ET DE SAINT-OUEN
Les documents suivants nous paraissent intéressants à consulter pour l'histoire des clôtures des chœurs de la Cathédrale et de Saint-Oucn de Rouen. On y voit que dès 1701 il a tenu à peu de chose que le jubé de la Cathédrale ne fût absolument démoli; que le dégagement du chœur, vers les bas-côtés, date de cette époque ; que le jubé de Saint-Oucn, dont on croit, en général, la démolition plus ancienne, subsistait encore au moment de la Révolution, mais dans un état qui en rcnJait la destruction inévitable 11).
(i) Ce jubé, - Tune des plus belle* et des plus délicates pièces que Ion eust pu voir, - avait été fort endommagé par les protestants en i56a, et fut restauré en if>53. Dom Pommeraye, dans son Histoire de l'abbaye de Saint-Ouen, à laquelle nous empruntons ce renseignement (pp. 19a, a 10), en a donné un dessin sous ce titre : ■ Jubé de l'église de S.iint-Ouen, bâti l'an 1462, par le cardinal d'rttouteville, ruiné par les hérétiques l'an i56a et réparé l'an l'oj» par D. Guillaume Cottcrcl, grand prieur de cette abbaye. »
Lettre des administrateurs du Directoire du District Je Rouen aux administrateurs du Directoire du Département.
« M. Goube (notre commissaire) (i) a pensé que, dans IV^lise métropole, il n*y avait d'autres travaux à faire que de mettre à jour le chœur en face de la nef, de manière que les paroissiens puissent voir le pretre à l'autel (2). Cette réparation exige plus de précaution que de dépense, puisqu'il ne s'agit que de déplacer les deux statues des chapelles de la Vierge et de Sainte-Cécile ; de vuider le massif qui est entre les colonnes et les escaliers en retour qui subsistent de chaque côté Quant aux stalcs régnantes autour du chœur en dedans, les uns estiment qu'elles doivent subsister dans l'état où elles sont, parce que, le vaisseau étant très long et très vaste, les prêtres y auroient très t'roid. Les autres pensent qu'en les coupant à la hauteur des accoudoirs on verrou mieux l'office et les cérémonies. Si ce dernier parti prévalait, il est clair qu'il serait le plus dispendieux, parce qu'on doit considérer qu'un vai-eau tel que ce temple ne peut offrir un ensemble parfait, sans rétablir au-dessus des accoudoirs une colonnade en cuivre, telle que celle qui existe autour du sanctuaire. Il faut convenir que l'ellet en serait superbe, mais les frais considérables. Nous croyons cependant devoir vousobsener que la balustrade de la chapelle de la Vierge, qui est en cuivre massif, est absolument inutile ; que celle des Carmes, qui est démontée et placée
(1) J.-J.-C. Gwubi?, lermme qui publia, en 161 b, une Histoire du duchc de Normandie.
(1) C'est le contraire oaie l'on voulait au moyen-àgc. Domini C(>nclusc> unt fiaï clau^ur.im l> soi in lateribu* magni altatïs ne gentes st-cularcs vid: .vit .ncrctj, celcbrando missam ad diction jlUirc, 2h juin 1 M S. Reg. capitulaires.
(j) L'est ce que l'on rît, en ^tt'ct, plus tard.
à notre dépôt, réunie à tous cuivres trouvas dans diverses enlises, pourrait suilire à cet embellissement. » 27 mars 1791.
Xvm <ii» l'Ingénieur du département.
* Les dispositions indiquées dans la lettre ci-jointe, du District de Rouen, et d im le Mémoire de M. Pioche, pour les reparutions à faire aux e^!i<es conservées, nous paraissent bonnes. Nous ajouterons seulement qu'il est préférable pour une paroisse de couper les stales de Notre- Dame à la hauteur des accoudoir* en élevant au-dessus, soit tout simplement une petite grille pour empêcher de passer des tus cotés dans le choeur par dessus les stales. A l'égard de la démolition des pleins du jubé de manière à ne laisser que les colonnes, cette opération cxie;c effectivement beaucoup de précautions, et il serait peut-être mieux et moins coûteux de supprimer le jube et de fermer le cmeur p -.r une c:il'.e. Rouen, le 5 avril 1701. » Si^né : Lam.m !e.
Rjipy >ri sur d ux pétitions des >.idrti:nisirjteu , ~s de Ij Fabrique Je l\ : r 'lise cathédrale et paroissiale.
♦ La première pétition des administrateurs de la Fabrique de Not:-e-l)a:ne jvon pour objet de découvrir le ch eur % dms les parties cl >-es pu- des murs tort élevés et particulièrement par le jubé qu'on vouloir cependant conserver, ainsi une les chapelles et les statues qui les décorent, mais dont on desiroit mettre les contretables a |our.
» La seconde pétition porte qu'on a reconnu l'impossi'.iiite «.le mettre à jour les cout : et ables du jubé sans les de n >hr entièrement, et qu'on est déterminé à le laisser s-.bs: s-er te q l'il est.
» l .es A.ii'.r,:,: Ai ateut s se bornent aujourd'hui à demander l'authoi isation des Directoires administratifs pour
découvrir les parties latérales du chœur en baissant les stalles et les murs au derrière de ces stalles. Ils se proposent de supprimer les couronnements et dossiers desdites stalles et de les reculer entre les piliers, ce qui élargira le chœur de 4 pieds au moins. Ils ont l'intention de démolir les murs entre les piliers, en laissant subsister les socles qui régnent dans tout le pourtour du chœur, et sur lesquels sont élevés les piliers.
» On pense qu'il n'est pas nécessaire de *dém !ir entièrement les murs derrière les stalles, mais qu'il surfit. ainsi qu'on le faict à Saint-Ouen, de les baisser à ia hauteur des stalles; 7 mai 1702. 1 Signé : Pioche.
Lettre des administrateurs du Directoire du district de Rouen aux administrateurs du Directoire du département.
