DIVINITÉ
Alors mes entrailles tressailleront de joie lorsque mon' t me sera parfaitement unie à Die i.
Imit. liv. IV.
RÉVEIL
Quelle image de paix vient planer sur mon âme ! Quel souffle rajeunit tous mes désirs fanés !
D’où me vient , ô mon Dieu ! cette nouvelle flamme Qui ranime mes chants vainqueurs et couronnés ? Que s’est-il donc passé dans mon cœur solitaire ? Quel amour a tari les amours de la terre P
RÉVEIL
Quel espoir immortel brise tout autre espoir ?
Quel ange de mon front lève le voile sombre ?
Quel arbre protecteur étend sur moi son ombre Et m’invite à m’asseoir ?
O mon Dieu ! c’est vers vous que mon âme s’élève ; C’est vous qui tant de fois reçûtes sur ma grève Mes plaintes , mes soupirs ;
C’est vous seul qui comptiez mes pleurs mélancoliques , C’est vous qui recevrez mes hymnes, mes cantiques, Et mes nouveaux désirs.
Désirs pleins d’innocence ,
Hymnes saintes de paix ,
Amours bénis d’enfance Qui durent à jamais....
Rêves de solitude Exempts d’inquiétude Et des soucis amers ;
Flot d’espérance vivo Qui , des fleurs de la rive ,
S’élance au sein des mers.
RÉVEIL
0 douceur inconnue !
Tendre voix du désert, Lorsque ma lyre émue Veut saisir ton concert ,
Je la sens qui soupire Et qui semble me dire :
« Je n’ai plus nul accord;
« Ecoute, écoute encore.... »
Et j’entends plus sonore L’écho d’un autre bord.
Et je prie et je pleure ,
Car mon àmc est sans voix ;
Et ma douce demeure ,
Et mes rochers , mes bois ,
Mes brises du rivage ,
Mes bancs sous le feuillage , Mes flots d’un bleu d’azur , Tout parle et se parfume ,
Tout dans mon cœur allume Un encens vif et pur !
RÉVEIL
Et ma lyre s’étonne De ses accords de paix ,
Car longtemps sa couronne S’ombragea de cyprès; Longtemps la sombre plainte Dans son deuil fut empreinte; Et , sans autres flambeaux Que des lueurs funèbres ,
Son cri dans les ténèbres Effraya les tombeaux.
Mais cette voix de l’Ame , Murmurant son ennui, Dans un accent de flamme Étincelle aujourd’hui ; Aujourd’hui l’espérance , Comme un éclair , s’élance En chants harmonieux ; Mon cœur qui surabonde , Voudrait en lui le monde Pour lui donner les deux;
RÉVEIL
Pour bénir dans l’ivresse Ce regard du Seigneur Dont la douce tendresse Vient consoler le cœur; Qui ranime la vie Quand elle est assoupie , Et sourit à nos maux Comme un rayon d’aurore Qui dans l’âme colore Ses rêves les plus beaux;
Pour chercher dans la cendre La lave des volcans ;
Pour faire au loin entendre Le bruit des Océans ;
Pour sonder les abîmes ;
Pour allumer les cimes Comme encens du saint lieu ; Pour jeter dans l’espace ,
Où toute voix s’efface ,
Votre grand nom , mon Dieu i
AMOUR
O quiétude De mon désert !
O solitude , Divin concert !
Source de vie , Soif assouvie ,
AMOUR
Calme du cœur !
Douce espérance , Sommeil , silence , Dans le Seigneur !
O sainte lyre !
Chante toujours.
O mon délire!
Croîs tous les jours.
Flots de prières , Pleurs aux paupières , Coulez en paix !
Parlez, ivresse, L’amour me blesse De tous ses traits !
Versez , ma flamme , Votre trésor;
Et vous, mon âme, Parlez encor.
Dites au monde Ce qui m’inonde :
AMOUR
Fleuve d’amour ,
Joie ineffable ,
Soir délectable , Après le jour.
Joyeux cantiques Après les pleurs Sous les portiques , Et les douleurs ;
Cris de victoire , Hymnes de gloire Hors du combat ; Divine étreinte Dont l’âme est ceinte Et qui l’abat.
Élans sublimes ,
Vol éperdu Aux vastes cimes , Redescendu Dans les abimes ; Toujours rendu
AMOUR
Où tout s’efface Devant la face De l’Éternel ;
Encens qui fume Et se consume Bien qu’immortel.
Voix sans langage , Foudre sans bruit ; Bruit sans orage , Éclair qui fuit Dans une aurore , Feu qui dévore Le feu du ciel ;
Lueur horrible , Poison terrible , Rayon de miel.
Extases saintes , Vagues soupirs , Regards sans craintes Et sans désirs.
AMOUR
Paisible attente Que rien ne tente , Pur abandon ;
Larme sacrée ,
Fleur préférée Au plus beau don !
Et le silence Qui parle encor, Penche et balance Ses ailes d’or ;
Et ma feuillée ,
Toute mouillée, Sèche ses pleurs ;
Mes fraîches mousses Enflent plus douces Leurs lits de fleurs.
La blanche vague Roule à mes bords Un son plus vague En scs accords;
AMOUR
La grotte aimée Ouvre embaumée Son sein d’azur ,
Et quelque chose Prête à la rose Un front plus pur.
O ma prière !
O mon bonheur !
Vive lumière ,
Charme du cœur !
Brillez sans cesse ,
Car mon ivresse Souffre à son tour.
Mon âme est prise ,
Et tout se brise Au nom d’amour!
BONHEUR
Quel bonheur de sentir son âme , Comme un fier coursier sous la main , Toujours de son regard de flamme Dévorant d’un trait le chemin , N’attendre qu’un signe du maître Pour bondir, voler et connaître