L’IMAGE
Que ton front marquât sur le sable !
Peut-être verrais-tu bientôt,
Glisser plaintive sur le flot ,
Une image indéfinissable.
VEILLE
Vous ne voulez donc plus que ma voix se repose ? Plus de sommeil.
Vous ne voulez donc plus que Je cherche autre chose Que le soleil !
VEILLE
Eh bien ! mon Dieu ! j’obéis ; j’abandonne La nuit , le jour,
Je veux mourir, pourvu qu’un peu je donne De mon amour.
Pourvu qu’un frère apporte ses alarmes A votre croix ,
Et que son cœur trouve de douces larmes Pour toute voix.
Je veux mourir,... pourvu que ma pensée Soit un espoir,
Et qu’Elle..., ô Dieu ! puisse, moins oppressée, Chanter le soir.
Je veux mourir, si ma vie est sacrée Par l’Eternel.
Quand de ses fleurs la victime est parée , Il faut l’autel.
VEILLE
Je ne veux plus rêver une lumière De jours meilleurs ,
Je tremblerais de voir dans ma prière Couler des pleurs.
Mais abandon... espérance infinie En vous , mon Dieu !
Corps que je jette à la châsse bénie , Dans le saint lieu.
LA LAMPE
0 lampe solitaire Au chevet de mon lit , Quand ta lueur m’éclaire Et tout-à-coup pâlit,
Je tremble que mon âme , Qui si souvent s’enflamme .
LA LAMPE
Ne s’éteigne à son tour ;
Et que ma voix si tendre Ne puisse faire entendre Tout son hymne d’amour.
Oh ! si j’avais en elle Toujours, toujours des feux!
Oh ! si j’avais une aile Pour chacun de mes vœux !
Je volerais sonere Vers ce Dieu que j’adore , Pour lui porter mes chants , Pour répandre en fumée Mon âme consumée Par ses transports touchants !
Oh ! mon cœur surabonde , Mon Dieu ! donnez des voix !
Oh ! donnez-moi le monde Ou donnez-moi la croix ; Mystérieux symbole Ou meurt toute parole.
LA LAMPE
Arbre prodigieux,
Qui sous ses vastes ombres Cache , en ses rameaux sombres , Des éclairs radieux.
O profondeur, abîme !
Néant , éternité !
Dieu pontife , victime ,
Mort , immortalité !
Que cherches-tu , poète i’
Et ma lyre est muette ,
Je ne sens plus mon cœur.
Je m’incline et j’adore,
Je crois , j’adore encore,
Vous, mon Dieu! vous , Seigneur !