NUAGE
Ce n’est point un rayon fugitif et mortel ;
C’est un reflet caché sous l’ombre de l’autel ,
Qui se trahit àl’œil de l’âme ;
Car votre nom , mon Dieu ! qui résonne en mon cœur, Me révèle soudain un secret de bonheur ,
Comme au sein des nuits une flamme.
Et je voudrais, hélas! une plus forte voix;
Je voudrais des accents qui languissent parfois Sous des étreintes de tristesse.
Je sens que je vous dois , ô mon Dieu ! mille vœux ; Mais lorsqu’on bénissant , je dis : Je suis heureux !
Ce mot là retombe et m’oppresse.
Et pourtant , que de paix dans tes heures , ô soir !
Quel calme ! quel oubli ! quel air si pur d’espoir Je respire à pleine poitrine !
Que d’amour dans le cœur qui se nourrit de foi ! Quelle force , Océan , on se sent près de toi *
Quand devant ton maître on s’incline !