‹ Dépopulation et civilisationChapitre 44 sur 98 · RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE L’O L IG A N T H R O PIE · texte numérisé non relu

RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE L’O L IG A N T H R O PIE

delà richesse, deux ordres de faits connexes, dont le rapprochement fera par la suite apprécier l’intérêt.

D’après ce mode de classement, la fécondité moyenne de la France étant de 259 enfants légitimes vivants pour 100 familles ayant des enfants, nous voyons que quarante-deux départements sont au-dessous de cette moyenne, s’échelonnant de 200 à 258, tandis que quarante-cinq sont au-dessus, entre 260 et 341.

Sur ces quarante-deux départements de faible fécondité, vingt-quatre forment une tache continue s’étendant dans la moitié septentrionale de la France, depuis la Loire jusqu’à la Manche d’une part, de l’autre, depuis la Vire jusqu’à la frontière allemande et suisse.

Dans cette vaste région, on remarque quatre centres de dépression où la fécondi té se tient entre 200 et 228 enfants vivants pour 100 familles. Ce sont d’abord le centre normand, comprenant l’Orne, l’Eure et le Calvados, puis le centre parisien, comprenant la Seine, la Seine-et-Oise et l’Oise, ensuite, le centre champenois et bourguignon, formé de l’Aube et de la Côte-d’Or, enfin l’Indre-et-Loire. Ces quatre centres sont réunis par des seuils plus élevés où la natalité est un peu plus forte sans toutefois arriver jusqu’au niveau moyen de la fécondité française. Ce sont l’Eure-et- Loir, entre le centre normand et le centre parisien, laSeineet-Marne entre ce dernier et le centre bouguignon, la Sarthe entre l’Orne et l’Indre-et-Loire. A ces douze départements s’ajoutent la Maine-et-Loire, le Loir-et-Cher au sud, la Somme et l’Aisne au nord, puis vers l’est et le sud-est : l’Yonne, la Marne, la Ilaute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, les Ardennes, la Meuse, la Haute-Saône et le Doubs.

Suivant cette façon d’apprécier la fécondité, l’étendue de la tache oliganthropique est un peu accrue, mais la situation des centres de dépression reste sensiblement la même. La

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Seine-Inférieure continue de former un îlot indemne au milieu de pays contaminés. Cependant la Manche et la Mayenne se trouvent plus favorablement situées, tandis que l’Indre-et-Loire occupe une situation très désavantageuse et que la Seine prend un rang très inférieur à celui qu’il occupait et beaucoup plus en rapport avec l’infécondité réelle de la population parisienne.

Dans la France méridionale, le centre de dépression gascon reste le même : Gers, Tarn-et-Garonne, Lot, Lot-et- Garonne; mais il faut y joindre la Gironde et la Charente- Inférieure, puis quatre départements moins profondément atteints : Dordogne, Corrèze, Landes et Tarn; en tout dix départements.

Par l’IIérault, ce groupe rejoint le centre de dépression provençal qui se trouve sensiblement modifié. Il se compose du Gard et des Bouches-du-Rhône, auxquels se joignent le Yar et les Alpes-Maritimes, moins inféconds. Il est à remarquer qu’avec ce mode d’évaluation, la tache oliganthropique du midi ne comprend plus que quinze départements au lieu de dix-huit. Drôme et Vaucluse, si mal placés dans la première classification, prennent au contraire rang parmi les départements féconds. Ainsi modifiée, la tache s’étend depuis la Vendée jusqu’à la frontière d’Italie sous forme d’une longue bande, qui ne s’élargit que dans la plaine de Gascogne, en laissant indemnes les départements pyrénéens.

A ces quatre groupes, il faut en joindre un cinquième un peu plus large et surtout plus profond, selon ce mode d ’valuation, qu’avec le précédent. C’est le groupe lyonnais ayant pour centre de dépression le Rhône, avec l’Ain d’un côté, la Haute-Loire de l’autre où le mal est relativement bénin.

