‹ Dernier recueil de notes historiques et archéologiques concernant le Département de la SeineInférieure et plus spécialement la ville de RouenChapitre 9 sur 19 · SUR SALOMON DE CAUX · texte numérisé non relu

SUR SALOMON DE CAUX

Les documents suivants pourront être de quelque utilité pour établir la biographie de Salomon de Caus, et c'est dans cet espoir que je les communique a la Commission des Antiquités.

11 y a tout lieu de supposer que le Salomon de dus, cité dans le premier de ces deux documents, n'est autre que le célèbre auteur de la Raison des forces mouvantes.

Ktait-il de Dieppe* H y a bien des raisons pour le supposer. Il y avait été propriétaire d'une maison qu'il avait vendue à un nommé B nicher, t. Son frère, ïsaac, était bourgeois de cette ville, et l'on y rencontre, pendant tout le cours du xvir siècle, des personnes du même nom, appartenant, comme lui. a la religion protestante.

Mais, dans une lettre adressée un éehevin de Rouen. al >rs que cet ingénieur se mettait sur les ran^s pour l'entreprise du pont de notre ville, il était aussi fonde à se donner « comme étant du pays », parce que son frère Pierre habitait, à Rouen, la paroisse Saint-Vincent. Celuici y occupait, en Un i, une position importante, en qualité d'industriel. On peut même le considérer, par suite de son traité avec l'anglais Guillaume Lee, comme l'introducteur de la manufacture des bas de soie et de laine sur le métier, qui prit bientôt, à Rouen, un très grand développement, et fut une des branches les plus importantes de l'industrie rouennaise. Un an et du Conseil, du 21 décembre i6>/>, ordonna que les faiseurs de bas au métier

formeraient, à Rouen, une communauté particulière. Dans l'espace de quelques mois, après cette ordonnance, on ne compta pas moins de quarante-sept fabricants qui vinrent au ba ; lliage faire enregistrer leurs lettres de maîtrise (r I-

« Du mardy apprès midy, deuxième juillet i6i i.

» Fut présent honorahle homme Isaac de Caux. de In vil e de Dieppe (2), estant de présent en ceste ville de Rouen. lequel, pour la bonne amitié qu'il a dict avoir et porter au sieur Pierre de Caux, son frère, bourgeois demeurant à Rouen, paroisse Saint-Vincent, de son bon pré, confessa avoir donné, et par ces présentes donne, par donnacion, pure et simple, finallc et irrévocable, au dict sieur Pierre De Caux, à ce présent et acceptant, c'est assavoir tout et tel droit de clameur qu'il peult et pourroit demander, prétendre et réclamer, a droict de sang, de lignage, en un tènement de maison-, fonds de terre et héritage, assis en la parr. de S.-Jacques de Dieppe, rue Je Hauli. par cy-devant vendue par Salomon de Caux, livic Jesd. sieurs de Caux, a honorable homme Jhérémic Boueheret. bourgeois de Dieppe, pour, par le dict sieur M r Pierre de Caux, avoir, etc.

Signé : De Caux.

» 1 o février 1 G 1 1 .

• Nous, Pierre de Caux, bourgeois de Rouen, tant en

(1) Arch. du Palais de Justice de Rouen. Registr es des maîtrises. — A cette époque, on faisait au métier des bas de ni et de coton, aussi bien que vies bas de soie et de laine.

(2) Je ne saurais dire ce qu'il était à Guillaume Dccaus, marchan \, demeurant à Dieppe, bourgeois pour moitié du navire /' Antique, du port de 5o tonneaux, devant le. quai de Crc i^ct, 20 déc. 1 5S 1 lactc signé Guill. Decausï ; — à GuiU De Caux, bourgeois de Dieppe, dont Kené Bouchard, sieur du Mesndlet. minMre, ceilit.iil la profession protestante, 1 7 avril 1602; — j Jacques De ('.aux, bourbe, is, marchand, demeurant à Dieppe, mentionné /ans un contrat du tabellionnage de Koucn , a la date du 14 sept. 10.17 ; — a Jacques De Caulx, l'aîné, marchanJ à Dieppe, mentionné dans un autre acte du n août 164S.

