‹ Dépopulation et civilisationChapitre 34 sur 98 · A. de Fonpertuis, loc. eit · texte numérisé non relu

A. de Fonpertuis, loc. eit

NOUVEAU PRINCIPE DE POPULATION. 123

de neuf dixièmes1. » Ainsi en est-il des Australiens. Les indigènes de la Tasmanie ont complètement disparu. Les îles Marquises ont vu, en quarante-trois ans, leur population tomber de trente mille habitants à onze mille. En un siècle les Sandwich ont vu passer la leur de trois cent mille à soixante-dix mille, tandis que celle de Tahiti tombait de deux cent quarante mille à sept mille cinq cents.

Quelle est la cause de cette oliganthropie des sauvages qui dépasse tellement en intensité tous les exemples fournis par les peuples civilisés? Comme les guerres civiles, les guerres contre les Européens, les vices et les maladies que nous avons importés chez eux ne constituent pas des circonstances qui leur soient spéciales et que partout ailleurs, en pays civilisé, ces divers fléaux, bien que sévissant avec intensité, sont impuissants h détruire la population ou même à la diminuer sensiblement, force nous est bien de chercher en dehors du domaine physiologique une explication qu’il ne pourrait fournir.

L’histoire des Weddas de Ceylan montre qu’elle se trouve dans le domaine mental. Eux aussi disparaissent au contact d’une civilisation plus avancée et les vices n’y sont pour rien. Cet exemple sert si bien notre thèse qu’il mérite être présenté avec quelque détail.

Leur race qui occupait autrefois l’ile entière est aujourd’hui réduite à un petit nombre d’individus dispersés dans les immenses forêts deBentenne, et le nombre des naissances e>t tellement au-dessous de celui des décès qu’on peut prévoir leur prochaine extinction.

« Quelques-uns d’entre eux semblent avoir depuis longtemps renoncé à la vie sauvage pour se fixer au sol,... les autres sont restés nomades et chasseurs. Ils vivent par petits

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