‹ Dépopulation et civilisationChapitre 26 sur 98 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

POPULATION de la Seine.

urbaine.

rurale.

Mais ce n’est qu’une illusion tenant à ce que, dans les centres populeux et surtout à Paris, il y a une plus forte proportion d’adultes que dans les campagnes, à cause du grand nombre des immigrés.

Pour 1,000 habitants, la France compte seulement 610 personnes de 15 à 59 ans, et Paris en compte 723. 11 y a donc à Paris moins d’enfants et moins de vieillards qu’en province. Mais si l’on compare le nombre des mariages cà celui des mariables (de 18 à 60 ans), pour 65 mariages en France on n’en trouve plus que 54 à Paris. Pareillement, si l’on compare le nombre des naissances à celui des femmes de 15 à 45 ans, on constate qu’il y a 10 naissances en moyenne pour 100 femmes de 15 à 45 ans dans le département de la Seine, alors que l’on en compte de 12 à 13 dans l’ensemble des autres départements. « En résumé, dit M. J. Bertillon, la population parisienne n’a pas de goût pour le mariage, elle produit peu de naissances et fournit beaucoup de décès. » Il en est de même sans aucun doute de la population urbaine des autres départements, et l’apparence d’une forte natalité y tient aux

DÉCADENCE DE LA NATALITÉ EN FRANCE. 83

mêmes causes. En réalité, la population rurale est en général plus féconde que celle des villes et surtout que celle de Paris.

C’est là un fait qui aggrave encore notre situation démographique. En effet, comme 1 on sait que l’emigration rurale est de plus en plus active, que les agglomérations urbaines et surtout 1 agglomération parisienne sont en progrès constant, la diminution croissante de l’importance relative des populations les plus fécondes ne peut que faire présager pour l’avenir un abaissement encore plus considérable de la natalité générale.

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