mon nom que me faisant fort pour nobles hommes Nicol- Lis de Format, sieur des Carreaux, et Jacques Le Tartier, sieur de Pouilly, demeurans a Pari*, et ausquels je promet/ taire avoir les présentes pour agréables et icelles faire ratifier dedens deux mois de ce jourd'hui, et Guill. Lee, gentilhomme anglois, dj présent résidant en ceste ville de Uouen, congnoissons et confessons avoir contracté la société pour la manefacture des bas de soye et laync sur le mcstier, à présent introduite en ce royaume, par les loix. paetions et conventions qui ensuivent : c'est assavoir que moy dict Lee, auetheur et maistre conduisant lad. manefacture, screy tenu fournir six ouvriers anglois, capables de travailler aud. menœuvre, dont les partycs sont d'accord, assavoir : Jehan Oranger et Jehan Stede, pour i ans; Hellie Yonc pour 4 ans; François Fulgcauc, André Kaynel, et Georges Ouyc pour 5 ans, à commencer le dit temps et travail de manefacture du jour et leste de t'Anontiation N.-D. dernière ifuo.

- Screy tenu tournir 4 mestiers bien conditionnés et prests à travailler, outre les autres 4 par moy livrés suivant le premier traie té taict avec ledit de Caux, ce qui a esté par moy livré, qui font en tout le nombre de S mestiers.

» Me submetz et oblige d'apprendre ou faire instruire autant et si grand nombre d'apprentiz que le nombre de mestiers qui seront laicts, et non davantage, et auxquels je screy tenu apprendre, non scullemcnt ladicte manet'jcture, mais aussy de m mter et dc>;n Miter lesdicts mestiers.

1 Sera y pareillement tenu instruire et faire apprendre ung ou plusieurs serruriers au secret de faire les mestiers et engins pour lad. manefacture, sans aucune chose celer ny retenir.

» Lt, de la part de nous dit de Caux, et au nom desdits sieurs Formai et Le Tartier. comme dict est, associe/ par obligation in sollido et sans division, promettons paier

audict Lee, tant pour la rescora pense du travail de ses ouvriers, qu'il cedde au bénéfice de la compaignie, que pour les 4 derniers mestiers, par luy fournis cy-dessus, la somme de 2,5oo 1., assavoir 700 1. comptant, 600 1. au jour de l'Annonciation prochaine, et le reste de 3 en 3 mois esgallement, avec la somme de 100 1. par chacun an pour Jehan Granger et Jehan Stede, deux des ouvriers travaillant à lad. manefacture, 5o 1. à chacun, et, au deffault desd. Granger et Stede, à tels autres des meilleurs ouvriers qui seront nommez par led. Lee.

» Nous submettons, en pareille obligation d'insollidité, fournir le nombre de 32 mestiers, outre les huict cy-*iessus, avec toute l'expédition qui sera possible, ou advancer, garnir et mettre ès mains dudit Lee, de mois en mois, les sommes de deniers qui seront requis pour la fabrique des dicts mestiers et engins, sy mieulx n'ayment lesdicts associés les faire lairc eux-mcsmes, et dont ils seront tenus de faire les advances, tant pour leurs paru que pour ledit Lee, dont ils se remplaceront sur le protîict de ladicte manefacture, lorsque ladicte société faillira, et non plus tost; et, en cas qu'icclle se rompît avant le temps du previllege, lesd. mestiers seront partagés entre culx et led. Lee, qui, en ce cas, sera tenu en paier sa part; fournir et advancer, par nous d. de Caux et associes, tout ce qui sera nécessaire pour l'entretien de ceste association et manœuvre, tant pour la nourriture des ouvriers, qui sera advancée de mois en mois, payement des gaiges et loyers d'iccux, louages des maisons, que soyc, layne et autres mathériaux et autres choses générallcment quelconques pour l'entrctenement de ladicte manelacture, sy à temps qu elle ne pui.v»c chômer, ny estre sans travail, duquel advancement ledit Lee est exempt, par ce néanmoins qu'il y contribuera à la proportion de son chet, lorsque les partyes viendront en compte du général.