» Le jubé (de Saint-Oucn) offre le même travail que celui de Notre-Dame. Mais on ne peut mettre ce dernier (celui de Saint-Ouen) a jour. Cette opération présentcro:t des inconvéniens sans nombre. 11 est en pierre de taiilcct d'une trop grande hardiesse pour hasarder de l'ébranler en détruisant les massifs qui font corps avec les foiblcs colonnes qui de\ iendroient les seuls soutiens de cette masse. Il menace ruine et sa destruction totale est inewtable. Il sera nécessaire de le remplacer par une belle grille de 28 à 3o pieds en longueur, et celle qui ctoit âu\ Carmes nous paroit devoir remplir ce but. Les stalles du chœur sont belles; mais leur frontispice est dans un t<ut mauvai> état, et les mem.s mollis qui engagent à couper celles de nou e église métropole à la hauteur des accoudoirs subsistent également pour celles de Saint-Ouen. Comme les gtilîes du sanctuaire de cette dernière église sont en ter, il n'y a d'autre dépense à faire pour clore le chœur en place de dki-ms que celle du transpon cLs grilles de Saint-Lô » .
C'est de cette époque que date la destruction du jubé de Saint-Oucn, que certainement ne pouvait songer à défendre le nouveau curé, M. Selot.
Quant à la Fabrique de la cathédrale, elle fut autorisée par le Département (S mai 1792) à ouvrir les portes latérales du chœur et à établir une frise au-dessus des stalles.
NOTE
SLR Î.A TÀBIE DE MARBRE
Tout le monde connaît, à l'un des bouts de la salle des Pas perdus, au Palais de Justice de Rouen, cette grande table de marbre, que l'on conserve précieusement, moins comme souvenir d'une juridiction qui eut autrefois son importance, que comme hommage à la mémoire de Pierre Corneille.
Cette juridiction, qui d'abord ne représenta que l'autorité de l'amiral en Normandie, ne tarda pas à représenter aussi celle du grand maître des caux-ct-forèts et à connaître non seulement des appels des amirautés, mais de ceux des maîtres des eaux-et-forêts.
Parlant de cette juridiction spéciale, l'historien des Antiquités de Paris, Du Breuil, p. i 5o, dit que celle de Paris t retint le nom de siège de la Table de marbre, comme par excellence et prérogative par dessus tous les autres sièges, tant à raison de son antiquité et grandeur, que pour la bonne compagnie de juges et officiers de longtemps y establis ».
Cette prérogative était une atteinte aux droits de notre province; et l'amiral de France, Louis de Graville, était trop bon normand pour ne pas le sentir. L'Échiquier venait d'être à peine établi que l'amiral avait un lieutenant en Normandie, et que les magistrats de l'Échiquier, hostiles naturellement à toutes les évocations hors de la province, avaient la prétention d'avoir aussi près d'eux,
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comme les magistrats du parlement de Paris, leur siège de la Table de marbre.
Le meilleur moyen de faire accepter l'institution, c'était de se procurer le signe qui la représentait ; pour cela ils s'adressèrent au Chapitre de Rouen, et se firent céder, pour une somme de 100 1., une grande tombe de marbre, vraisemblablement sans inscription, qui appartenait à la Fabrique de la Cathédrale.
C'est ce que nous apprennent les registres capitulaircs. où nous lisons ce qui suit :
7 avril 1 507 (v. s ). • Domini acordaverunt tradi unant antiquam tumbam marmoream spectantem Fabrice Dominis de Scacario, mediante summa G lib. per eos oblata, pro ea situanda in magna aula nova Scacarii in contemplacionem ipsorum Dominorum, commendando eisdem Fabricam ecclcsie ex nunc egentem. »
Le 9 septembre 1 5o8, le Chapitre donnait quittance d'une somme de 100 1. ratione vendicionis unius lapidis marmorei pro Dominis de Scacario.
C'est précisément à cette année i5o8 que le siège général de l'amirauté de France à Rouen rapportait son origine.
Le signe étant obtenu, la juridiction prit le nom en usage à Paris, et par là il Jevint notoire à tous que la Normandie avait une nouvelle juridiction souveraine.
Cette juridiction était dejà connue sous le nom de Table de marbre en i S 1 3 , comme on le voit encore par les registres capitulaircs, qui nous montrent les chanoines luttant contre Jean Lamy, lieutenant général de l'amiral, pour la défense du droit d'asile, et assignés devant lui apud Tabulant Marmoream in hac civitate.
Dernier janvier r 5 1 3 (v. t.).
Perlecta capitulariter quadam supplicatione tradita a parte ThomeAuber, imtantis ut, eu m hesterna die, ipse
Auber hanc ccclesiam intrasset, magisterjohannes Lamy % locum tenens domini admiraldi et nonnulli alii officiarii cumdem Auber (îicet immunitatem ecclesie peteret) infra dictant ecclesiam apprehendere et sub arresto ponere roluerant, quod tamen nonnulli Dominorum predictorum ibidem presentium impediverant, ymo eumdem Aubjr pro securitate sue persone et ne, prout supra apprehendcretur, reponi fecerant in carceribus reverendissimi Domini per ipsos Dominos accommodatis, et in eis remanere quousque in présent i Capitulo deliberaretur quid in hoc esset agendum negoccio, quatinus prefati Domini ipsum Auber elargiri facere ac in suam priorem liber t.Uem et immunitatem ecclesie rcponere seu reponi facere dignarentur. Super quo habita matura deliberatione, audita etiam relatione prefati Domini decani, qui retulit -remissa per dictum Auber exposita vera esse, visis insuper et perlectis nonnullis litteris a parte dicti Lamy in presenti Capitulo exhibitis, in vim quarum volebat ipsum Auber apprehendere, prefati Domini concluserunt et ordinaverunt quod dictus Auber indillate reponatur in sua libertate et immunitate infra dictam ecclesiam, in loco quo captus fuerat ; hoc tamen notificetur dicto Lamy, heumtenenti, ut illum custodiri faciat, si sua crédit intéresse ; et deinde venerabilis et egregius vir magister (tuillelmus Le Gras, decanus prefatus, ipsum Auber in dicta sua libertate infra ecclesiam predictam ante ymaginem cruci/ixi, in présent ia dicti Lamy, ibidem accedentis, reposuit, eidem Lamy notificando dictam conclusion cm.
i fr lévrier. — Louis Cruchon, huissier à l'Échiquier, en vertu du mandement de l'amiral ou de son lieutenant, ajourne les chanoines, à l'instance du procureur, à comparaître, le vendredi suivant, coram eodem locumtencnle apud Tabulam Marmoream, in hac civitate. — Concluserunt quod negocium viriliter defendatur... Dcputation à l'archevêque.
•or
Jeudi 2 février. — On évoquera l'affaire ù la cour de l'Échiquier. Minute de lettre écrite par l'avocat Geoffroy Marie, pour obtenir des lettres du Roi.
