‹ Dépopulation et civilisationChapitre 13 sur 98 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

NATALITÉ ET CIVILISATION

comme s’efforçant dans toute la mesure de son pouvoir de multiplier son espèce. »

C’est bien lace qu’a supposé Malthus pour l’espèce humaine et nous avons vu qu’il n’en va pas ainsi. Le fait, vrai pour les animaux, ne l’est pas pour l’homme. Non que l’homme ait des passions moins impérieuses que les autres espèces animales, mais parce que chez lui, on le sait assez, la violence des désirs n’est nullement en rapport avec la fécondité. Tandis que l’instinct des bêtes est inconscient et aveugle, l’homme ne fait guère en somme que ce qu’il veut. D’un côté, il sait prévoir les charges de famille et il a des besoins très complexes et très tyranniques de développement personnel que les animaux n’éprouvent point; de l’autre, il sait fort aisément éviter la fécondité en conservant le plaisir. Il est même probable que le renouvellement de son espèce courrait les plus sérieux dangers, si la faculté de faire l’amour en tous temps, qui ne lui est commune qu’avec un petit nombre d’espèces domestiques, ne venait contrebalancer le défaut de fécondité résultant de la possession de la conscience.

D’ailleurs Darwin, tout en reconnaissant les subsistances comme limite de l’accroissement des animaux, fait la part très large aux autres influences. « Rien n’est plus malaisé que d’avoir sans cesse présent h l’esprit que la multiplication de chaque forme vivante est constamment limitée par des circonstances nuisibles inconnues, et que ces mêmes circonstances, quelque invisibles qu’elles soient pour nous, sont cependant très suffisantes pour causer d’abord la rareté d’une espèce et finalement son extinction '. »

Malthus a été beaucoup plus exclusif, et cependant il traitait de l’espèce humaine, pour laquelle les causes de limitation sont infiniment plus complexes, puisque, aux causes

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