» Se lera par chacune sepmaine pappicr et mémoire de ce qui aura esté paié pour les choses cy-dessus, et, de trois

mois en trois mois, sera compte arrestc de tout ce qui se

sera passe et advancé, man<euvré. vendu et distribué, pour le protîiet et revenu estre e^illement partagé en 5 ou f» parties, dont l'une sera pour led. Lee, et les autres 4 ou 5 paitics pour les autres associez, par ce toutesfois que led. I.ee aura part ese,allc que chacun de nous dits associez.

• Convenu qu'au cas de de toute et ne fournir par nous les choses cy dessus, et que a ce moien led. ouvrage vînt à choumer, qui commencera le lendemain de l'Anonciation Notre-Dame pn chaire, serons tenu/ paier, au bénéfice dudict Lee seul, la somme de soixante et quinze livres par c hacune sepmaine de detlaut pour l'inth érest particulier dud. Lee, et. le temps de trois mois passé du jour dud. dcîlault. assignation ou sommation préalablement faite aud. de Caux ou quelques autres de ses associez, seront led. Lee et ses apprentifs libres de partir de ce p;»ys, sans estre tenus rendre ny restituer aucuns deniers de ce qu'ils auront receu des sommes cy-dessus ny à contribuer à la despence de luy et de ses apprentifs, le tout demeurant en pure perte pour nous dits de Caux et associez.

• I ^i dicte association est pour le temps et espace de i(> ans à commencer dud. jour de l'Anonciation prochaine, parce qu'il a este par nous accordé que tout ce qui s'est taict auparavant ledict jour de l'Anonciation prochaine, demeurera a notre seulle et pure perte ou protîiet, sans que Ld. Lee y soit le nu contribuer en aucune fas^on et manu ie que ce m ut; et, sy led. Lee venoit à d.-eéder auparaxant led. temps de (•» ans accomplis, la mesme association sera continuée avec la femme vcufve, héritiers, ou autres au benelice desqueSz par testament ou contract led. Lee en aura disposé, qui auront et percepveront tel et pareil protici et esmollument que feroit led. Lee.

» Sy toutte fois il >e trouvoit qu'il y eust perte notable a la conduicte et continuation de lad. association, ou il

n'y eust proffict pour le moins jusques à 10 pour 100, il seroit à la faculté de chacun desd. associez s'en retirer, ce qui ne sera que du jour de la déclaration qui en aura es;é deûment faicte et signitTiée apprcz lcsd. comptes arrcste/ et renduz; et demeurera led. Lee entier de pouvoir faire lad. manefacture pour son particulier ou se retirer, sy faire le veult, et enlever ses apprentifs. Et, d'aultant que le privilège obtenu du Roy, sous le nom dud. sieur des Carreaux, pour le temps de vingt ans, porte que les associez en lad. manefacture et ouvriers travaillante en icelie jouiront des privilèges concédez aux Françoiz, nous dits de Caux et associez serons tenus, dans 0 mois de ce jour d huy, faire jouir led. Lee desd. previlèges et luy faire délivrer lettres de naturalité pour luy et sa famille, vérifie/ où besoing sera, sans aucuns frais ou despence quelconque de sa part.

» Demeure led. Lee réservé à demander les inthérestz de ce qu'il auroit choumé depuis led. jour de l'Anonciation 1610 jusques à maintenant, lors du premier compte qui sera entre nous arresté. »

Reconnu devant les Tabellions de Rouen.

Signé : De Caux, Lee.

Je suis porté à penser que le Pierre de Caux, qui figure dans ce contrat dassociation, est le même qu'on retrouve, dans un autrecontrat du i3 août 1 <*>2 7, qualifié bourgeois, marchand de draps de soie, demeurant en la paroisse de N.-D. de la Ronde, ayant épousé honnête femme Anne Deslandes, veuve de feu h. h. Jacques de Rauquemare, au-si marchand de soie, demeurant à Rouen ^ii.