Examinons maintenant la répartition géographique des quarante-cinq départements qui émergent au-dessus du niveau moyen de la natalité française.

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Nous trouvons en première ligne les trois départements de Basse-Bretagne : Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, près desquels se rangent naturellement, F Ille-et-Yi laine, la Loire- Inférieure, puis au nord-est la Manche et la Mayenne, au sud-est la Vendée, par où les huit départements du groupe breton rejoignent le groupe formé par le plateau central.

Au sud, le groupe pyrénéen, composé de six départements, n’en compte qu’un seul ayant plus de trois enfants par famille; les autres départements; Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Pyrénées-Orientales et Aude, n’ont qu’une fécondité relative.

Le groupe alpin comprend quatre départements ayant plus de trois enfants par famille. Ce sont la Haute-Savoie, la Savoie, l’Isère, les Hautes-Alpes. A ce groupe s’ajoutent les Basses-Alpes, la Drôme et le Vaucluse, par où il rejoint le groupe du plateau central.

Les Vosges et le Haut-Rhin forment un groupe isolé de fécondité moyenne.

Le Jura et la Haute-Saône forment un autre groupe de fécondité moyenne, qui rejoint par l’Ailier le groupe du plateau central.

La Corse avec 32 enfants pour 10 familles, la Seine- Inférieure avec 27 pour 10, forment deux départements isolés, l’un de forte, l’autre de moyenne fécondité.

Au nord-est, le groupe flamand comprend le Nord, quia tout près de trois enfants par famille, et le Pas-de-Calais qui n a qu une fécondité un peu moindre.

Le groupe le plus considérable de départements s’élevant au-dessus de la natalité moyenne de la France occupe le plateau central. Il comprend seize départements ayant une natalité fort inégale. C’est dans les Deux-Sèvres et l’Aveyron qu’elle atteint le niveau le plus haut. Viennent ensuite par

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ordre décroissant : l’Ardèche, la Loire, le Cher, la Creuse, le Puy-de-Dôme, la Vienne, le Cantal, la Haute-Vienne, la Charente, l’Ailier, la Lozère, le Loiret, l’Indre et la Nièvre, qui touche presque à la moyenne de la France. Il rejoint d’une part la Bretagne, de l’autre le groupe franc-comtois et dans le sud-est le groupe alpin. Même en réunissant ces trois groupes en un seul ensemble de trente-trois départements, on voit que les départements français qui ont conservé une fécondité supérieure à la moyenne ne forment pas moins de six groupes distincts, tandis que les départements de faible fécondité n’en forment que trois.

Un autre mode d’évaluation de la fécondité consiste à se demander combien, dans une population donnée, il naît chaque année d’enfants légitimes pour 1,000 femmes mariées de 15 à 45 ans.

Ce travail, fait par M. Turquan pour les quatre-vingt-sept départements pendant la période 1877-1886, donne des résultats très analogues à ceux qu’on obtient par les deux procédés employés ci-dessus. Les centres de dépression restent les mêmes aussi bien que les groupes de natalité élevée.

La France entière présentant pour 100 femmes mariées de 15 à 45 ans, 19,4 naissances légitimes par an, les trois départements les moins féconds sont encore le centre de dépression gascon : Lot-et-Garonne, 11,0; Gers, 12,3; Tarnet-Garonne, 12,8 auxquels se joignent les deux Charentes, la Gironde. Les trois départements les plus féconds sont toujours : le Finistère, avec 32, 9 naissances légitimes; les Côtesdu-Nord, avec 32,0; le Morbihan, avec 31,5. On retrouve ensuite les groupes alpin, pyrénéen, jurassique, vosgien, du plateau central, puis la Corse, la Seine-Inférieure, le Nord et le Pas-de-Calais.

Le groupe pyrénéen est diminué de la Ilaule-Garonne, le groupe central, de plusieurs départements et notamment

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