La Table de marbre fut vivement attaquée en i5tf>, Lamy, « lieutenant en la pierre de marbre », qui était allé trouver le roi François I er , à Amboise, fut mis en prison, en même temps qu'on donnait ordre d'arrêter ses huissiers à Rouen. Il eut a se louer de l'énergique intervention de la Ville de Rouen, qui délégua en cour Fave, archidiacre d'Evrcux, et Roger Paien, archidiacre tic- Rouen. Partis le 28 novembre de Rouen, ceux-ci arrivèrent a Amboise le 6 décembre. Le 9, ils furent reçus par le Roi, grâce à la protection de M. Picart de Radcval, et réussirent à obtenir la mise en liberté de Lamy et la conservation de sa juridiction. Bien que conçues en termes assez laconiques, les délibérations de l'Hôtel-dc-Ville ne laissent aucun doute a cet égard : « Fut par le Roy prinse la parole, qui dit qu'ils ne parloient pas de ce qu'on leur voulloit oster leur pierre de marbre, et qu'il enteudoit qu'elle leur demeurast; à quoy fut dit par le premier pre ident de Paris, audit sieur, que son plaisir fust ne se has:cr de ainsy le déclarer. Mais, ce nonobstant, fut dit par le Roy que, se par les Lstats lad. pierre de marbre estoit requise demourcr audit Rouen, qu'ilz le dissent aux commissaires qui par luy scroient envoyez pour tenir les premiers Lstats, et que dès à présent il desdaroit qu'elle leur demouroit, et qu'il estoit aussi bien roy à Rouen comme a Paris. •
L'avis des États fut naturellement en faveur vie la Table de marbre, et cette juridiction nous lut conservée.
La table de niaibre faillit disparaître à la Résolution.
Le 20 décembre 17.12. on donnait lecture au hi-trut d'une lettre Ju procureur général syndic du Département, du même mois, portant em<>i d une autre lettre, pai laquelle la municipalité de Rouen demandait la mise en vente de la Table de marine noir étant dan- la salle la
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Palais de Justice. Le District donna un avis favorable à la vente. •
On oubliait que Pierre Corneille avait été avocat général du Roi à l'amirauté de France, au siège de la Table de marbre de Rouen.
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NOTES
sur l'église saint-godard
t L'église de Saint-Godard, dit Farin, a été agrandie plusieurs fois avant que d'être en l'état où elle est maintenant, ce qui se prouve par des fondements qu'on voit en plusieurs lieux. »
Ce qui nous paraît certain, c'est que la crypte de Saint- Romain, encore subsistante, devait être au devant du chœur, en occuper la largeur, et avoir, à l'origine, son entrée par la grande nef.
Nulle part dans les comptes, qui forment une suite complète a partir de i5j;, il n'est question de la construction de cette église. Ce qui me ferait croire que la nef est antérieure au xvi c siècle, c'est que Farin signale, comme existant de son temps, aux verrières du chœur, les armoiries des maisons dAmboiscet de Hangest, qui ne pouvaient appartenir qu a Jean de Hangest, sieur de Genly, bailli d'Kvrcux et capitaine de kouen, et. en cette dernière qualité, paroissien de Saint-Godard, comme habitant le château. Or, ce Jean de Hangest mourut a Kouen, et y fut enterre au couvent des Celestins. en l'année 1400(1).
Les premiers comptes mentionnent la reconstruction de la chapelle de Saint-Nicolas, du coté de la rue Beffroi, la reconstruction de la chapelle de Notre-Dame, du coté de Saint- Laurent. Par chapelles, il faut, je crois, entendre les
\\) Antclmc, Hist. génèjl., t. VI, p. 746.
bas-côtés et non seulement ces hauts pignons qui permirent l'établissement des immenses verrières que Ton admire encore aujourd'hui.
Pour l'architecte qui conçut le plan de la transformation de cette église, l'objet dut être de dégager les piliers dans toute la mesure du possible, en sorte qu'on pût, d'un coup d'œil et de partout, apercevoir la décoration spéciale à cet édifice, laquelle consistait uniquement en de splendides vitraux (i).
Cet architecte fut vraisemblablement Julien Cheneviére : il appartenait à une famille de maîtres maçons, dont on pourrait suivre la trace à Rouen pendant près d'un siècle.
Ce fut lui qui acheva, en 1527, la chapelle neuve, dite aussi dans les comptes la chapelle de Saint-Nicolas, ou la chapelle de devers le Patriarche (2).
(1) « Ses vitres sont les plus b.'lles qui soient en France; les couleurs en sont vives et cclatmies; c'est ce qui a donné lieu dz dire d'un vin bien colore" : « // est de la couleur des vitres de « Saint-Godard. >• — Jlist. de Rouen, de Farin.
(2) 1527. — A Julien Ficher, qui descendit le châssis de la grmio vitre, 10 s. — Pour avoir abattu la chapelle de Saint- Nicolas, 70 s. - A Robext Chrétien, pour charriage et pierre dure pour les maiçneaux, 32 s. 6 d. — Pour vente de dix tonneaux de pierre du Vau-des-L^ux, 8 1. 10 s. — A Julien Chenncvyere, rmsson, p.ir quittance du i»r mai, 40 1.; du a5 mai, 10 I.; du S juin, 10 1.; du a5 août, 10 1.; du 1" sept., 10 I. ; du 17 nov., 40 1.; du 7 avril 1 5 27 (v. s.), 16 1. — Plomb mis sur b pignon de la neuve chapelle; on y pose la croix, 25 s.. 10 d. — A n.-nis l' ion, charpentier, qui avait fait le devis de la ch ipjntere d;i ùit.Mj de la chapelle neuve, 7 s., 6 d. — Paicm.nt Je .■> inilh.rs et djini tic carrel pour paver la chapelle neuve, S I. 5 s. '/ J. — t'^iS. On f'.iit unes establics pour asseoir le ». ;ii.\*MS J.c la ci an 'c vilrc, 3 s. — A»:hat de pierre, o*i 1. t3 s. <j<\ d. — A C.h.-n :\ ierj, miyii, par quitt nec du lu mai l5i8» 20 I. 10 s.; du 17 mai, i<» I 10 s.; au même, par appointement pour le reste de son m irJic, 40 1. Le Trésor lui vead pour
Il dut mourir en 1529. Cette année, le Trésor eut à payer à ses entants mineurs, représentas par Angelot Philippes, leur tuteur, une somme de 1 10 1. dont on lui restait redevable.
