L.E l’OÊTE
Mais , que vaut un laurier qui verdit sur la tombe ?
O poète , ton nom si rayonnant , si beau ,
N’a-t-il donc que l’éclat d’un astre qui succombe ?
Ne devra-t-il orner qu’un marbre de tombeau?
Ah ! Dieu qui t’a donné cette âme harmonieuse En a fait un écho de son esprit sacré ;
Au jour où cette vie ardente et glorieuse Tressaillit dans ton sein, tu devins consacré.
Il ne fut plus permis de songer à la terre,
Ton destin fut d’écrire un mot au livre d’or,
Ton cœur, béni du ciel , fut un pur sanctuaire ,
Et les anges voilés en gardaient le trésor :
Trésor de foi , d’amour, d’éternelle espérance. Qu’importent les dédains , la gloire ou la douleur ? Ton cœur devait grandir de toute la distance Qui sépare un maudit d’un élu du Seigneur.
Ton corps, qui se sentait pousser de blanches ailes, A peine osait marquer la trace de ses pas ,
Et voilà qu’aujourd’hui tes hymnes infidèles Iraient se profaner aux échos d’ici-bas?...
Non! ce n’est point un chant, une note stérile ,
Un fugitif accent, que le cœur a dans lui.