(1) Tabellion nage de Rouen.

NOTE

SUR UN MAKCHL DK PEIN'TURK

La baronnic d'F.couis devint la propriété du duc de Retz par suite du mariage de ce seigneur avec Catherine de Ciermont, veuve de l'air.iral d'Annchault. Kn 1611, elle appartenait à leur fils Ph.-Kmmanucl de (iondi. qui, pour attester les droits honorifique-; auxquels il pouvait prétendre en l'église collégiale d'Hcouis, concurremment avec les seigneurs de Koncherolles, y tit mettre, cette annee-hï, une litre seigneuriale. Mais, par un sentiment de piété filiale, il voulut taire figuier sur cette litre, non son propre écusxon, ainsi que c'était l'usage, mais ceux de son pere et de sa mère. L'exécution de cette peinture, assez minutieusement décrite dans le contrat qui suit, fut confiée a un artiste de Rouen, Isaac Allain (i).

(i) On trouve plusieurs peintres de ce nom à Rouen nu xvii' s:eclc. Pasquet Allain, maître peintre à Rouen, 2 'S février i<><i [lab. de Rouenl.Has.quet Allain, maître peintre sculpteur a R> uen, tait marelle a\ec les trésoriers de la lubrique île àaint- Ll< 1 « p«»ur pe.ndie, Naiiëhir à Manc de c lie forte avec tilet ro-^e, t.u*,n vie pierre .e mille, u gr.mdes voûte:» du Jiaur cl delà nut, iuci - ci telle' il us les animes îles o aubes d..'g- n.iles, U,- \ en;;a:it ni lui \. aile; p. ur \ e i ,di e les \ . a'iles Je pielte ue» deux eûtes de 11 nef et tout le reste vie l'exli e, et \cnat le:, images, liicye nn.uil si\-\tngls pviea ; p< ur peu, die L' M>uK>semei.t des j ilicrs, le benesi.er et le } -lier c'e la f orte, l-v 11 J.isiH:, lô.is. » [C* tnpte de buuit-KK ; . Mention ..e Samuel Al.a;n, peintre u Rouen, 1017-1018 ^Compte de Saint-Nicaisc) ; — do

Rappelons, en passant, que ce fut à Ph. -Emmanuel de Gondi que saint Vincent de Paul dut sa nomination a une chanoinie de la collégiale d'Écouis (1).

« Du mardy après midy xxur jour d'aoust 1611.

» Fut présent Isaac Allain,paintre sculpteur, demeurant en ceste ville de Rouen, par. Saint-Pierre-l'Honoré. lequel, de son bon gré, a promis, promet, s'est submis et obligé envers hault et puissant seigneur messire Philippe-Emmanuel de Gondy, conte de Joigny et de la Rochcpot, damoisel de Commercy, Concervain, de Euville, baron du Plessis et Escouis, cappitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roy, conseiller en ses Conseils privé et d'Estat, lieutenant général pour S. M. en ses mers de Levant et Ponant, et général des gallèrcs Je France, stipulé par noble homme Jehan Roulland, sieur de la Mothe, receveur et procureur général dudit seigneur, de faire et parfaire une ceinture de noir, huillée par dessus ù l'entour, tant de dedans que de dehors de l'e>glise collégial N.-D. d'Escouis, et de la haulteur d'un pied ou plus, selon que le lieu le pourra bien porter, dedans laquelle ceinture il sera tenu mettre et apposer et peindre, sur la muraille de lad. esglise, les armes de feu Mgr de Retz, vivant duc, pair et marcschal de France, lesquelles auront le champ d'or fin avec deux masses de sable couronnées de couronne ducalle, les deux ordres de S. M., aussi d'or fin, le manteau ducal, du mesme champ desd. armes par dehors, avecq quelque masse de sable ; le dedans duquel manteau sera de blanc argent, parsemé d'armines de sable, avecq une ancre à quatre poincies au dessoubz desd. armes et ordre, et,acosté, deux sauvages, soubztenant d'une main le>d. armes; et, de l'autre, tiendront une

Pierre Allain, maître peintre à Rouen, chargé, en 1054, de netloyer le tablea 1 de la contreiable de Saint-Gcrvais (Compte de Saint-Gervais).

