‹ Dépopulation et puéricultureChapitre 4 sur 16 · L’ABANDON SECRET · texte numérisé non relu

L’ABANDON SECRET

l’abandonne, l’amour maternel l’emporte. Un secours- d’urgence, alloué sur place et sur l’heure, est un gage décisif de ces promesses d’appui bienfaisant.

Le bureau d’admission parlant remplit cet office de détourner, au dernier- moment, les mères hésitantes du sacrifice; il est comme l’organe de triage entre les deux facteurs d’abandon : la misère et le secret.

Toutes les fois que le secret n’est pas réclamé comme une condition sine qua non, si l’interrogatoire se poursuit librement, sans contrainte, la confidente administrative a pour mandat et pour devoir d’adjurer la mère ou son mandataire, de lui adresser un appel suprême qui réveille sa conscience et amollit sa volonté. Le bureau secret d’admission, le bureau mystérieux et vivant, est le dràmatique confessionnal où se donnent rendez-vous toutes les misères et toutes les hontes; il n’est ni aveugle ni muet comme le tour et il représente une dernière ressource d’assistance maternelle.

C’est'qu’en effet l’intervention tutélaire de la société ne doit pas s’exercer sous une forme unique, et si des facilités absolues d’abandon sont accordées pour les cas extrêmes, il s’en faut de beaucoup que l’Assistance publique n’ait d’autre obligation que celle-là. La solution

radicale et désespe'rée de l’abandon n’est qu’un pis aller; elle n’est licite et légitimé qu’à la condition d’être indispensable au salut de l’enfant.

Plus les portes de l’hospice s’ouvrent facilement, au premier appel, plus les voies d’accès ont besoin d’être surveillées en vue de Remploi des moyens d’assistance préventive. En même temps què l’abandon peut être consommé sans la moindre diflicullé, toutes les mesures susceptibles de prévenir cet abandon s’imposent.

Lorsque le sauvetage de l’enfant exige impérieusement la remise à l’Assistance publique, Tabandon définitif, aucun obstacle ne doit être apporté à cette .résolution inébranlable. En dehors 4ies circonstances de foi’ce majeure qui nécessitent l’éloignement d’un intrus, le délaissement d’un enfant est un événement lamentable.

L’élevage par la mère est le plus sûr préservatif des existences de nouveau-nés, et, si maternelle que sera la nourrice campagnarde du petit êti'e abandonné, l’abandon n’en fait pas m,oins courir au nourrisson fragile les plus terribles dangers.

Au point de vue moral et social, la rupture des liens de fardille est un véritable désastre.

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