Lcgoyt, Revue scientifique, 4 septembre
DÉCADENCE DE LA NATALITÉ EN FRANCE
tandis que la misère est féconde, la richesse et l’aisance sont relativement stériles. C’est ainsi qu’à Paris, lors du dernier recensement, le quartier de la place Vendôme présentait un nombre énorme de familles totalement infécondes et un très petit nombre seulement ayant plus de trois enfants, tandis que le quartier des Epinettes compte moins de familles sans enfants que de familles en ayant quatre, et qu’une proportion très notable des familles en ont cinq, six, sept et davantage1.
La Seine-Inférieure, qui présente le phénomène d’une île démographique féconde au milieu de départements très inféconds, doit le chiffre relativement élevé de sa natalité à une minorité de familles très pauvres ayant de six à sept enfants et plus. C’est là une conséquence de son nombreux prolétariat industriel, auquel elle doit d’autre part la proportion énorme de jeunes hommes impropres au service militaire, qui s’élève à 47 p. 100 conscrits examinés2.
Le Tarn-et-Garonne forme le contraste le plus complet avec la Seine-Inférieure. Il n’a pas de prolétariat industriel, point de misère; très peu de familles complètement stériles ; mais en revanche presque point de familles très nombreuses ayant plus de quatre enfants. Dans l’arrondissement de Montai! ban, le coefficient de la natalité, de 1861 à 1881, est de 22, tandis que la moyenne pour la France est de 24 dans la même période. « Plus une commune est riche, plus son sol est fertile, plus l’aisance est générale, et moins il y a de naissances. C’est sur les points les plus privilégiés, dans les riches alluvions du Tarn et de l’Aveyron, sur les coteaux où la culture des arbres fruitiers est une source de richesse pour l’habitant, que se rencontrent les natalités les plus faibles, seize et dix-sept pour mille habitants3. »