(1) Ciiarpillon, Dictionnaire des communes de l'Eure,

masse; et pareillement s'est submis ledit Allain mettre, dans, lad. ceinture, les armes de feue madame la duchesse de Ketz, femme du dit sieur duc, mère dud. sieur général des g.illcres, dans lesquelles seiont, du costé droict, les a mes du dit sieur son mary, et. de l'autre coslé, celles de la dite dame, qui seront de champ de gueullcs avecq deux cLiz d'argent, et une couronne d'or pardessus entre eulx, et peindra le champ d'argent et les hermines de sable sans nombre, et le tout rendre, prest et bien et deûment faict, au dire de gens à ce congnoissants, dans le dernier jour du présent mois d'aou>t. et ce moiennant qu'il aura, pour ch acun escuchon, à. r.iison de 3; sols six deniers t. le pied, y compnns toute lad. ceinture, dont led. Allain ne pourra rien prétendre, sur lequel prix a e>té paie et ad\ ancë audit Allain la somme Je soixante livres par les mains dud. koullant. audit nom de Mgr; ci pour le restant dud. marche, sera paie audit Allain, a mesure et à propoition que l'ouvrage s'en leia, cl au pied le pied, cl outre moiennant soixante solz au vin du présent marché aussi p. né audit Allain. •

Parmi les témoins, h. h. Phillebcrt Brigandet, sieur de Joigny, écuyer à la suite du Roi.

NOTE

SUR

LA CONSTRUCTION DU PONT DE ROUEN AU XVII< StfcCLK

L'ancien pont de pierre de la reine Mathildc était étroit; les piliers massifs sur lesquels il s'appuyait encombraient le Meuve dont le lit avait été â dessein élargi, afin de faciliter l'écoulement des eaux. Ses arches basses opposaient un obstacle insurmontable au passage des navires qui venaient de la mer, et assuraient a notre ville le privilège de la navigation maritime. Ajoutons qu'un château-fort, bati à son extrémité, indiquait aux passagersque, si on leaccueillait volontiers, on voulait avoir le choix des heures et des jours pour le passage, et prendre contre eux, à l'occasion, les précautions que pourrait réclamer la sécurité de la place.

Ce pont étant tombé en ruine, on songea à le réparer, et on y perdit sa peine. Il fallut se résoudre à en faire un nouveau. On eût désiré un pont de pierre : la dépense effraya, et plus de deux siècles devaient s'écouler avant que le pont de la reine Mathilde pût être remplacé autrement que par un pont de bateaux, bien des fois modifie, et sujet à de grandes réparations et même à de terribles avaries d.ins le temps des glaces. On l'admirait, à cause du mécanisme ingénieux imaginé par l'architecte; de même que. dans les derniers temps, on admirait, p mr son clfet pittoresque et pour son étonnante légèreté, le pont suspendu,

malheureusement trop peu large et trop peu solide pour permettre la libre circulation des voitures.

Mais, dans ces derniers temps, après qu'on se fut décide A la construction d'un nouveau pont, en rapport avec les besoins, quelques mois ont suffi a nos ingénieurs pour l'exécuter; et présentement, sur le lit du fleuve notablement resserré, s'élève un pont à trois vastes arches, d'une largeur qui équivaut a celle de nos voies les plus larges, et qui établit entre les deux rives une communication débarrassée de toute entrave.

Oans deux communications que j'ai eu l'honneur de faire, en 1K70, au Comité des travaux historiques, j'ai fait connaître quelques documents relatifs a des projets proposes pour la construction du pont de Rouen, de i6i«S à t«o3, et, à cette occasion, j'ai pu donner quelques renseignements nouveaux sur Salomon de Caus.

