AFFAIRE DE LA PORTE
Je dois à Votre Altesse un compte particulier relativement à ce qui s'est passé dans cette affaire. Vous me mandez, Monseigneur, « que vous avez été surpris en apprenant par votre Gouvernement tout ce qui y a été proposé, ayant compté sur les promesses du prince Metternich de vous in-
DEPECHES INEDITES : 1815. IW
struire préalablement de tout ce qui se ferait à cet égard » .
Votre Altesse doit avoir vu, par mon rapport du 24 février, que lord Castlereagh, dans la dernière audience qu'il eut de l'Empereur de Russie à Vienne, avait parlé à ce souverain d'une garantie des possessions de la Porte , et quelle réponse l'Empereur lui avait donnée.
Lord Castlereagh informa le prince Metternich de cet entretien, et celui-ci m'autorisa à communiquer le fait à Votre Altesse. Je suppose maintenant que lord Castlereagli, avant de partir d'ici, aura chargé son ministre à Constantinople de faire à la Porte quelque ouverture à ce sujet, et d'y ajouter peut-être quelque offre de médiation pour ce que l'Empereur Alexandre a bien voulu nommer ses différends avec la Porte, différends qui se réduisent purement et simplement à la non-exécution du traité de Bukarest, de la part delà Russie. Je dis que je suppose des ouvertures pareilles; car je n'en ai aucune notion précise et j'ai toutes les raisons de croire que M. le prince Metternich n'en a pas été beaucoup plus instruit que moi.
liOrsque j'ai lu à M. de Metternich votre apostille du 4 août', il m'a d'abord formellement assuré
' Contenant le passage mentionné ci-dessus.
que le cabinet de Vienne n'a fait aucune proposition à la Porte, relativement à la garantie; que si une démarche pareille avait eu lieu, il en aurait certainement donné connaissance à Votre Altesse , et que, si quelque chose de pareil avait été articulé ou proposé à Constantinople, c'était le cabinet d'Angleterre on celui de Russie qui devait l'avoir mis en avant. Quant à la dernière commission dont il voulait me charger pour Votre Altesse, Monseigneur aura vu, par ma dépêche du 25 mars, à quoi elle se rapportait.
Je crois que Votre Altesse a acquis assez de preuves de mon exactitude et de mon dévouement à la servir. Mais comme je ne veux pas que jamais le plus léger soupçon de négligence ou de manque de véracité ])lane sur moi, je suis obligé, quoique bien à regret et à contre-cœur, d'ajouter à cet article quelques explications dont Votre iVltesse daignera prendre note.
Le prince Metteriiich vous est sincèrement attaché, il a de vous l'opinion la plus distinguée, et je n'ai jamais manqué aucune occasion convenable pour l'affermir dans ses sentiments pour Votre Altesse. Ce que j ai écrit là-dessus de temps en temps était plus que des phrases ou des compliments. IjC prince Metternich a en outre sur les relations entre la Porte et l'Autriche les idées les
plus justes et les plus saines ; mes rapports l'ont prouvé dans plus d'une circonstance. C'est une des parties que j'approuve et que j'estime le plus dans son système politique. Comme il n'a par conséquent aucun motif de tromper Votre Altesse, et qu'il sait d'ailleurs que je ne me ferais jamais l'organe d'une fausseté , tout ce que j'ai eu l'honneur de vous écrire en son nom , ou d'après ses intentions, était formellement et matériellement vrai. Jusque-là tout est en règle.
Mais voici le côté faible de la chose. La manière de travailler de M. de Metternich est telle, qu'il y a une difficulté extrême , invincible , à mettre une certaine suite dans une affaire quelconque que l'on traite avec lui. Il est vrai qu'il est surchargé de travail. Mais le mal tient plus encore à toute sa manière d'être, à la mauvaise distribution de son temps, à un certain décousu dans ses arrangements , à ses goûts , à ses rapports avec le monde , à sa trop grande faciUté et amabihté , — enfin à une quantité de détails qu'il me serait impossible d'expliquer. Il en résulte qu'il a souvent l'air de négliger les objets dont il méconnaît le moins l'importance, qu'on l'accuse de duplicité, puisque sa conduite manque souvent d'ensemble, et qu'il lui arrive chaque jour de désobliger des personnes dont il lait un cas réel.
