PATIENCE
Si parfois du bonheur une imprudente envie L’emporte en ses transports,... soudain tout est péril. Le trouble la saisit comme une main perfide.
Emue et partagée entre nulle désirs , .
Sa prière s’élève en élan moins rapide ,
Et sa foi s’attiédit au souille des plaisirs.
Oh ! le malheur attend le cœur lâche, infidèle ,
Qui ne sait pas braver quelques heures d’ennui ,
Qui ne croit pas en Dieu, quand Dieu lui-même appelle, Et ne voit d’avenir qu’au soleil d’aujourd’hui !
Qui porte, impatient comme un coursier sauvage,
Ce joug promis léger à l’humble et doux de cœur,
Et qui soulève en soi comme une mer d’orage ,
Quand un obstacle ici s’oppose à son ardeur.
Malheur à qui ne sait que la viè est l’arène,
Où le lion privé des sources du désert ,
Doit fléchir son orgueil sur le sable où se traîne Son long mugissement au milieu d’un concert!
Il est là quelques jours pour amuser la foule ,
Docile et l’œil éteint de honte et de douleur.
Son flanc sent l’aiguillon, et du sang noir s’écoule...
Qui le reconnaîtra tout souillé... ce vainqueur?