‹ Dernier chantChapitre 2 sur 55 · DIVINITÉ · texte numérisé non relu

DIVINITÉ

Alors mes entrailles tressailleront de joie lorsque mon' t me sera parfaitement unie à Die i.

Imit. liv. IV.

RÉVEIL

Quelle image de paix vient planer sur mon âme ! Quel souffle rajeunit tous mes désirs fanés !

D’où me vient , ô mon Dieu ! cette nouvelle flamme Qui ranime mes chants vainqueurs et couronnés ? Que s’est-il donc passé dans mon cœur solitaire ? Quel amour a tari les amours de la terre P

RÉVEIL

Quel espoir immortel brise tout autre espoir ?

Quel ange de mon front lève le voile sombre ?

Quel arbre protecteur étend sur moi son ombre Et m’invite à m’asseoir ?

O mon Dieu ! c’est vers vous que mon âme s’élève ; C’est vous qui tant de fois reçûtes sur ma grève Mes plaintes , mes soupirs ;

C’est vous seul qui comptiez mes pleurs mélancoliques , C’est vous qui recevrez mes hymnes, mes cantiques, Et mes nouveaux désirs.

Désirs pleins d’innocence ,

Hymnes saintes de paix ,

Amours bénis d’enfance Qui durent à jamais....

Rêves de solitude Exempts d’inquiétude Et des soucis amers ;

Flot d’espérance vivo Qui , des fleurs de la rive ,

S’élance au sein des mers.

RÉVEIL

0 douceur inconnue !

Tendre voix du désert, Lorsque ma lyre émue Veut saisir ton concert ,

Je la sens qui soupire Et qui semble me dire :

« Je n’ai plus nul accord;

« Ecoute, écoute encore.... »

Et j’entends plus sonore L’écho d’un autre bord.

Et je prie et je pleure ,

Car mon àmc est sans voix ;

Et ma douce demeure ,

Et mes rochers , mes bois ,

Mes brises du rivage ,

Mes bancs sous le feuillage , Mes flots d’un bleu d’azur , Tout parle et se parfume ,

Tout dans mon cœur allume Un encens vif et pur !

RÉVEIL

Et ma lyre s’étonne De ses accords de paix ,

Car longtemps sa couronne S’ombragea de cyprès; Longtemps la sombre plainte Dans son deuil fut empreinte; Et , sans autres flambeaux Que des lueurs funèbres ,

Son cri dans les ténèbres Effraya les tombeaux.

Mais cette voix de l’Ame , Murmurant son ennui, Dans un accent de flamme Étincelle aujourd’hui ; Aujourd’hui l’espérance , Comme un éclair , s’élance En chants harmonieux ; Mon cœur qui surabonde , Voudrait en lui le monde Pour lui donner les deux;

RÉVEIL

Pour bénir dans l’ivresse Ce regard du Seigneur Dont la douce tendresse Vient consoler le cœur; Qui ranime la vie Quand elle est assoupie , Et sourit à nos maux Comme un rayon d’aurore Qui dans l’âme colore Ses rêves les plus beaux;

Pour chercher dans la cendre La lave des volcans ;

Pour faire au loin entendre Le bruit des Océans ;

Pour sonder les abîmes ;

Pour allumer les cimes Comme encens du saint lieu ; Pour jeter dans l’espace ,

Où toute voix s’efface ,

Votre grand nom , mon Dieu i

AMOUR

O quiétude De mon désert !

O solitude , Divin concert !

Source de vie , Soif assouvie ,

AMOUR

Calme du cœur !

Douce espérance , Sommeil , silence , Dans le Seigneur !

O sainte lyre !

Chante toujours.

O mon délire!

Croîs tous les jours.

Flots de prières , Pleurs aux paupières , Coulez en paix !

Parlez, ivresse, L’amour me blesse De tous ses traits !

Versez , ma flamme , Votre trésor;

Et vous, mon âme, Parlez encor.

Dites au monde Ce qui m’inonde :

AMOUR

Fleuve d’amour ,

Joie ineffable ,

Soir délectable , Après le jour.

Joyeux cantiques Après les pleurs Sous les portiques , Et les douleurs ;

Cris de victoire , Hymnes de gloire Hors du combat ; Divine étreinte Dont l’âme est ceinte Et qui l’abat.

Élans sublimes ,

Vol éperdu Aux vastes cimes , Redescendu Dans les abimes ; Toujours rendu

AMOUR

Où tout s’efface Devant la face De l’Éternel ;

Encens qui fume Et se consume Bien qu’immortel.

Voix sans langage , Foudre sans bruit ; Bruit sans orage , Éclair qui fuit Dans une aurore , Feu qui dévore Le feu du ciel ;

Lueur horrible , Poison terrible , Rayon de miel.

Extases saintes , Vagues soupirs , Regards sans craintes Et sans désirs.

AMOUR

Paisible attente Que rien ne tente , Pur abandon ;

Larme sacrée ,

Fleur préférée Au plus beau don !

Et le silence Qui parle encor, Penche et balance Ses ailes d’or ;

Et ma feuillée ,

Toute mouillée, Sèche ses pleurs ;

Mes fraîches mousses Enflent plus douces Leurs lits de fleurs.

La blanche vague Roule à mes bords Un son plus vague En scs accords;

AMOUR

La grotte aimée Ouvre embaumée Son sein d’azur ,

Et quelque chose Prête à la rose Un front plus pur.

O ma prière !

O mon bonheur !

Vive lumière ,

Charme du cœur !

Brillez sans cesse ,

Car mon ivresse Souffre à son tour.

Mon âme est prise ,

Et tout se brise Au nom d’amour!

BONHEUR

Quel bonheur de sentir son âme , Comme un fier coursier sous la main , Toujours de son regard de flamme Dévorant d’un trait le chemin , N’attendre qu’un signe du maître Pour bondir, voler et connaître

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