‹ Dernier chantChapitre 18 sur 55 · PATIENCE · texte numérisé non relu

PATIENCE

Si parfois du bonheur une imprudente envie L’emporte en ses transports,... soudain tout est péril. Le trouble la saisit comme une main perfide.

Emue et partagée entre nulle désirs , .

Sa prière s’élève en élan moins rapide ,

Et sa foi s’attiédit au souille des plaisirs.

Oh ! le malheur attend le cœur lâche, infidèle ,

Qui ne sait pas braver quelques heures d’ennui ,

Qui ne croit pas en Dieu, quand Dieu lui-même appelle, Et ne voit d’avenir qu’au soleil d’aujourd’hui !

Qui porte, impatient comme un coursier sauvage,

Ce joug promis léger à l’humble et doux de cœur,

Et qui soulève en soi comme une mer d’orage ,

Quand un obstacle ici s’oppose à son ardeur.

Malheur à qui ne sait que la viè est l’arène,

Où le lion privé des sources du désert ,

Doit fléchir son orgueil sur le sable où se traîne Son long mugissement au milieu d’un concert!

Il est là quelques jours pour amuser la foule ,

Docile et l’œil éteint de honte et de douleur.

Son flanc sent l’aiguillon, et du sang noir s’écoule...

Qui le reconnaîtra tout souillé... ce vainqueur?

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