Ce que j'ai à dire aujourd'hui se rattache encore au pont de Rouen, et pourra fournir des indications utiles sur des artistes non moins célèbres. L'adjudication du pont de pierre avait été laite a Pierre Loysel et à ses associés en i&zb. Parmi ces derniers étaient Jean Androuet du Cerceau, architecte du Roi; Charles de Ry, Jean Le Clerc, Christophe Gamard, et André Brunct, maçons de Paris. C'est ce qui explique le séjour que firent à Rouen, en 162Ô, Charles de Ry; en 1627, Androuet du Cerceau.

• Le 3 août 162^, Charles de Ry, architecte des bâtiments de madame la duchesse douairière de Longuevillc, demeurant en la ville de Paris, au Marais du Temple, rue de Poitou, paroisse Saint-Nicolas -dcs-Champs , donne procuration a noble homme Jean Androuet du Cerceau, architecte des bâtiments du Roi, pour comparoir par devant nos seigneurs, superintendants, intendants et contrôleurs desdits bâtiments et aller procéder au toisé de l'ouvrage que ledit constituant et ses associés avaient fait de neuf pour S. M. en son chiteau du Louvre. •

c Le 25 mars 1627, Androuet du Cerceau, architecte ordinaire des bâtiments du Roi, de présent à Rouen, donne, à son tour, procuration a Charles de Ry, architecte des bâtiments du Roi, pour recevoir de M. d'Argouges, trésorier ordinaire de la maison de la Reine, les deniers dont il avait été assigné par M. le cardinal de Richelieu, trésorier de la dite Reine. » Signé : Androuet ducerceau.

Il semble qu'il y ait eu quelque désaccord entre les associés, puisque, le 26 septembre 1626, Pierre Loysel, sieur des Périères, entrepreneur du pont de Rouen, demeurant au château du bout du pont, donnait procuration a Jean Le Clerc, l'un de ses associés, pour sommer Jean Androuet du Cerceau, architecte du Roi, Ch. de Ry, Christophe (ïamard et André Brunei, maçons «à Paris, >e> autres associes, de satisfaire à ce dont ils étaient tenus a raison de la dite association.

Les travaux pour le pont de pierre avaient été commencés; et, en vue de se procurer les matériaux nécessaires. Pierre Loysel, sieur des Périères, entrepreneur du p >nt de Rouen, Christophe Ciamard, Charles de Ry et André Brunei, maîtres maçons, demeurant en la ville Je Paris ass >ciés du s f Loysel en lad. entreprise, ratifient la location faite, le 2 oct. if>2<"> (il n'est plus question de du Cerceau), pour six ans. de Louis de Tilly, chevalier de l'ordre, châtelain de Blarru, par leurs autres associés. Jean Le Clerc et Adrien Petit, d'une carrière près du pont de Tilly et de cinq perches de superficie de roc, moyennant 140 1. par an 124 oet. lo-t',).

En 102S, une pile du nouveau pont était faite ou du moins commencée; mais déjr on avait presque désespère de voir ce travail achevé. Ausm avait-il été fait adjudication pour la construction d'un p nu de bateaux provisoire Lovscl lut encore un des adjudicataires, sans renoncer a felL-t de la premtcie adjudication; et ce lut pour sauvegarder ses droits à l'entreprUe qu'il ne voulait pas aban-

donner, et au paiement de ses avances, qu'il fit rédiger le contrat suivant :

• Du dimenche après midi, pénultième jour de juillet i('n8.

