‹ Dernier chantChapitre 8 sur 55 · L.E l’OÊTE · texte numérisé non relu

L.E l’OÊTE

Mais , que vaut un laurier qui verdit sur la tombe ?

O poète , ton nom si rayonnant , si beau ,

N’a-t-il donc que l’éclat d’un astre qui succombe ?

Ne devra-t-il orner qu’un marbre de tombeau?

Ah ! Dieu qui t’a donné cette âme harmonieuse En a fait un écho de son esprit sacré ;

Au jour où cette vie ardente et glorieuse Tressaillit dans ton sein, tu devins consacré.

Il ne fut plus permis de songer à la terre,

Ton destin fut d’écrire un mot au livre d’or,

Ton cœur, béni du ciel , fut un pur sanctuaire ,

Et les anges voilés en gardaient le trésor :

Trésor de foi , d’amour, d’éternelle espérance. Qu’importent les dédains , la gloire ou la douleur ? Ton cœur devait grandir de toute la distance Qui sépare un maudit d’un élu du Seigneur.

Ton corps, qui se sentait pousser de blanches ailes, A peine osait marquer la trace de ses pas ,

Et voilà qu’aujourd’hui tes hymnes infidèles Iraient se profaner aux échos d’ici-bas?...

Non! ce n’est point un chant, une note stérile ,

Un fugitif accent, que le cœur a dans lui.

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