‹ Dépopulation et civilisationChapitre 23 sur 98 · *. de 20.0 à · texte numérisé non relu

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Par contre, les naissances naturelles sont de moins de

DÉCADENCE DE LA NATALITÉ EN FRANCE

10 p. 100 dans trois communes du même canton et même de 6p. lOOseulementdanslacommune maritime de Grand camp.

Il fallait citer ces exemples, que l’on pourrait accompagner d’une infinité d’autres, pour faire comprendre à quel point, dans un même département, la population peut différer dans tous les modes de son activité vitale.

J’ai montré ailleurs1 qu’une distance de quelques lieues suffisait parfois à mettre entre les f imilles enfermées dans une même île plus de différences démographiques que les siècles et l’histoire, la religion, la langue, les mœurs et les institutions politiques n’en mettent entre la France et l’Allemagne. Or, ces différences démographiques sont incontestablement l’indice et la conséquence de divergences profondes dans la manière d’apprécier la vie, de concevoir le rôle de l’individu dans l’espèce, les exigences qu’il peut se permettre en fait de bonheur, de plaisirs et d’amusements, de culture intellectuelle ou esthétique. Sous tous ces aspects, ce ne sont pas seulement d’anciennes provinces très éloignées les unes des autres et jadis distinctes comme la Provence et la Normandie, la Flandre et le Béarn, qui diffèrent du tout au tout, ce sont des communes rurales limitrophes, soumises aux mêmes lois et usages, peuplées de la même race ou du même mélange de races, parlant le même patois avec le même accent. Elles diffèrent non seulement sous le rapport de la natalité, mais à tous les points de vue imaginables, en fait de mortalité, nuptialité, fécondité des mariages, natalité naturelle, émigration et immigration, densité et richesse, richesse de la terre et richesse des habitants, propriété, fermage ou métayage, moyenne ou grande propriété, petite, moyenne ou grande culture.

Tandis que pour une rhétorique banale les rois et la Ré-

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