‹ Dernier amour (volume 2)Chapitre 15 sur 91 · LE MARQUIS, PAUL, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, PAUL, LA COMTESSE

LA COMTESSE, avec une violente agitation.

Quelle horrible chose me cache-t-on ?... Car on ment... c'est certain... je le sens, je le devine!... Quoi? Un accident?... Mais non, on me le dirait... Un duel... Le soir, c'est impossible!... Alors quoi? Mon Dieu ? Quoi ?

LE MARQUIS

Comtesse, voyons... ma chère amie...

LA COMTESSE, frappée par une idée.

Ah! le télégramme, qu'il a jeté dans la cheminée... si je pouvais le retrouver...

Elle s'élance vers la gauche et entre dans la chambre de son mari.

PAUL

Je suis gagné par son inquiétude...

LE MARQUIS

Cette absence est inouïe!...

LA COMTESSE, entrant, le papier bleu à la main. — sans s'occuper des deux hommes.

Le voilà ! A demi brûlé, mais lisible encore. (Elle le lisse avec sa main.) Voyons ! (Elle a un éblouissement

iS DERNIER AMOUR

et passe sa main sur ses yeux. Elle lit pour elle seule.) « Je ne vous ai pas vu aujourd'hui. Le temps m'a « paru très long et je suis bien triste... Ne fut-ce « qu'un quart d'heure, venez. Lucie I « (Elle reste anéantie, le papier à la main, les yeux fixes.) Lucie !... Une femme!... (.wec des larmes dans la voix.) Et c'est sur un simple mot d'elle qu'il a tout quitté : sa maison en fête, ses amis, moi-même...

LE MARQUIS, effrayé, s'approcliant.

Eh bien! Comtesse I

LA COMTESSE, se lève.

Ah! vous étiez là?... Je vous demande pardon...

PAUL

Est-ce que...

LA COMTESSE, affectant un air rassuré, et riant nerveusement.

Oh I Rien !.., Ouest fou de se tourmenter !... Rien, vous dis-je ! Tout est expliqué... (Faisant un pas en avant et reprise par ses pensées.) Cette femme, depuis combien de temps la connaît-il?... Quelle domination elle exerce sur lui!... Si elle allait vouloir me le prendre, l'emmener... Si j'allais ne plus le revoir?... Ecoutez... Le voilà!... C'est lui!... Il revient !... (Elle passe son mouchoir sur son visage et avec un calme forcé.) Vous voyez... je VOUS le disais bien... (Elle remonte vers le marquis et Paul.) Mais il ne faut pas qu'il saclie que je suis venue ici... et surtout que j'ai lu cette dépèche... Vous m'entendez, Paul, pas un mot...

Paul s'incline, la comtesse gagne le fond et sort,

LE MARQUIS

Nous vantions leur bonheur... J'ai grand'peur que notre éloge ait été une oraison funèbre !

Il sort par le fond, à la suite de la comtesse.

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