Je suis à coup sûr un de ceux qui ont le plus à se louer de lui, et cependant je souffre quelquefois de ces inconvénients comme un autre. Je supplie Votre Altesse de ne jamais perdre de vue cette donnée, persuadé d'ailleurs qu'elle ne m'imputerait pas à tort ce qui tiendrait uniquement à des défauts que je déplore, mais qu'il n'est pas en mon pouvoir de faire cesser.
L'affaire à laquelle ce rapport particulier était consacré m'offre elle-même un exemple très-propre à servir de commentaire aux observations précédentes. Quand M. de Metternich m'a parlé de l'entretien dé lord Castlereagli avec l'Empereur de Russie, j'ai pris la liberté de lui représenter combien il serait utile et convenable de n'abandonner ni aux Anglais, ni aux Français (qui probablement auront trempé aussi dans cette affaire) l'honneur et le mérite d'avoir plaidé les intérêts de la Porte, dont, préférablement à toute autre Cour, celle de Vienne devait être aujourd'hui 1 interprète. Il en est pleinement convenu , en ajoutant même « qu'il réclamerait toujours pour l'Autriche l'initiative des démarches pour cet objet, puisque dès le mois d'octobre 1813 il m'avait chargé d'écrire à Votre Altesse à quel point de vue il regardait la situation de l'Empire ottoman , et dans quel sens il se prononcerait pour ses intérêts » . Je lui ai
répondu que tout cela était parfaitement vrai et que Votre Altesse en aurait sans doute fait le meilleur usagée; mais que j'y trouvais un grand motif de plus pour empêcher que d'autres Puissances lui enlevassent une partie de son mérite. Sur cela il m'a dit que j'avais parfaitement raison, que dans peu de jours il ferait faire une démarche formelle à Constantinople , et qu'il m'en préviendrait à temps pour que Votre Altesse y fût préparée. Je lui ai rappelé son projet à quatre ou cinq reprises, il l'a toujours remis au lendemain. Le 7 mars est arrivé,. la catastrophe de la France a sursis toute autre affaire, — et il n'a plus été question de celle-ci.
Maintenant on a encore l'intention de terminer le conjurés par un grand traité général, et, comme j'ai eu l'honneur de le mander, je suis chargé de la rédaction de ce traité. Cinq ou six sections sont achevées , toutes les autres sont suspendues, faute de matériaux. Parmi ces dernières se trouvent tous les arrangements entre la Russie et l'Autriche d'un côté, la Russie et la Prusse de l'autre. Ces arrangements font l'ohjet de deux conventions spéciales, dont toutefois les articles principaux doivent être insérés dans le traité général. Le travail de ces conventions ayant été attribué à une commission séparée, je n'ai pas pu,
jusqu'à présent, parvenir à en connaître la moindre chose, malgré mes instances journalières. Il me suffit de savoir que M. d'Anstedt a travaillé à ces conventions, pour soupçonner qu'il ne s'y trouvera rien sur les intérêts de la Porte. Je ne me tairai cependant pas, mais je dois me préparer à tous les délais d'une nouvelle négociation. Voilà, Monseigneur, de quelle façon les affaires se traitent au congrès, et comment, avec les meilleures intentions et tout le zèle du monde, on risque à tout instant de perdre le fruit de ses efforts, et de se compromettre avec les personnes auxquelles on est le plus attaché. Mais enfin il faut toujours marcher et agir et ne jamais se décourager. Fidèle à ce principe, autant que ma santé et mes forces le permettront, j'espère conserver toujours la bonne opinion des hommes que je respecte, et surtout la vôtre, à laquelle je tiens infiniment.
Vienne, 26 juin 1815.