La chapelle de Notre-Dame, au bout de l'autre nef, est de l'année » 3 34 . et fut l'œuvre de trois maîtres maçons associés, Martin Fosse, Joachim Dumont et Jehan Le Despensier. On avait t'ait marche avec eux le 11 mai i334 (1).
La jolie porte, du coté de la rue Beffroi, doit être à peu près de la même époque (2).
3- sous unes patenostres do coural et plusieurs verges et signets d'argent. —4? 1. pour l'ardoise dont est couvert la chapelle de devers le Patriarche. L'hôtel du Patriarche de Jérusalem, Jean d liarcourt, était en face de l'église, en la rue Beffroi.
(1) 1 5 4 . A Martin Fosse, Joachim Dumont, et Jehan Le Despensier, maistres mâchons, pour l'augmentation de la chapelle N. D., suivant marche du 11 mai 0H4, 2^0 1.; pour le talut et cmhassement de lad. chapelle, 27 1. — A Alain Paon, ch. îrpentier, suivant marché du 22 s pt. 1 5 1* 4 , 80 1. — Journées de plâtrier, ardoise et tuil-\ 7? I. — 35 s. au garde qui veilla pendant deux mois, qu* la c h «pelle de N. D. fut abattue. — A Michel Lover, serrurier, pour barriaux de fer en la verrière neuve en la chapelle de N. D., devers Saint-Laurent, 9 I. 12 s.
— A maitr: Rob rt Meeqael et M- Le Rmu, jurés du mestier de madvmn rie, pour avoir vUiteTouvrage de la chappcllc N. D , 1 5 s. — A Michel lies» che, vitrier, ;3 s pour asseoir les vitras ii la neuve muraille et Ls avoir ostes de la vieill.-, avoir mis 10 los.ngcs et 4 piLC-s peintes da c >s^ ; de Saint-Laurent, 7? s.
— Le iS juillet, pavé ii u:i pIAtri r \? s., pour avoir descouvert l'ardoise qui eMuit sur le costc de l'éghse qu'il a convenu ah astre pour y fa:re lVdihce neuf.
(i) Le vitrier, Mi.hel lk-><he, fait le fournissement de la verrière qui ot sur la porte de devers le l'atri. rche, 4 I. 12 s. ô d. (27 déc. t > ji 7 . > — Pierre De la Rue, ma v o», pose un benequier auprès de h porte neuve, du coté du Patriarche, 4 1. — i.vjt. Le même répara, la même année, celui qui et it du cûté de S.i::u- Laurent.
La tour est de 1612. Elle fut construite par François La Chausse, moyennant 2,000 1., suivant un marché fait avec lui (1), reconnu devant le bailli de Rouen le 18 février 161 1. — Nous donnons le dessin de cet architecte, qui représente le clocher, tel qu'il dut être construit. Dans le cas où, tôt ou tard, on croirait devoir compléter la tour, le plus sûr et le mieux serait, à notre avis, de s'en tenir au plan de cet artiste. On serait, du moins, assuré de ne point commettre d'anachronisme et d'observer fidèlement le goût du temps.
Farin nous apprend qu'en 1 53 1 on lambrissa l'église, c'est-à-dire qu'on fit les berceaux en bois qui cachaient aux yeux l'ardoise qui couvrait l'édifice. Ce lambris fut refait en 1617 et 1618 (2) ; le curé fit peindre à ses frais la croupe de dessus le maître-autel et fit blanchir les parois d'alentour. On s'entendit avec Michel Michel, peintre, pour continuer les travaux de peinture, depuis le premier pilier d'auprès la croupe jusqu'au crucifix, et pour blanchir les murailles du côté du chœur. Le même Michel Michel et Pierre Jouveaux peignirent, la même année, le haut des pignons des deux chapelles de la Sainte-Vierge et de Saint-Nicolas.
De 1755 à 1757, on fit bais^er les combles des chapelles collatérales pour les mettre en rapport avec le chœur et la nef, et l'on enleva, à cet etTet, une partie de la maçonnerie des pignons, conformément au devis de M. De
(1) Les cloches avaient été fondues par Pierre Duret, fondeur; le beffroi avait été construit par Nia«las l'avie, charpentier, 1604-1605. La tour, que rempila celle de La Chausse, devait être ancienne. Elle menaçait ruine quand on se décida à la démolir.
(2) Pour ce travail, on acheta de M. Mnrctte, marchand, a milliers 600 de douvains, à 60 I. le millier ; 1 00 et demi de douvains à pipe, 166 1. 10 s. Le menuisier qui se chargea du travail s'appelait Josias Le Grand. On lui paya <o3 1.
France, architecte. Les travaux furent confiés à M. Hesnault, menuisier. L'importance du travail obligea la Fabrique à solliciter du Conseil d Etat un arrêt qui l'autorisait à contracter un emprunt de 10,000 1. et à lever 4,000 1. sur les propriétaires et locataires des biens-fonds de la paroisse, au marc la livre des revenus.
Les berceaux des deux collatéraux furent refaits en bois de chêne, moyennant 2,700 1., par le charpentier Doublet, en 1778.
Dans les premiers comptes de Saint-Godard, il est fiait mention d'orgues et d'organistes.
Des orgues avaient été fabriquées pour cette église par Antoine Josscline, en 1543. Elles furent ruinées en 1 5ôo.
En i632, on trouve un mémoire de ce qu'il convient faire pour la construction des orgues de Saint-Godard, qui devaient être pareilles à celles des Cordelicrs, avec 1 cnumération des jeux : jeu de bourdon, de 4 pieds bouché; jeu de 4 pieds ouvert, nommé le prestant; jeu de doublctte ouverte; jeu de fourniture; jeu de cymbale; flûte de deux pieds; jeu de sifflet, etc. Le devis fut fourni par M. Titclouze, chanoine, « l'un des plus habiles organistes de France. » On fit marche avec Guillaume Lcsselic, facteur d'orgues, demeurant h Koucn, paroisse Saint-Croix- Saint-Ouen, par le prix de 5, 000 I. et 200 1. pour le vin. Guillaume LcThuillier fit la menuiserie du buffet; Etienne Mazelinc en fit les sculptures. Le travail dura longtemps : il ne fut achevé qu'en H'41, si l'on en juge par les paiements.
En 1725, on traita avec un facteur d'orgues de Paris, M. Thierry, pour l'établissement de nouvelles orgues, dont le buffet fut construit par le menuisier Ch. De Gouy, et peint par le sieur Le Prince.
