Arcey, Montbéliard et la Lizaine, Bourbaki est venu échouer le second jour devant Héricourt; accablé par le nombre, il s'est vu forcé à la retraite \ Ce mouvement de recul3 avait profondément troublé son esprit, sa tête s'est égarée et, se voyant poursuivi et presque cerné, il s'est tiré un coup de pistolet0. Un jour avant ce douloureux événement, il avait demandé à être remplacé et avait désigné pour son successeur le général Glinchant. ('/est ce dernier qui vient de prendre le commandement de l'armée et qui cherche à la sauver des étreinte- de l'ennemi et de la mauvaise situation où elle se trouve. Certes, le tableau est sombre et la fortune nous est bien contraire. Cependant, il ne faut pas se laisser aller à la défaillance, car, plus que jamais, j'ai
2. ('" chiffre, donné par Garibaldi et que M. G-ambetta ne pouvait contrôler, esl considérablement exagéré. Le rapport du grand
major prussien, qui atténue souvenl !«'•< pertes allemandes, évalue ainsi les pertes de la brigade Kettler : 21 janvier, 19 officiers et M22 hommes; 22 janvier, aucune indication; 23 janvier, 16 officiers <■! :!i»2 hommes.
3. Ce drapeau lui pris par lu brigade Riciotti Garibaldi. i . ; - an\ ier.
."">. !.'• mouvement de retraite sur Pontarlier fut * I « * < • î < 1 « ; dans un conseil de guerre tenu a Château Farine; le général I>ill<>i avait -■•ni d'avis <l>' marcher sur A.uxonne. Le ministre de la guerre i général Bourbaki Bordeaux, 23 janvier, 2 h. 30 'lu -on- : «Je crois fermement que votre marche sur Pont trlier v< pare un désastre inévitable. Vous n'en sortirez pas.
rez obligé de capituler, ou vous serez rejeté en Smle que -ut la direction <\n<> vous j>n'ni<'/. pour Bortir de Pontarlier, l'ennemi aura moins de chemin ;i faire sur vous pour \"ib ban er ! . »
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la conviction que la prolongation de la lutte, en nous ramenant la fortune, épuisera nos envahisseurs; et, s'ils savaient bien qu'il faudra arroser de sang allemand chaque motte de terre française pour la conquérir et la garder, ils sentiraient l'impossibilité de s'acharner à la lutte et à l'extermination de la France. Donnons-leur, à force de constance dans les revers et d'activité dans l'organisation de nos forces, la conviction que nous resterons inflexibles dans la politique de la guerre à outrance et nous aurons gagné sur eux une grande victoire. Le printemps viendra, et ils n'auront pas réalisé le fruit de leurs conquêtes et, au milieu de l'Europe inquiète et jalouse, ils n'auront pas obtenu de sanction pour l'œuvre de la force. Nous les condamnerons à une occupation aussi ruineuse pour eux que pour nous; nous n'aurons pas compromis l'intégrité de la France et, à la première occasion de conflit ou de trouble européen, nous serons l'allié nécessaire de tous ceux qui auront à se venger ou à se garder des prétentions germaniques...
Au moment de finir, nous recevons à l'instant une dépêche de Londres qui annonce votre retour de Versailles à Paris avec les conditions de la capitulation. La précision de la dépêche1 ne laisse plus guère de doute dans mon esprit, et je reste muet devant une telle catastrophe. Le ballon que vous avez lancé ce matin, 27 janvier, est passé au-dessus de Niort et de Rochefort vers le milieu du jour2. Il est probable-