TABLEAU DES DIVERS ACTES ET DES DERNIERS RÉSULTATS DU CONGRES DE VIENNE
La première réunion des ministres d'Autriche, de Piussie, de Prusse et d'Angleterre à Vienne a
eu lieu le 18 septembre 1814. Les minutes de Tinstrument général ont été signées le 9 juin, et les originaux le 19 juin; par conséquent le congrès a duré neuf mois en tout.
L'attente publique n'a peut-être jamais été excitée au point où elle l'était avant l'ouverture de cette assemblée solennelle. On s'en promettait une réforme générale du système politique de l'Europe, des garanties pour une paix éternelle, enfin le retour de l'âge d'or. Il n'a produit que des restitutions décidées d'avance par la force des armes, — des arrangements entre les grandes Puissances peu favorables à l'équilibre futur et au maintien de la paix en Europe, — des revirements assez arbitraires dans les possessions des Etats moins considérables ; — mais aucun acte d'un caractère plus élevé, aucune grande mesure d'ordre ou de salut public qui pût dédommager l'humanité d'une partie de ses longues souffrances ou la rassurer sur l'avenir.
Pour porter sur les résnltats du congrès un jugement impartial et exact, il faut le séparer absolument de l'événement malheureux qui a plongé l'Europe dans une nouvelle guerre. Il est certain que la marche du congrès et le scandale de ces discussions orageuses des mois de décembre et de janvier, qui menaçaient d'un jour à l'autre d'allu-
mer la guerre entre les Puissances alliées ellesmêmes, ont été un grand motif de courage et un instrument d'action de plus pour le parti qui a rappelé Napoléon ; et, dans ce sens, le congrès a indirectement coopéré à ce nouveau désastre. Mais grâce aux fautes capitales qui avaient été commises à Tépoque de la chute de Napoléon, grâce à la conduite maladroite des conseillers de Louis XVIII, cet événement aurait probablement éclaté, quelle qu'eût été la marche du congrès. De l'autre côté, les résultats du congrès seraient à peu près ce qu'ils sont aujourd'hui, quand même Louis XVIII n'aurait pas été détrôné en France. Cette catastrophe, quelques nouvelles calamités qu'elle puisse d'ailleurs préparer à l'Europe, au lieu de déranger les travaux du congrès, lui a plutôt rendu des services. Elle a forcément accéléré une quantité d'affaires qui, sans cet incident, se seraient peut-être prolongées jusqu'àlhiver prochain; et, en occupant l'attenlion publique d'un nouvel objet de la plus grande importance, elle a jeté une espèce de voile sur les opérations et sui- les fautes du congrès.
liCs observations suivies que j'ai été à même de faire sur l'histoire de cette assemblée fameuse m'ont convaincu que les embarras qu'elle a éprouvés et l'imperfection évidente de ses ouvrages tcuaicut à trois causes principales :
1° Au principe de sa composition et à l'absence absolue d'une règle fixe et déterminée d'avance pour ses opérations ;
2° A l'ascendant décidé que les quatre grandes Puissances, alliées depuis 1813, avaient pris sur tout le reste de l'Europe ;
3° Aux germes de jalousie et de division qui subsistaient et se développaient chaque jour entre ces quatre Puissances elles-mêmes.
