‹ Dernier chantChapitre 15 sur 55 · LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA NEIGE

Du cœur sur sa trace emporté...

Mais vous auriez du pain , mes frères !

Des remèdes à vos misères ,

Du travail et la liberté!

O foule oubliée et que j’aime ,

Petits qu’on dédaigne ici-bas ,

Votre front porte un diadème Que l’œil de la chair ne voit pas ,

Mais la foi du Christ le devine ;

Et sous la couronne d!épine Qui laisse un sanglant souvenir,

Tout-à-coup le pauvre s’efface.

Et je vois rayonner la face.

D’un de ces rois de l’avenir.

0 poésie ! ô pur front d’ange ,

Dépouille ici ta majesté !

Marche des deux, pieds dans la fange ,

Fais-toi la sœur de charité;

Entre où la souffrance t’appelle,

Au seuil où le vieillard chancelle ,

un

LA NK1GE.

Au foyer qui n’a plus de paix...

Et si l’or manque à ta tendresse Quand un œil te suit en détresse ,

Donne ton âme pour bienfaits.

Ton âme est plus que l’opulence ;

L'âme est un asile divin Où se jette avec espérance Le prisonnier, et l’orphelin.

U jeunes filles ! jeunes femmes !

Ouvrez ces trésors de vos âmes :

La foi, les larmes et l’amour...

Versez, comme de saints calices,

Ces beaux parfums de sacrifices Que Dieu saura payer un jour !

Laissez votre fraîche guirlande Qui sourit au souille d’hiver ,

Effeuiller en légère offrande IJne fleur de son rameau vert.

Oh ! pensez, quand l’heure est plus sombre , Qu’il est une femme dans l’ombre ,

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