PATIENCE
Dieu... qui voulut ainsi briser l'homme en la fange , Pour repélrir en lui l’argile révolté ,
Pour qu’un nouveau limon laissât sortir un ange ,
Et qu’il trouvât sa gloire en son humilité!
SUR LA MORT DE GUSTAVE DE LA NOUE
Votre âme était belle, était pure,
Frère que j’aimais inconnu ;
Ah ! pour le ciel elle était mure,
Béni soit Dieu qui l’a voulu !
SUR LA MORT DE GUSTAVE DE LA NOUE
Mais en écartant toute plainte , Il nous est permis à genoux De vous envier, àme sainte , De pleurer en pensant à vous.
Oh ! la vie est si solitaire Au cœur qui se nourrit de foi !
Sa course errante sur la terre Trouve si peu d’abri pour soi !
Tant de clameurs et d’ironie ,
De mépris pour toute douleur !
Tant d’oubli, de froideur impie Pour le front sacré du malheur !
Sans doute bien souvent votre âme Étouffa ses parfums le soir, Comme l’obscure et chaste flamme Qui brûle an fond de l’encensoir !
SUR LA MORT DE GUSTAVE DE LA NOUE
Vous aviez pourtant de ce monde,
Bravant la gloire et le péril ,
Jeté de votre voix profonde Des chants bien-aimés dans l’exil !
Vous aviez foi, ferme espérance, Cœur aimant et plein d’avenir, Heureux et fier dans la souffrance Comme un chrétien qui sait mourir.
Que n’ai-je môlé ma prière Aux pleurs de vos amis en deuil!
Senti se mouiller ma paupière, Tout près de votre blanc cercueil !
Jeune homme que la mort efface Comme un beau lis à son matin , Mais dont on suit encor la trace Au soulle embaumé du chemin ,
i&t SU H LA MORT DE GUSTAVE DE LA NOUE.
N’avons-nous pas là votre exemple ,
Votre place vide au saint lieu ?
Et notre âme qui vous contemple ,
En vous ne sent-elle pas Dieu ?
Oui î c’est sa maiu forte et fidèle Qui vous coucha sur votre lit ,
Et quand sonna l’heure éternelle , Comme un fruit parfait vous cueillit.
Les larmes vont mal à la tombe Où reposent tant de vertus :
Quand ici le chrétien succombe , Qu’est-ce donc ? Un ange de plus.
RÈ Vl£.
N'aurai-je pas un jour une retraite obscure,
Où mon nom mort au monde, et mon cœur avec lui, Trouvera dans l’emploi d’une vie humble et pure,
La paix fille du ciel, qui loin de l’homme a fui?
Un chaume tapissé d’une vigne nombreuse ,
Sur un -coteau planté de hêtres et d’ormeaux,