Le jubé et la contretable du maître-autel nous permettront de suivre les variations du goût. •
Autant qu'il est permis d'en juger par les documents qui
nous ont été conservés, anciennement, dans toutes les églises de Rouen, il existait un jubé massif qui isolait complètement le chœur de la nef. Il avait pour principal décoration un crucifix de grandes di mcnsions, tiencrale— ment accompagné des statues de la sainte Vierge et de saint Jean l'évangéliste (i).
Je doute qu'en plein moyen âge des autels fussent adossés à ces jubés, dont le nom le plus ordinaire est pupitre, pulpitum ou crucifix.
Pendant longtemps, à la cathédrale, il n'y eut au jubé qu'un autel, celui de saint Pierre, bien que la symétrie, d'après nos goûts actuels, parût en exiger impérieusement un second, puisqu'il n'est guère douteux que la porte qui mettait en communication le chœur avec la nef n'occupât le milieu de la clôture. Antérieurement à l'établissement d'une nouvelle chapelle de la sainte Vierge, sur l'espace qui restait libre, on plaça une Vierge d'albâtre, donnée, vers i3o2, par Thomas Le Tourneur, archidiacre de Tournay et chanoine de Rouen, aux pieds de laquelle, chaque samedi, les chanoines, après complies, allaient chanter Ylnviolata.
11 en était de même à Saint-Godard. Devant le chœur, au jubé, au dessus du sépulcre de saint Romain (2), on avait érigé une chapelle sous le vocable de Notre-Dame, et, à côté, on avait posé une statue de la Vierge, devant
(1) A Saint-Jean de Rou:n, la devanture du chœur, construite en menuiserie, vers i5'>5, par Jeu Or, était décorée du crucifix, des statues d'J Ni trc-O.nr.e et d: sant Jean, œuvre de Remy de la GombauJe, iir ;ipui:i . — A Saint-Étiennc-dcs-Tonuelicrs, au jubé, crucifix, statues de Notre-Dame et de snint- Jean et deux autels. — Mt" me décoration à la Cathédrale, à Saint- Denis de Rouen, à S, nt-Hcrbland etc. Autel de N. D. sous l'image du crucifix en la nef, août i3io.
(2; C'est ;#jourd'hui la crypte dj Saint-G<Jard. Le tombeau de saint Romain a été transporte à l'église Saint-Romain, de fondation tout-: moderne.
laquelle c'était un usiçc de chanter, chique samedi, ï'/'iviolata après complice La perpétuité de cet usa;e pieux fut assurée par une fondation de Jenn Pajot. scelleur de la cour de l'archevêché, du n juin 143611).
Le long de ce jubé, probablement du côte du ch<eur,
(1) « Comme il soit ainsi qu?, à la dévocion des Trésoriers de l'église paroissial Saint-Godirt de Rouen, à l'onncur et révérence de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie, aient esté p.ir aucun temps et encore* de présent soient continuellement célébrés Solempnellement u note une messe, chascun samedi delà scpmainc, a l'aultel de la chappclle de N D., située sur le sépulcre de sunt Romain d'iccllc église, environ sept heures de matin, et aussi, en iccllui mesme jour de samedi, une prose commenchant InviolatJ, après compiles du jour tout de l'office, et à l'onneur d'iccllc dame iccllc prose devant l'image de N. D. assise dedans la nef, jouxte le crucifix, pour considération desquelles choses vénérable et discrète personne mustre Jehan Pajot, scellcur de la Court de R. P. en Dieu Mgr l'archcvcsque de Rouen, Robin la Haye, candclier, et Guill. De Cantelcu, demourant en l'ostcl de la Herpc, en lad. par. Saint-Godart, meuz de devocion et désirant la continuation d'iccllc messe et prose estre deuement edéhrées et chantées à tous jours mais, pour le salut de leurs âmes et de leurs amis et bienfaiteurs, aient requis icculx trésoriers et paroissiens que, oultrcct par dessus iccllc messe et prose de N D., à la révérence et exaltation de l'institution de la feste et solennité du saint Sacrement de l'autel et des octaves d'iccllc feste f Lent d*.sorma s célébrer et chanter à note après le jour d'icclle feste, tous les sept jours des octaves entièrement, c'est assa\oir : matines, prime, tierce, la messe de midy, nonne, vespres et complics. » Paj.<t donne, pour cet effet, 3o saluts d'or ; De la Haye, 10 1. 1. ; De Cantelcu, too s. n juin 14:10. (\'db. Je Rouen. ) En 1^7, on payait o d. pour Vhvitilata de ch ique samedi. A Saint-Hcrhland, même usage. Messires Robert Auber et Guillaume Carie, prêtres, fondent une prose dcN.-I)., c'est assav.T Inviol jta, avec le verset e t oraison, « a estre dite et chantée en l'onneur ci révérence de Dieu et de la benoiste Vierge Mar c devant l'autel du cructits Je lad. par. tous les samedi» de l'an • t les vcilL* des 5 festes s-!cnnelles de N.-D. enue \espres et compiles. » 10 nuv. 1423.
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on voyait des armoires qui servaient, sans aucun doute, au dépôt des ornements de l'église, des chapelles ou des confréries (i).
Ce jubé qui déjà avait eu besoin de restauration en i:3o, n'échappa pas aux ravages des protestants en 1 36i. On <c conicnta d'abord de pourvoir aux restaurations les plus urgentes. En 1 5o3, on soutint, au moyen d'archons, la pièce de bois qui portait le crucifix. L'année suivante, on mit un vieil autel de bois près de l'entrée du chœur (2).
A la fin du xvi' siècle, la Fabrique, qui avait vu ses ressources augmenter^ se décida à faire refaire le jubé de son église. Elle s'adressa pour cela à un habile menuisier, Louis Guillebcrt, de la paroisse de Saint-Nicolas. L'occasion eût été propice pour dégager le chœur et l'exposer à la vue des paroissiens. Mais on resta fidèle aux traditions du pays, comme on le voit par les termes du marche.
( 1 ) « Au serrurier, pour avoir rabillé les aulmaires du pulpitf e. - 1327, comptes de la Fabrique.
