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LE PATRONAGE DES ENFANTS EN BAS AGE

Un merveilleux champ d’activité s’ouvre devant les femmes ; elles peuvent, à leur gré, suivant qu’elles seront indifférentes ou actives, maintenir ou abaisser le taux de la mortalité infantile autour d’elles. Cette assertion n’a rien de chimérique ; si les municipalités ont entre les mains des armes puissantes pour assainir les logements et pour surveiller l’approvisionnement de lait salubre, si les médecins sont les gardiens vigilants de la santé publique, les dames patronnesses ont amplement de quoi satisfaire leur vocation altruiste./ Ce n’est pas seulement l’assistance maternelle à domicile qui réclame leur ardente sollicitude, mais encore et surtout l’élevage des petits enfants. Depuis la fondation de la Société de charité maternelle à la fin du siècle dernier, les femmes françaises n’ont pas man-

LE PATRONAGE DES ENFANTS EN BAS AGE 263 qué de s’intéresser à la protection de l’enfance. Un grand nombre d’entre elles ont mérité de figurer à une place d’honneur dans le Livre d’or de la bienfaisance, et cette noble tradition, loin de décliner, est au contraire en faveur croissante.

Cette coopération féminine est indispensable pour réaliser et vivifier la protection et l’assistance des mères et des nourrissons. A supposer même que l’action publique reçoive son extension nécessaire et que la première enfance ait un budget digne d’elle dans toutes les communes, encore faudrait-il, à côté du médecin, des assistantes de bonne volonté, des visiteuses de l’amitié, suivant la jolie dénomination des Américains.

A un moment donné, dans chaque commune, il y aura le Bureau d’hygiène et de bienfaisance, qui devra faire appel à des concours volontaires, exactement comme aujourd’hui les' bureaux d’assistance à domicile recourent tout au moins théoriquement à la collaboration de dames patronnesses. En attendant cette mobilisation systématique des forces publiques et privées, chaque ville importante doit avoir sa société protectrice de l’enfance, sa société de propagation de l’allaitement maternel, son patronage des enfants en bas âge.

rayonnant sur toute la surface du territoire urbain, centralisant tous les efforts de concert avec la municipalité pour lutter efficacement contre les maladies évitables du premier âge.

L’autorité administrative pourra longtemps encore renforcer son intervention directe sans que les initiatives privées soient réduites au chômage. En 1874, pendant que l’admirable loi Roussel était en préparation à l’Assemblée nationale, les sociétés protectrices de l’enfance manifestèrent leur émoi, voire même leur méfiance : elles craignaient d’être dépossédées et aussi de perdre leur autonomie. Le malentendu ne fut pas de longue durée : le savant docteur Bergeron et le rapporteur de la loi, M. Théophile Roussel, n’eurent pas de peine à dissiper certaines inquiétudes et à remettre les choses au point. L’inspection administrative et médicale instituée par la loi n’avait rien de contradictoire avec le rôle des sociétés dont le but principal est de propager l’allaitement maternel. L’événement l’a bien prouyé, puisque, même' avec la loi Roussel, surtout destinée à remédier aux abus de l’industrie nourricière, les différentes sociétés ont vu leur domaine s’étendre et leur utilité croître sans cesse.

On peut dire qu’aujourd’hui, plus encore qu’en 1874, l’institution de dames patronnesses,

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