LE CAPITAINE MERLE ET SUR SES MEMOIRES
IVIathieu Merle, qui prit depuis le titre de baron de Sflavas, Daquit à Uzès vers l'anne'e i548. Si l'on en croit de Thou, son père étoit cardeur de Jaine (0. Il ne reçut aucune éducation, et n'apprit même ni à lire ni à écrire. En i568, âgé de vingt ans, et se sentant une vocation décidée pour l'état militaire, il entra dans les gardes du baron d'Acier, depuis duc d'Uzès, alors l'un des chefs les plus renommés des protestans, et il le suivit dans la campagne de 1669, à la fin de laquelle ce seigneur fut fait prisonnier par le duc d'Anjou. Après la paix de 1570, d'Acier, qui avoit remarqué dans ce jeune homme un dévouement à toute épreuve, et de rares talens pour la guerre, crut obliger le vicomte de Peyre, son beau-frère, en le faisant entrer à son service comme écuyer. Le vicomte, ayant fait l'épreuve des qualités de ce nouveau serviteur, lui confia la garde de ses terres en Gévaudan, lorsqu'il crut devoir se rendre à Paris pour assister aux noces du roi de Navarre et de Marguerite de Valois [1572]. Il périt peu de temps après, avec les principaux chefs protestans, dans la funeste ma-
(') Le marquis d'Aubais rapporte que, dans un acte du 20 mars i555, Antoine Merle, père de Malliieu, se qualifie noble.