(2) Donation, en 1417, par Robin Le Vigneron, de 100 s. de rente au Très» r de Saint-Godard « à condition que lui. sa femme, Robin, leur tils, et cculx qui ystroient d'eulx seraient enterrez en lad. enlise devant l'image de S. D., au costé du crucifix, le» pici encontre où chante le preMre. » Arch. de la Se.nc-Infcricure, G. oôio. — 7 janv. 1407 O'. s ). fondation, par Guillaume Dombrcvillc, licencié en décret, iiirt de Grainvillc-la-'I cinturicrc et cliani ine Je Rouen, à l'intci tion de Colechon, &a mère, qui avait clé entente devant le cruciiix, d'une messe à dire, chaque semaine, à l'autel « estant sous le « rucifix, inc<>ntinent après le prosne de la mosc paroissiale, et que le prestre disant iccllc messe paroiss aie commencera la préface. « Cependant, en i>iS, il semble qu'il n'y eût enc re q l'un autel nu jubé. Le 1 1 septembre de cette anr.ee. l'archidiacre, a la suite de sa visite, ordonne » Jean Mouel, a\ocat, p< ur 1rs trésorier de la parusse, de faire coiiMun-i le grand autel, de taire j lacer un autel décent in captllJ site tu intn.ttu e/r.ii. — Une lampe éta t suspendue devant le cnuihx : « p. Lir l'aJiat d'une lampe qui sert devant le
crucifix, 33 s. »
Gutllchert dut f construire une grande cloison sous le cruviîiv. Je largeur de 2> pieds Je pilier à pilier et de • ( pieds et de. m i toise Je hauteur jusque* au dessous Je la corniche, et aux Jeux bouts d'icclle... faire Jeux huisseries à la volonté des trésoriers, de telle grandeur qu'il leur plaira, ladite cloison comme celle Je Saint-Vigor. Et y aura, contre ladite cloueson, par dedans le cœur une longueur de banc-coiïïe pour le service des gens d'église, qui sera de long entre les deux huisseries parce que ledit Guillebert a promis faire lu grande cloueson Je plus grande gros-.eur et e>t<>ille que icelle dudit Saint- Y:g >r, attendu la grande longueur J'icelle, sçavoir aulx pilastres des huisscryes que linteaulx de dessus desdictes huysseries, appuyés que arquitrave, fri/e et corniche, actendu que ladicte corniche dojbt porter les ymages du Crucifix, île Notre-Dame et saint Jehan, et au dessus de-d. huys^eiies y convient deux nmortissemens de taille bien et deuement. Plus convient faire aux deux éventaulx des vieux eosvz proche du maître autel deux clouesons dont à chacune desquelles y aura une huisserie brizée en deux mante ri!\, de telle grandeur qu'il plaira a mes dicts sieurs, a\ec ung banc a colirc ù chacun costé, ou siège sans coti're avec son marchepied, etc. t
On convint d'un prix de jbo livres, et de 6 ccus de vin ( i ?m..
Le travail tut exécute et dmina lieu à une contestation. On nomma des experts : Cardin IVdeiin. Alain Drouct, Marin Délaies, Louis C!er. tnus maîtres menuisiers, qui constatèrent que • la grande cloueson nvoit o pieds de haut sous le crucifix, qu'elle présentait deux huisseries deviens deux cadres, avec Mise et architrave, chapiteaux d'oidre mm. pue et que dans ses d^'t.oU elle était plus riche que celle de Saint-V i-oi . qui avait été proposée pour modèle. • Ils ne trouvèrent à y reprendre que quelques colonnes, trop couites à leur gré (li juin i:n>).
La Fabrique, maigre ce rapport favorable, fit attendre
à l'artiste son paiement, comme on le voit par la suppliquesuivante :
« A MM. les Thrésoriers et parroyssiens de Saint - Godart.
» Supplye humblement Loys .Guillcbert, maistre du mestierde menuysier, demeurant en ceste ville de Rouen, ayant femme et grand nombre d'enffans. Comme airny soit qu'il auroit par votre commandement, faict grand nombre de besongne de son estât pour la décoration de la dite église, au contentement de tous les dieu paroyssiens. fors et réservé deux ou troys, à raison de quoy iîz empeschent que le dit pauvre homme supplyant n'eu^t payement du reste qu'il lui seroit deu, en quoy faisant il auroit travaillé avec grande perte, tant de son temps, que de son bojs et journées d'ouvriers,
» Il vous plaise ordonner qu'il sera payé de la somme qu'il luy reste et laquelle luy est loyallemcnt deue, et, en ce faisant, luy et toute sa famille prieront Dieu pour vov.> tous,
» GuiLLEBERT. »
On lit au bas de la supplique : * 11 a este arresté qui! sera payé audrt Guillebcrt ce qui lui est deu de reste de son marché, parce qu'il sera tenu et s'est submis réparer et racoûtrer bien et dcuemenl les bancs qui sont à l'égli-e contre le mur de la chapelle Saint-Nicolas, deviens la teste de Noël prochain \cnant, et quérir tout le bois qui conviendra pour ce faire, et à ceste fin luy sera paie et axante d'icelle somme ce qui luy reste deu, et l'outrc-plus sera paie après la hesongne faictc. Faict et arresté en l'assembLc des parroessiens, à yssue de la grande nusse parreMal. le jour de la Toussainctz mil v quattre-vingtz. «
(iuillebert, qui, en i;Sd, avait reçu 4 1 ÎS 1. pour so;i travail, reçut encore, l'année suivante, 5 2 1 , formant le complément de ce qui lui re-tait dû.
En >>v>, on pava a Jehan Duden, maître sculpteur et
imaginicr, 36 écus 2 tiers, pour avoir fait le crucifix, suivant marche du 3 novembre i5S2.
En x 618, M. Tiremois de Hautcnoc fit faire à ses frais, au dessous du crucifix, dans tout le travers du chœur, « une frise en menuiserie et des amortissements ».
Ainsi fut complétée la décoration du jubé en bois de Saint-Godard.
Cette clôture subsistait encore du temps de Farin, clerc matriculier de la paroisse Saint-Godard. Il en parle dans son Histoire de Rouen. Mais bien que la même mention ait été conservée dans l'Histoire de Rouen, édition de 1731, il n'est pas douteux que ce jubé n'existait plus à cette époque. On voit, en effet, qu'en 1691-1692011 fit démolir par le menuisier Robert De Gouy « la devanture du chœur qui menaçait ruine »; et qu'en 1704-1705 on eut à payer Charles Le François, maître sculpteur, qui avait fut t le nouveau crucifix », crucifix porté certainement, suivant la mode du temps, sur un arc, dit arc triomphal, allant d'un côté de la nef à l'autre. Une grille en fer dut alors, à l'entrée du chœur, remplacer le jubé massif des anciens temps.
