‹ Depuis le règne de Phillippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septièmeChapitre 8 sur 23 · MATHIEU MERLE · texte numérisé non relu

MATHIEU MERLE

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\jE capitaine Mathieu de Merle, natif d'Uzès, avoit deux frères aîne's; il commença en portant l'arquebuse dans les gardes de M. d'Acier, depuis duc d'Uzès, avec lequel il fit le voyage de Poitou (0 en i568. Après la paix de 1670, d'Acier le donna à M. de Peyre, son beau-frère, qui, le connoissant homme de courage et d'entendement, le fit son e'cuyer, et le chargea de la garde de sa maison en Ge'vaudan, lorsqu'on 1572 il alla aux noces du roi de Navarre et de Marguerite de France, qui furent suivies du massacre où il fut tué. Les troubles s'étant allumés. Merle manda à ses amis d'Uzès de le venir trouver; ce qu'ils firent au nombre de trente bons soldats. Arrivés à Peyre, prend Le Malzieu en Gévaudan en iS'j'i; la noblesse du pays l'assiège, ou tâche de l'attraper aux courses qu'il faisoit. Il dresse son ordre des contributions, donne parole à aucuns de la noblesse, exempte leurs terres, tient la

(0 Le voyage de Poitou. Ce voyaj^e fut Irés-pénible. îl s'agissoit de conduire au prince de Condé les troupes protestantes de Languedoc^ Ces troupes manrfuèrent des choses les plus nécessaires, et se livrèrent contre les fl»tholiques à d'horribles excès.

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main roidc aux soldats, qu'ils n'eussent osé toucher un œuf sur leur vie aux lieux qui payent sa contribution volontairement. Aux autres leur faisoit la guerre rude, rend sa garnison forte, et la plupart à cheval, qui lui donne moyen de reconnoître Issoire, la trouve prenable par coups d'échelle; mande à ses amis aux Cevennes, et à Uzès à son frère aîné le venir trouver au Malzieu; ce qu'ils font au nombre de trois cents. Ils montent tous à cheval ou bien ou mal, laissant sondit frère au Malzieu avec ceux d'Uzès, pour lui être plus affidés; ce fut en i574- Se rend aux fossés d'Issoire. Etant sur le point de descendre un fossé, entend deux messagers qui crient aux sentinelles que Merle est en campagne, et voit des signales de feu en plusieurs lieux et châteaux voisins. Merle avec sa troupe laisse passer ces messagers et le caporal , qui se retira à son corps de garde. A même instant ledit Merle entre au fossé, fait dresser une échelle, et monte le premier, trouve un habitant avec un bâton ferré à deux bouts, qui s'oppose vivement à lui, et tâche de renverser l'échelle ; mais Merle , s'étant fait bailler de main en main deux pistolets, les tire, et renverse la sentinelle de la m.uraille en bas; ce qui lui facilite son çntrée avec ses bons capitaines : ainsi il fut bientôt maître d'Issoire, où il établit le même ordre qu'avi Malzieu; se fait des amis parmi la noblesse voisine et quelques autres du pays. Se voyant fort et renforcé, fit plusieurs combats, et prit prisonnier de guerre, en une rencontre à cheval, le seigneur de La Guiche, accompagné de force noblesse et gens d'ordonnance du pays d'Auvergne : il se trouva enveloppé, et fut conduit en la ville d'Issoire en iSyB, où après certain

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