LA COMTESSE, LE MARQUIS
LA COMTESSE, revenant au marquis, avec éclat.
Lucie!... Il aime Lucie!... Mais l'obstacle que nous cherchions... le voilà!... C'est cet amour!...
LE MARQUIS, gaîment.
Eh! je me doutais iDien qu'il devait exister un moyen de sortir de cette impasse !
LA COMTESSE
Oui!... Pour moi le salut est là! Ah! Dieu! J'en désespérais! Je ne savais plus que devenir! J'étais folle de douleur! Et maintenant...
LE MARQUIS
Maintenant il faut conserver tout votre sangfroid, toute votre énergie, car si le plan de bataille est trouvé, la victoire n'est pas encore remportée, et la lutte sera peut-être plus rude que vous ne le pensez.
Vous craignez...
LE MARQUIS
Je ne serai pas tranquille tant que je n'aurai
pas vu mademoiselle Andrimont sortir de l'église, sous son voile blanc, au bras du baron de Gravant... Oli! alors, par exemple, je respirerai, et à mon aise, car je connais votre mari, c'est un honnête homme. Et le jour où Lucie sera la femme de son ami, il ne lèvera même plus les yeux sur elle. Seulement il faut en arriver là et, pour cela, il faut l'accord de bien des volontés contraires, à commencer peut-être par celle de la fiancée...
LA COMTESSE, avec agitation.
Oh! je veux être fixée! A quoi bon attendre pour lui parler!... Elle est là, sur la terrasse, rendezmoi le service de me l'envoyer...
LE MARQUIS
Quoi! Vous voulez, sans plus de préparatifs?...
LA COMTESSE
Le plus tôt sera le mieux! Il y a assez longtemps que je me meurs dans l'incertitude. Ma patience est à bout !... Allez, je vous en prie.
LE MARQUIS
C'est bien!... Mais soyez prudente... Vous savez qu'elle est fière et passionnée.
LA COMTESSE
Je sais aussi qu'elle est loyale et généreuse... S'il le faut, elle saura me comprendre.
Le marquis sort.