Vers la même époque, on avait vu disparaître le jubé de l'église Saint-Laurent, mentionné en ces termes dans YHistoire de Rouen, de Farin : « La tribune qui séparait le chœur d'avec la nef, et qui étoit d'un excellent travail, fut achevée en 16 1 6. »
Cette date de 1616 n'est, sans aucun doute, que celle d'une réparation faite a ce jubé. Sa construction doit être rapportée à une date plus ancienne. Il avait eu pour architecte les maîtres maçons Michel Catelinc et Simon Vitecoq qui y travaillèrent de i53o à 1 53 1 . Les sculptures en avaient été faites par Jean Thcrouldc, maître tailleur d'images; elles furent peintes par Jacques Fcschal. Ce jubé fut endommagé par les protestants en 1 5 60, mais ne paraît pas avoir été démoli. Il était surmonte d'un crucifix. Au crucifix de Thcrouldc, on vit succéder, en i563,
celui de Jean Bourdon, et, en 1625, celui de Michel Lourdcl.
Par le soin que les paroissiens de Saint-I-aurent prennent, à la fetc de leur patron, de faire housser le pupitre de leur église, on peut juger de l'admiration qu'ils avaient pour ce magnifique édifice. Il en est question dans presque tous les comptes du xvi c siècle et du commencement du xvir» (0-
Il fut sacrifié à un goût nouveau en 1677. Le choeur fut alors mis à jour, et, pour voir plus clair dans l'église, on remplaça sans hésiter les vitraux de couleur par des vitres blanches décorées de quelques armoiries.
La Fabrique de Saint-Godard, qui avait pris, en certains points, modèle sur la cathédrale pour la disposition
(!) Voir Saint-Laurent, église paroissiale de Rouen, de M. E. De la ($uérière, et les comptes de la Fabrique. — A Saint-Denis de Rouen, le jubé avait été démoli dès 1664. — «Du 14 sept. 1664. MM. les cures et thesauriers d; Siint-Denis estant assemblez en estât de commun, il a esté arresté que le cœur de l'église sera ouvert par le mylieu et les carolles rabaissez jusque à haulteur d'apuy; que l'ymagc de N. D. de Pitté sera placée ailleurs, et qu'il sera posé une pièce de bois du travers dudit cœur pour suporter le pied de la croix du cruycifis et l'arcade, et les y mages de la Vierge et de Siint-Jcan seront retirez. » Dans les églises monastiques, vers le même temps, la mode s'établit de dégager U chœur. Délibérations de l'abbaye de Fécamp, 1679: « Le R. P. D. Bcnoist Coquelin, prieur de ce monastère, ayant assemblé les semeurs, leur a représenté que la balustrade de pierre qui fait la closiure du chœur vers le grand autel estant in.ommoJe, parce qu'elle empesche la veue dudit autel, et laisse trop peu d'espace pour la place du peuple entre le chœur et l'autel dans les grandes festes, qu'il seruit à propos de le diviser en 2 portions égales, et en poser une du costé droit, et l'autre au costé gauche dudit autel, au lieu des 3 murailles qui en font la clostur?, ce qui donneront encore au peuple la commodité d'entendre la messe, se pl tçant dans le tour des chapelles. • Adopté.
de son jubé, lui emprunta, en i633, pour ta construction du maître-autel, le sculpteur Jean Racine, qui s'était signalé, quelques années auparavant, par la construction de la contrctable de la chapelle de la Sainte-Vierge, où se trouve encadré le tableau de Philippe de Champagne(i).
Bien qu'il soit écrit d'une manière fort incorrecte, le devis de cet artiste me paraît une pièce intéressante pour l'histoire des arts dans notre ville.
« Devis et marché de ce qui convient faire en la parroisse de Sainct Godart de Rouen.
» Premièrement :
» Il convient faire ung contrautel de grandeur et proportion comme la place le requiert. La largeur du con* trautcl aura ipour ira) jusques aux vitres des deux costez. celle du milieu estant bouchée, s.ms conter les ailles qui rempliront la place du cœur suivant le grand desseing arrestepar les sieurs Cure et Trésoriers, lesd. aisles aboutissant aux carollcs. La hauheur du contraustcl, estant
(i) Voici ce que nous trouvons sur l'ancienne contretable de Saint-Godard, postérieurement a la dévastation de i56o : i5^oii>qi, <>ri acheté du Trésor de Saint-Laurent deux pilier» que l'on met au chœur; un menuisier fait des piédestaux aux piliers, housse ta table de l'juiel, f »it deux aniies que l\.n place sur ce* piliers; piliers et an^es dorés ainsi que la crosse où est le Corpus Domini. {Arch. de la Sei ne-Inférieure, G. >"<oiH.) — 1618, encastrement (encadrement \, par le menuisier Roussel, du maître- •utel ; icarrisseure de bois dos piliers du maître-autel ; on rafraîchit la peinture du f..n 1 du p islc de dessus le maître-autel, ainsi que le» rideaux. — 1Ô2 1 , on paye a Guillaume Abraham, peintresculpteur, la somme d- 4^ l. p« ur ivo:r peint le tabernacle. — 16a 7, mention d'un ciel de damas blanc, à riches parements, servant au poislc du maître-autel. — lojq, on paye à Lappide Micct. peintre, 2 3 1. p*>ur la façon d • deux tableaux où sont représentés deux anges posés sur le maître-autel (,<». ô'"ji<,), et à Guillaume Michel, peintre, 100 s. pour avoir rafra'ehi ln ontretabL.