» Fut présent Pierre Loysel, sieur des Pcrièrcs, entrepreneur et adjudicataire général des ouvrages du pont de pierre de cestc ville de Rouen, lequel a dit et déclaré qu'encorcs que dés le troisième jour de mars 162 3, bail et adjudication luy aye esté ta : cte, par MM. les Commissaires députés par le Roy pour ordonner de la construction d'un pont de pierre sur le travers de la rivière de Saine de ceste \ille de Rouen, des ouvrages dud. pont de pierre, et que ledit Loysel et ses associes avent desja commencé et faict de grandes advanecs pour fonder la première pille suyvant qu'il est porté par la dicte adjudication; néanmoins, lesd. sieurs Commissaires, voyansque la construction dudit pont de pierre pourroit tirer à longueur à cause de la grandeur de l'entreprinse, qui ne pouvoit estre si tost exécutée, ils en auroient prins résollution que, en attendant la perfection dudit pont de pierre, il seroit faict, pour la commodité publique, ung pont de batteaux sur le travers de lad. rivière de Saine, et à cestc fin faict mettre affiches à dire que on cust ù leur présenter et mectre au greffe de leur Commission des desseins, devis et modelles pour faire lcd. pont de bateaux, suivant lesquelles publications et atlîehe> Christotîe Gamard, juré du Roy des œuvres de massonnerie à Paris, Jean Le Clerc et Adrien Petit auroient, chacun particulièrement, mis audit greffe des desseins, devis et modelles pour faire ledit pont de batteaux, sur lesquelz, apprés plusieurs rabais par eux faicts, par devant lesd. skurs Commissaires de l'ouvrage dudit pont de batteaux, adjudication en aurroit esté faicte audict Le Clerc, moyennant la somme de 100,000 1., le xxix* juing dernier; et, d'aultant que lad. adjudication du pont de batteaux pourroit apporter quelque incommodité au bail et adjudication faicte audit Loyscl dudit pont de

pierre, s'il n'estoit présent audit ouvrage dudit pont de bitteaux, tant pour empescher qu'il ne soit placé en lieu où il puisse incommoder la situation duJit pont de pierre, que pour conserver les matériaux par luy et ses as^oces amassés pour la construction dudit pont de pierre, iï a esté contraint de requérir ledit Le Clerc, de l'associer en lad. adjudication du pont de bateaux, ce que ledit Le Clerc auroit fait par acte et délibération, ce jour d'huy par luy faicte au greffe des dits sieurs Commissaires, par lequel icelluy Le Clerc auroit déclaré que lad. adjudication à luy faicte dud.pont de bateaux par lesd. sieurs Commissaires, led. xxix ç juin:; dernier, estoit aussy pour et au no n et protfit dudit Loysel, lequel il auroit associé avec luy et ledit Gamart, laquelle déclaration icelluy Loysel auroit acceptée et promis satisfaire à lad. adjudication, clauses cl conditions y contenues, avec protestation que lad. a indication dud. pont de batteaux et acceptation par luv :u::e île hdite association en icelle ne luy jouisse nuire ny préjudicier à lad. adjudication des ouvrages dud. pont de pierre et aussy au\ grandes avances qu'il a déjà lattes p ur icellui pont de pierre qu'il entend exécuter. C'est p-urquoy icelluy Loysel, en tant que besoin.; est ou scroit. et en continuant lad. protestation, a derechef dict, déclaré et protesté, dict, déclare et proteste que lad. adjudication faicte audit Le Clerc par les sieurs Commissaires dud. pont de bateaux et acceptation qu'il a laictc de l'association en icelle ne luy puisse en aucune fasson que ce soit nuire ny prejudicier ny à ses associés en lad. entreprise dud. pont de pierre, laquelle il entend exécuter suvvant et c >nformément au bail et adjudication à luy faicte, ny aussv prejudicier aux ad\anccj qu'il a faictes pour la construction de la pierniere pi 'de dudit pont de pierre, pour en demander le rembi >urscmcnt suivant les clauses de son bail après 1 îd. première pille faicte, déclarant que l'acceptation qu'il a taicte de la dicte association en ladicte entreprise du pont de batteaux, n'a esté par luy faicte que

suivant le désir dcsd. sieurs Commissaires et pour n'empescher la commodité publique, que pour estre prosent aud. ouvrage pour la conservation des mathercaux estans sur les lieux, appartenans à la socictté de lad. entreprinse du pont de pierre, en attendant l'entreprinse et continuation d'icclle. mesme qu'il ne se list rien a leur préjudice pendant la construction dudit pont de batteaux, tant en la situation d'icelluy, que autres choses qui pourroient empescher la construction dud. pont de pierre, desquelles déclarations et protestations led. Loysel nous a requis acte, pour luy valloir et servir qu'il appartiendra. Kn tesm >ing, etc., Présents Pierre Pezet et Adrien Poullart, demeurants à Rouen.

