‹ Dernier amour (volume 2)Chapitre 58 sur 91 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

fragiles. Un rien suffirait à les troubler. Une crainte, une déception : les illusions s'envolent, les espoirs s'évanouissent, et la femme tout à l'Iieure radieuse, maintenant désolée, ne trouve plus devant elle que des ruines. L'homme, frappé dans son ambition, ou dans sa fortune, peut se relever. La femme atteinte au cœur est irrémédiablement perdue. Aussi, n'estce pas, ce bonheur, si touchant, ne saurait-il être que respecté, car y porter atteinte serait un crime!

MADAME DE JESSAG,

Mon cher marquis, vous êtes effrayant... Vous avez commencé par un alléluia, et vous finissez par un de profundis.

MADAME TRÉSORIER

Bahl ma chère, ne nous attristons pas I... Nous n'avons l'une et l'autre que vingt-cinq ans.

PAUL, riant.

Aht

MADAME DE JESSAC.

Comment, ah?... Insolent!

PAUL

Permettez! L'an dernier vous m'avez dit vousmême que vous en aviez vingt-six. Si cette année vous n'en avez plus que vingt-cinq, c'est que pour vous le temps marche en arrière.

TRÉSORIER

Comme les écrevisses.

Mais le tout est de s'entendre. A partir d'aujourd'hui il est bien convenu que vous n'avez que vingt-cinq ans?..,

MADAME TRÉSORIER et MADAME DE JESSAC.

Oui...

PAUL

Bon. Alors l'an prochain vous en aurez?...

TRÉSORIER

Vingt-quatre.

PAUL

Nous sommes d'accord...

MADAME TRÉSORIER, riant et menaçant son mari. Vous me paierez ça.

MADAME DE JESSAG.

A moi d'abord!... Prenez les cartes... Et gare à vous !

Ils sortent par la gauche. Le marquis est remonté au fond.

LE MARQUIS, voyant Paul et Lucie rester ensemble, sort par le fond.

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