‹ Dernier amour (volume 2)Chapitre 19 sur 91 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE MARQUIS

Eh! Mais...

LA COMTESSE

Mais non, c'est impossible ! Comment depuis dix ans, mon mari aurait-il gardé le silence, sachant tout l'amour que j'ai pour lui? Nous n'avons pas d'enfant... Une fille d'Armand, mais je l'aurais prise, adoptée, chérie... N'était-ce pas lui encore? Non! Non! Cette Lucie... une maîtresse!... une rivale et une rivale heureuse !

LE MARQUIS

Cela ne me paraît pas démontré. Mais enfin, je l'admets... Alors?

LA COMTESSE

Alors... Que sais-je ! Je vous demande conseil... secours, protection !... Vous voyez bien que j'ai la tête perdue!...

LE MARQUIS, froidement.

Au moins dites-moi ce que voulez?

LA COMTESSE

Connaître la vérité. Etre sûre de ce que je soupçonne, savoir qui est cette femme, où elle habite, tout enfin...

LE MARQUIS

Et puis ?

Gomment : et puis?

LE MARQUIS

Je ne suppose pas que vous soyez disposée à entreprendre des recherches pour ne pas les pousser jusqu'à leur extrême conséquence. Si, comme vous l'avez déclaré tout à l'heure, votre mari vous abandonne et vous trahit, que ferez-vous?

LA COMTESSE

Ce que je ferai ?

LE MARQUIS

Vous ne me répondez i)as. C'est donc que vous avez saisi toute la portée de mon interrogation. Si vous commencez des recherches, vous pouvez être entraînée plus loin que vous ne voudrez. Vous arriverez alors à un éclat. Quelle en sera la conséquence? Il n'en est que deux possibles : le pardon, qui vous replace dans la situation où vous vous trouvez à l'heure présente, avec des souvenirs douloureux et une froideur inévitable, en plus, ou bien la rupture. ..

LA COMTESSE, avec force.

Jamais! Je mourrais de no plus vivre auprès de lui!

LE MARQUIS

Alors?...

LA COMTESSE, avec désespoir.

Je veux savoir!... Je souffre trop de mes soupçons... La réalité sera cent fois moins cruelle... Vous voyez que je suis folle!... Ayez du jugement I)Our moi... Donnez-moi un conseil, un bon!...

LE MARQUIS, froidement.

Un qui vous plaise enfin. N'attendez pas de moi pareille complaisance. Je ne vous dirai que ce que votre intérêt bien entendu m'inspirera.

LA COMTESSE se lève.

Non ! Plus de raisonnements, plus de discussion!... Vous voulez m'empècher de faire des recherches... Vous n'y réussirez pas... Le doute ine tuerait... Et puis, s'il était innocent? Car enfin, je l'accuse peut-être à tort. Qui sait s'il n'y a pas seulement des apparences?... Gomment croire que

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