I.A NEIGE
Dévorant son reste de pain ,
Qui penche en frémissant l’oreille, De peur qu’un enfant ne s’éveille En lui disant : « Mère, j’ai faim! »
TRÉSOR
O musc , ma sœur!
Oh ! sois-moi fidèle !
Souffle une étincelle À mon triste cœur.
TRÉSOR
Les hommes, mes frères , Ont pour les tenter De graves chimères;
Je n’ai qu’à chanter.
Le monde et la vie Leur offrent de l’or, Mais moi je n’envie Que ton seul trésor.
Chanter avec larmes, Prier et bénir ,
Voilà tous les charmes De mon avenir.
Grandeur et puissance Ne sont pas peur moi , Mais douce espérance Dans mon humble foi.
TRÉSOR
Qu’importe qu’on dise , Ignorant mes maux,
Son âme est la brise Qui pleure aux tombeaux.
La vie et la tombe , Couple harmonieux, Dans ma voix qui tombe Sont l’écho des cieux.
Exil et patrie,
C’est là mon transport , Mon âme est nourrie De vie et de mort.
Mais vie immortelle , Et non pas d’un jour ; Mort qui me révèle Où m’attend l’amour.
TRESOR
Oh ! c’est un mystère Dans le cœur ému , Qui laisse à la terre Parfum inconnu.
Passer dans U? monde Comme un pèlerin Qu'un beau eiel inonde Le long du chemin.
Aimer , sans le dire , Quelqu’àme en exil , De peur de sourire Au sein du péril.
Mais prier pour elle, Comme un ange ami , Qui de sa blanche aile Se voile à demi.
TRÉSOR