‹ Dépopulation et civilisationChapitre 62 sur 98 · Mathieu, X · texte numérisé non relu

Mathieu, X

A. DUMONT

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natalité et civilisation.

damner a la stérilité, les natures les mieux douées sous le îappoit des facultés aftectives. C’est une sélection à rebours f}ui se produit depuis des siècles et qui ne peut avoir eu qu’une très fâcheuse influence sur les peuples catholiques.

Il faut ajouter encore tous ceux que leurs préjugés religieux portent à regarderie mariage comme un obstacle à leurs désirs de sanctification. Certains départements, comme les Côtesdu-Nord, où l’Église a conservé une grande autorité, voient de ce chef leur nuptialité sensiblement diminuée. Du reste, le docteur L. Bertillon a constaté le même fait en Belgique. Il a établi que le nombre des épouses fécondes, c’est-à-dire ayant, de quinze à cinquante ans, était dans chaque province en raison inverse du nombre des moines et des religieuses.

« Cependant, ajoute-t-il, il ne faudrait pas croire que le déficit considérable que présente la population mariée pût être comblé si on supposait que religieux et religieuses de chaque province fussent mariés. Car ce qui manque à la population mariée est un nombre au moins deux fois plus considérable que celui que lui ajouterait le mariage de la population recluse; mais en étudiant de plus près l’influence de l’Église sur les mœurs belges et en se rappelant que l’Église a pour idéal non l’association conjugale, mais le célibat, on se convainc que le nombre et la force des couvents ne font que marquer l’influence plus ou moins triomphante de l’Eglise en chaque province. Là où elle a plus de moines et de religieuses, comme dans les deux Flandres, il est naturel que l’approbation qu’elle donne aux célibataires en augmente le nombre, à tel point que, dans la Flandre orientale, où elle compte plus de cinquante religieux et religieuses par mille habitants, il se trouve moins de quatre-vingt-quinze épouses de quinze à cinquante ans par mille habitants; et dans la Flandre occidentale, où il y a plus de quarante religieux, on

ne compte que cent épouses, tandis que la province de Liège, qui n’a que -seize ou dix-sept religieux et prouve par là la moindre influence du clergé, montre plus d’épouses que la moyenne belge (106 à 107). En résumé, comme l’influence de l’esprit clérical est bien moindre en France qu’en Belgique, où il imprègne surtout les pays flamands, nous croyons que cette influence est une des causes principales du faible nombre des épouses belges. Il existe même en ce pays des sociétés dévotes de filles vouées au célibat, bien que non engagées dans les ordres ; ce sont ces sociétés dites de béguinage qui très vraisemblablement diminuent à un si haut point en Belgique le nombre des épouses1. »

La mauvaise influence du catholicisme sur la nuptialité est donc un fait mathématiquement constaté; mais il y a lieu de penser qu’elle est en outre directement préjudiciable à la natalité.

Rien n’est plus propre à augmenter le nombre des naissances que l’union intime des époux, et rien n’est plus propre a les désunir que les dissentiments religieux. La Suisse en fournit un exemple frappant. Sur 100,000 mariages on compte, d’après M. J. Bertillon, 283 séparations entre époux protestants, 73 seulement entre époux catholiques; mais 630 entre mari protestant et femme catholique, 582 entre mari catholique et femme protestante.

Il est a présumer qu’entre l’épouse catholique et le mari libie penseur les causes de désunion ne sont pas moins fréquentes. En Italie, pays catholique, comme la France, niais non encore émancipé du joug religieux, la séparation de corps s accorde plus facilement que chez nous; elle est cependant deux fois moins fréquente.

Oaus 1 immense majorité des cas, les dissentiments re-

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