LA NEIGE
Du cœur sur sa trace emporté...
Mais vous auriez du pain , mes frères !
Des remèdes à vos misères ,
Du travail et la liberté!
O foule oubliée et que j’aime ,
Petits qu’on dédaigne ici-bas ,
Votre front porte un diadème Que l’œil de la chair ne voit pas ,
Mais la foi du Christ le devine ;
Et sous la couronne d!épine Qui laisse un sanglant souvenir,
Tout-à-coup le pauvre s’efface.
Et je vois rayonner la face.
D’un de ces rois de l’avenir.
0 poésie ! ô pur front d’ange ,
Dépouille ici ta majesté !
Marche des deux, pieds dans la fange ,
Fais-toi la sœur de charité;
Entre où la souffrance t’appelle,
Au seuil où le vieillard chancelle ,
un
LA NK1GE.
Au foyer qui n’a plus de paix...
Et si l’or manque à ta tendresse Quand un œil te suit en détresse ,
Donne ton âme pour bienfaits.
Ton âme est plus que l’opulence ;
L'âme est un asile divin Où se jette avec espérance Le prisonnier, et l’orphelin.
U jeunes filles ! jeunes femmes !
Ouvrez ces trésors de vos âmes :
La foi, les larmes et l’amour...
Versez, comme de saints calices,
Ces beaux parfums de sacrifices Que Dieu saura payer un jour !
Laissez votre fraîche guirlande Qui sourit au souille d’hiver ,
Effeuiller en légère offrande IJne fleur de son rameau vert.
Oh ! pensez, quand l’heure est plus sombre , Qu’il est une femme dans l’ombre ,