Le congrès était une masse informe, composée d'éléments incompatibles, qui se heurtaient et s'entravaient partout. Des Souverains négociant euxmêmes, et dont quelques-uns prétendaient même être leurs propres premiers ministres, — les chefs des principaux cabinets transformés en plénipotentiaires auxihaires, — des plénipotentiaires de second ordre, — une centaine de princes et de ministres, de princes de tout grade, travaillant et intriguant chacun pour quelque intérêt particulier, — enfin des députés de toutes les parties de l'Allemagne, qui s'agitaient nuit et jour pour créer une constitution fédérative : — quelle tête eût été assez forte, quelle main assez puissante pour diriger un ensemble aussi monstrueux? D'ailleurs rien n'était arrêté d'avance ni sur les pouvoirs de l'une ou l'autre partie de ce corps bizarre, ni sur la forme de ses déhbérations, ni sur l'organisation de son
travail. On s'est disputé pendant trois mois pour savoir si le con/;rès était une assemblée délibérante ou simplement un agrégat de négociateurs, et la question est restée indécise. Dans certains cas, on aurait désiié pouvoir rendre la pluralité des voix obligatoire pour ceux qui prennent part ta une délibération; dans d'autres cas, on a fortement insisté sur le veto de chaque Puissance individuelle. Le congres n'ayant jamais été défini, et les pouvoirs de ses membres n'ayant jamais été déterminés d'après aucun principe fixe et reconnu, on a flotté jusqu'au dernier moment dans les incertitudes et dans les contradictions. Il est tout simple que dans un pareil état de choses la force seule devait constituer le droit, que les faibles n'avaient d'autre ressource que celle de la protection et de l'intrigue, et que parmi ceux qui étaient également forts, le plus actif et le plus adroit l'emportait sur ses rivaux.
La ligue entre les quatre Puissances avait détruit l'édifice colossal d.e Napoléon. Ce succès l'avait rendue , par le lait , l'arbitre de l'Europe ; les auxiliaires, quoique plusieurs d'entre eux, comme l'Espagne, la Bavière, etc., fussent assez respectables, soit par les forces qu'ils avaient fournies, soit par les services qu'ils avaient rendus à la cause générale, furent constamment traités sur un pied plus
OU moins subalterne, et, clans la première période du congrès, la France même jouait un rôle assez insignifiant. Il est juste de reconnaître que, dans l'état de confusion et de déchirement où se trouvait l'Europe, la dictature exercée depuis 1813 et pendant toute la durée du congrès par l'Autriche, la Russie, l'Angleterre et la Prusse, était à plusieurs égards, non-seulement un mal nécessaire, mais même un bien réel. Cependant il est également vrai que cette dictature est devenue dans plus d'une occasion une source d'abus, d'injustices et de vexations pour les États d'un rang inférieur, et que des décisions arbitraires et despotiques ont bien souvent été substituées à celles que la justice et le bien commun auraient réclamées.
Les quatre Puissances qui exerçaient cet immense pouvoir avaient entre eUes plus d'un sujet de mésintelligence et de division. Elles n'étaient au fond d'accord que lorsqu'il s'agissait de donner la loi aux autres. Mais leurs propres intérêts ne les jetaient que trop souvent dans des discussions intestines, quelquefois très-alarmantes pour le repos général. Ces discussions offraient, il est vrai, une chance de salut aux États faibles, dont rindépendance et les intérêts auraient été encore plus menacés par l'union constante des dictateurs; mais elles entretenaient aussi l'agitation et l'embarras dans le congrès; et
elles auraient pu entraîner de grands malheurs, si l'intimilé personnelle entre les Souverains, et un certain sentiment de honte que leur inspirait l'idée de se brouiller à la face de l'Europe rassemblée à Vienne, n'avaient pas servi de contre-poids à tous les mécontentements, et si l'ascendant de l'An^f^fleterre, à laquelle la crainte de chaque Puissance de perdre son appui avait conféré une espèce de pouvoir suprême dans le sein même de la ligue dictatoriale, n'avait pas puissamment maintenu la paix.
Les trois particularités que je viens de développer— le manque total d'un plan dans la formation et la marche du congrès, — la prépondérance des quatre Cours, — et les collisions fréquentes de leurs vues réciproques, — fournissent la clef de tout ce qui s'est passé à Vienne, et ne doivent jamais être perdues de vue par celui qui veut bien juger cette partie mémorable de l'histoire de notre temps.
