BARCAROLLE
Si mon esquif flottant, aux lueurs d’une étoile, Sent enfin quelque vent éveillé dans sa voile,
Si le grain est tombé;
Si la vague qui roule , et si bleue et si ronde , Passe au-dessous de lui , pâlit soudain et gronde De le voir radoubé.
BAHCAKOLLE.
Oh ! vous irez bien loin , ma barque... La campagne Est vaste tout autour...
Nous n’avons point ici de roc ni de montagne,
Ni de nuit, ni de jour.
Oh ! je vous saisirai , ma barre,... et ma main ferme Ne vous lâchera pas.
Regardez devant vous ce temple qui se ferme,
Le voyez-vous , là-bas ?. . .
Non, rien... Allons toujours; vous avez froid, ma belle, Vous tremblez? qu’avez-vous?
Pilote , allons , de l’air dans la nacelle ;
AUons-donc , levons-nous !
Ah ! ce n’est rien... En avant, barcarolle, Fendons les mers ;
Chantons, jetons quelque douce parole Aux flots amers !