Leroy-Beaulieu, Répartition des richesses (préface
NATALITÉ ET CIVILISATION
inhabité, où la circulation des personnes et des produits devient de plus en plus facile, de moins en moins coûteuse, et où la production des subsistances s’accroît au point que le prix des denrées principales a beaucoup plus de tendance à s’avilir qu’à s’élever.
« L’image classique de Turgot sur le taux de l’intérêt est ou erronée ou incomplète.
« Les réflexions d’Adam Smith, de Turgot, de Ricardo, de Stuart Mill sur le salaire naturel, sur le fonds des salaires-, sur la puissance réciproque des patrons et des ouvriers ne méritent aucune créance et sont démentis par tous les faits de la civilisation contemporaine.
« La célèbre loi d’airain, qui a servi de thème habituel aux discours du socialiste allemand Lassalle, n’a jamais eu d’existence que dans l’imagination de Lassalle et dans celle de Ricardo et de Stuart Mill.
« Bref, tout ce que l’économie politique classique a écrit sur la répartition des richesses, quand on le soumet à un contrôle attentif, s’évanouit.
« Il est malheureux que la plupart des économistes aient adopté comme des postulats des propositions aussi creuses et aussi dépourvues de démonstration. »
On peut ajouter que n’ayant ni lois, ni progrès constants, ni méthode propre à les assurer, l’économie politique présente tous les caractères des systèmes de philosophie et pas un seul de ceux de la science.
D’abord pour ce qui est des lois, les lois sont de deux choses l’une : ou bien elles sont l’expression de la volonté du législateur, ou bien elles sont, suivant la définition donnée par Montesquieu, « des rapports généraux et nécessaires résultant delà nature des choses ». Or il est évident que, quand les économistes parlent de lois, telles par exempleque la loi de l’offre et la demande, ils n’entendent par là rien de