Le congrès, comme tel, n'a jamais été réuni. C'est même une circonstance extrêmement curieuse que les pleins pouvoirs des plénipotentiaires (excepté dans les cas où l'on signait des conventions particulières) n'ont été ni vérifiés, ni échangés, et que du commencement jusqu'à la fin, quoiqu'il ne fût jamais douteux de quel côté était le pouvoir réel, il n'a pas été possible de déterminer en qui résidait proprement le pouvoir
légal de cette assemblée que l'on regardait comme la représentation de l'Europe, et quelle était la nature, quelles étaient les limites de ce pouvoir. Tout a été arrangé par la volonté des grandes Puissances, souvent par leurs conflits, souvent aussi par le hasard. On s'est bien aperçu dès le commencement que, ne pouvant admettre une centaine de plénipotentiaires, il fallait trouver une ligne de démarcation, au moins pour la direction générale des affaires. Pendant quelques semaines, les quatre Cours alliées n'avaient pas mal envie de concentrer cette direction entre leurs mains; plus tard, on a senti l'impossibilité d'exclure la France ; alors l'Angleterre a insisté sur l'admission de l'Espagne; et puis, par une démarche aussi bien imaginée qu'adroitement exécutée du ministre de Portugal, comte Palmella, on s'est tout à coup trouvé sur une ligne qui, sans être strictement correcte, présentait cependant une grande apparence d'équité et de légalité. Le congrès s'est constitué, tant bien que mal, par la réunion des Cours qui avaient attaché leur signature au traité du 30 mai 1814; et cet expédient une fois établi, toutes les déclarations ostensibles, toutes les délibérations publiques et solennelles ont été faites, comme si cette forme avait eu la sanction générale, au nom des Puissances signataires du traité de Paris.
Cette réunion, que l'on nommait ordinairement le comité des Huit, a joui, pendant quelque temps, du stérile honneur de réprésenter le congrès ; mais son règne n'a été ni long, ni brillant. Les négociations importantes sur la Pologne et sur la Saxe furent conduites dans le secret des cabinets ; on n'en fit pas môme part à l'assemblée. Lorsque, vers la fin de décembre, ces négociations, et celles surtout qui regardaient la Saxe, prirent un caractère tout à fait alarmant, la Russie fit la proposition d'établir un comité des quatre Puissances, pour traiter à fond et sous la médiation constante de rAn{;Ielerre une affaire qui, d'un jour à l'autre, pouvait amener une rupture éclatante. Après les quatre ou cinq premières conférences de ce comité, lord Castlereagh obtint, après beaucoup de difficultés, qu'on y associât M. de Talleyrand. Le comité prit alors le nom de comité des Cinq. Il fut composé de huit plénipotentiaires : pour l'Autriche, le prince Metternich et M. de Wessenberg; pour la Prusse, le prince Ilardenberg et M. de Humboldt; pour la Russie, le comte Rasoumoffsky et M. Capo d'Istria; pour l'Angleterre, lord Castlereagh, et après lui le duc de Wellington, auquel succéda lord Clancarty ; pour la France, le prince Talleyrand. Le comte Nesselrode , dont la faveur avait baissé à l'époque de la formation de ce comité, se releva
DÉPÊCHES INKDITES : 1815. 161
entièrement à la fin de mars, et fnt alors adjoint à ses collè{jmes.
Le comilé des Cinq, après avoir arrangé les affaires de Pologne ' et de Saxe ^, s'empara de toutes les grandes questions et fut, jusqu'au dernier moment, le seul et véritable congrès. Les séances du comité des Huit étaient devenues depuis le mois de janvier très-rares et peu importantes; il y eut des intervalles de quatre semaines et plus, sans que personne ne songeât à le rassembler; il était enfin tombé entièrement dans l'oubli, et ne reparut un moment sur la scène que pour sanctionner le traité général. Les plénipotentiaires des Puissances qui n'appartenaient pas même aux Huit furent encore plus inactifs et plus nuls, et les négociations particulières auxquelles les uns ou les autres eurent leur part étaient toujours portées en dernier ressort devant le comité des Cinq, pour y être définitivement confirmées. Pendant les trois derniers mois, le comité des Cinq, centre et siège de toutes les affaires, se réunit chaque soir dans le cabinet de M. de Metternich, où tous les grands intérêts de l'Europe furent exclusivement discutés.
Lord Casllereagh avait tenu de tout temps à
• Voir la dôpcclie du 4 janvier.
2 Le 6 ftvrier.