L ’ 0 L I G AN T H R 0 P I E FRANÇAISE
Mais quand ils ont découvert un phénomène purement contingent, s’il les frappe, ils se laissent toujours entraîner à le donner comme nécessaire. Il semble que la mise en formule d’un fait général possède à leurs yeux une vertu miraculeuse qui en fa.cseune loi absolue pour tous les pays et tous les temps. Puis, quand une fois cette ambitieuse dénomination de loi a été adoptée, tout ce qui la contrarie doit être anathème. Si la spéculation philosophique, la morale, l’intérêt public élèvent la voix, ils sont excommuniés pour attentat à la majesté de la prétendue science. C’est ainsi que l’école se change en secte et les opinions adoptées en une orthodoxie intolérante.
A force d’assurance, elle est parvenue à en imposer à ceux même qui professent les principes les plus opposés. Bien que « la science non faite ne convienne point à l’école », elle a forcé les portes de l’université, et, dans chaque faculté de droit, elle est aujourd’hui enseignée comme un code de vérités sans réplique. Il est intéressant, au moment où des socialistes se piquent de science économique ou même se convertissent à quelques-unes de ses doctrines, de reproduire le jugement qu’en porte ex cathédra M. Leroy-Beaulieu, professeur au Collège de France. J’ai plaisir à voir mon propre sentiment si nettement formulé par un économiste.
« Nous sommes arrivé, dit-il l, à la conclusion que presque toutes les doctrines acceptées en économie politique sur la distribution des richesses sont à refaire ou du moins ù rectifier.
« La célèbre théorie de Ricardo sur la rente de la terre n’a aucune application au temps présent...
« La loi plus célèbre encore de Mallhus sur lapopulation ne trouve guère plus d’application dans un monde à moitié