posée sur la première marche où pose le ballustre à communier, aura de haulteur vingt-ct-un pieds, sans compter la figure qui sera posée où est desseigné le vase; et les aisles qui accompaignent l'austel auront dix pieds, affin de conserver les jours; et la largeur desdites ailles auront neuf pieds, prenant tout le cœur, le tout posant sur la première marche. Et toute la pierre qu'il conviendra pour ledit ouvrage sera gresfan du Vau-des-Leux. II sera fait audit ouvrage deux collonnes de marbre noir, qui auront de haulteur sept piedz. et leur grosseur à proportion, sans conter basse ny chapiteaux, et seront posez en la place où est desseigné des collomnes forcées, et, en la place où est desseigné des pillastres cannelées, il sera fait deux pillastres de marbre jaspé, de mesme haulteur que les collomnes; et le cadre à costé de la colonne sera aussy de marbre jaspé pour enclorre la colonne; et ledit quadre aura de haulteur huict piedz; la largeur sera de cinq piedz six poulces a la forme comme le desseing; et le nombre des pièces de marbre, tant jaspées que noires, seront au nombre de vingt, comme il est audit desseing; et les deux figures qui sont dessus les deux piedz d'estaux, à costé des colomnes. auront de hault quatre piedz six poulces. M sera fait aussy un Christ jeune, tenant sa croix, à la place où il y a un vase desseigné au tiniement, qui aura de hault trois piedz six poulces. Aussy il sera fait dedans une grande cartouche, qui est au dessus du cadre, un Dieu le Père, de grandeur et proportion comme la place le requiert, et toutes les figures d'enfans et vases qui despendent tant du contre-autel que des ailles seront de terre à potier, bien cuittes et faictes de blanc de marbre calciné et polies comme marbre blanc, et les ailles qui accompagnent ledit austel estant composées de quatre cnfTans et de quatre pillastres avec testes d'anges. Il sera faict une porte au milieu pour entrer en la sacristie, et, à Topposite, la mesme chose pour avoir cimétrie, et le tout comme le desseing. Aussy il sera fait au parterre trois marches : la
première sera de la largeur du chœur, comme le plan du ballustre, qui aura six poulces d'espaisseur; la seconde, de la grandeur du contre-autel, mesme espaisseur de six poulces; la troisième, la largeur de l'austel, espaisse de cinq poulces. Il sera fait aussi ung ballustre à haulteur d'appuy pour communier, et l'ouverture sera au millieu, dont il sera fait deux manteaux pour ouvrir ledit ballustre, qui seront de bois de chesne et blanchis comme la pierre des ballustres, qui seront posés dessus la première marche taisant le parterre, la première marche avançant d'un pied dans le chœur pour l'agenouillement à la sainte communion. Ledit ballustre prendra la largeur du chœur comme le plan par moy présenté et paraphé, comme les autres desseings, de Monsieur le Curé et MM. les Trésoriers. Kt leUit ballustre sera scellé de six ballustres à six ballustres, et le dedans du parterre sera pavé de pierre de Caen. tant noir que blanc, le tout avec fondement à baigne mortier, comme l'ouvrage le requiert. Il sera fait aussy un tabernacle, compose sçavoir : le principal corps sera de marbre noir, et ledit tabernacle aura de largeur >ix pied/; la haulteur sera de quatre; et le plan comme le desseing; et le nombre des collomnes seront de huLt estant de marbre jaspé ; les chappitcaux et basses seront d'albastre; les ornements qui seront a la grande marche seront de bronze doré; et les linges cl palmes qui sont aux piedz d'estaux seront aussy de mesme dorure — ; et l'huisset, qui ferme le tabernacle, sera aussy de bronze doré, avec une serrure p^ur fermer a la clef; et les balbuties qui sont au tabernacle seront aussy de bronze, comme l.t croix, qui fait finiment, sera aussy de bronze doré, comme ce qui en despent; et les figures et enflant qui dépendent du tabernacle avec testes de chérubin seront d'albastre : et les cadres qui sont aux ailles du tabernacle seront de marbre jaspé: et les coupelc* qui sont à coste des aiiu seront de marbre blanc; et l'.ippuv de> ballustres ser.i .'e marbre blanc; et la j Lintc, de marbre noir; et le dome
du tabernacle finissant sera de marbre blanc, fait par escailles. Il sera fait aussv, au dedans du tabernacle, une caisse de bois de chesne proportionnée et adjustce pour empescher l'humidité; et moi dict Racyne, entrepreneur, ne seray subject aux tableaux qui despendent de ladicte ouvrage; et le tout, sous bonne et deube Visitation. Et moy dict Racine, entrepreneur, promect la rendre preste et parfaicte d'aujourd'huy en 18 moys, moyennant le prix de 3,i 10 1. 1., que MM. les Trésoriers me payeront sçavoir : un tiers au commencement, l'autre tiers 1 5 jours après Pasques. et le reste, lorsque l'ouvrage sera en toute perfection en place. Fait ce 18* d'avril 1 655. Signé : J. Racyne, un paraphe — payé à Racyne i.ooo 1.
■ 4 Juin 1657. — Devis et marche des augmentations faite en la contretable par le s' Racyne.
t Premièrement il convient faire deux anges de terre de potier, bien cuite et de blanc de marbre calciné, comme les autres figures. 11 sera fait aussy deux piedz d estai avec un cul-de-lampe pour poser les anges à costé de la colonne, et proportionnés suivant la place. Il sera fait aussi six pièces de marbre au pied d'cstal du contrautel ; plus il i aura 12 pièces de marbre à chaque costé des ailes, qui diroit 24; il convient faire à la frise des ailes à chaque costé 4 morceaux de sculture, qui disent huit. Plus ledit Racyne sera obligé à reboucher la vitre par le dedans de l'église, comme aussi de faire le derrière du contrautel de couleur de pierre S»-Leu, moiennant le prix et somme de 4 5o 1. Fait le 4* jour de juin i65;.
• Depuis marché a esté fait avec ledit Racine pour transporter les images de S« Romain et de S» GoJart, au coin des ailes de l'autel, et en leur place mettre des corbeilles de fleurs, etc.. par le prix de ;5 livres.
» Plus il a esté accordé audit Racine pour augmentations faites en la contretable suivant son mémoire 40 1. (1). »
(1) I.VtaWiftsement de cette contretnble anu-ru la Jestruction
Cette contretablc dura jusqu'à la Révolution.
Le 6 février 1789, M. Pottier, menuisier, fit marché avec la Fabrique St-Godard, pour la construction d'une nouvelle contretable, moyennant une sommede 1 2,6ool.( 1 ).
Ce travail fut exécute. Le 7 juillet 1791, il lui était encore dû sur le prix convenu une somme de 4,600 1. dont il réclamait le paiement.
des anciennes verrière» qui furent trouvées trop obscures. Elles furent remplacées par des vitres blanches. On se contenta d'y hisser les armoiries, armoiries des maisons d'Amboisc et d'Harcourt. Voir l'Histoire de Rouen de Farin.
(0 M. Pottier, maître menuisier à Rouen, cour St- Aman d, avait été chargé de travaux assez importants. Cétait lui qui, en 1 770, avait fait, pour l'église de St-Herbland, les chaires du choeur, moyennant la somme de a,6i6 livres.
NOTICE
SUR