» Signé :

« Loysel, Poullart, Pezet, Ferment, Helyc. »

Ce pont de bateaux fut achevé. Le 23 septembre i<">2>\ Jean Le Clerc, adjudicataire des ouvrages du pont de bateaux, reconnaissait avoir reçu de Vincent Asselin. cidevant receveur des deniers communs de la ville de Rouen, la somme de 10,000 1. t. pour ce travail.

NOTICE

sl'k l'ancienne église saint-louis

Nous n'en sommes plus à croire que, en dehors de types strictement détermines, il n'y a plus d'art véritable. Nou> admettons l'art sous les formes variées qu'il revêt selon les temps et selon les pays ; et, s'il en est auxquelles nous J< >onons la préférence, les autres restent pour nous un objet d'etude, ou tout au moins d'attention. Aussi, considéronsnous généralement comme un avantage précieux pour urc ville de pouvoir montrer une suite d'édifices pro,ue> à caractériser le mouvement artistique, qu'on l'appelle progrès ou décadence, aux différentes époques de notre histoire. Notre ville, malheureusement, n'a rien qui remonte à une haute antiquité, et ce n'est qu'à partir du xu« siècle que les monuments se suivent sans présenter de trop lon^ espaces entre les dates de leur construction. Une chose a remarquer : le grand siècle de Louis XIV n'a laissé chez nous qu'une faible trace. Il nou> importe donc de conserver avec soin le peu qu'il nous a légué, et, pour en venir i l'objet de cette notice, de prendre sous notre protection un monument qui n'est pas assurément de premier ordre, mais qui cependant se recommande à nous par son architecture élégante, par le nom de son auteur, et aus<i par les souvenirs historiques qu'il rappelle.

Nous connaissez tous. Messieurs, l'ancienne égîi>e Saint* Louis sur la place de la Kougemare. Les sculptute* du fronton à l'ex tetieur, celle deN pilastres et des mcd.ullons a l'intérieur, sont d'une main habile, mais je n'ai pu

découvrir le nom du sculpteur. Quant à l'architecte, c'est, à n'en pas douter, Charles Chamois, a qui M. Ad. Lance, dans son Dictionnaire J<?s Architectes français, 1872, t. B\ conjure cette courte notice :

■■ Chamois architecte de la fin du xvn* siècle. Il a construit, à Paris l'hôtel de Louvois, rue de Richelieu, sur l'emplacement du square qui en a conserve le nom; le couvent de la Visitation, faubourg Saint-Germain ; le couvent des Bénédictines de la Ville l'Kvequc; celui des Nouvelles Catholiques; le château de Chavilîe, près Paris, pour le minière I.ouvois. 1

M. Lance par.iît avoir ignoré le prénom et le titre o:liciel de cet architecte. Il s'appelait Charles Chamois II et lit conseiller ingénieur du Koi. architecte vie ses bâtiments et demeurait à Paris, rue des Barres paroisse Saint-Gervais.

Dan, un. acte pis par devant Guillaume] Bourse et Jean Crc\:cr. notaires à Rouen. Chamois, I04J pour lots, en cette ville, chez le Mcar Baptiste, architecte, rue du Ch "iteau. parois, e Saint-God îrd. reconnaît a\ oir reçu « présentement comptant, en c-peces Je 'muis d'or et d'argent, de rév. rende mèi e Llim".>eth ("ollvrt. dame prieure du couvent royal de Saint-I.oui., place vie la lvuteemare, la somme de \o ^ > !., en d.'daetion de ce qui pou..iii lui être dû pour le marché fut entre lui et ladite dîme Colhert. pour taire et con-ti'uire les hi.timens menti mues au lit m.irché. p.issc par devant les notaires a Paris, le u<> a\ril 1*17^, ratitie par les religieuses de Saint-Louis, le 3 août suivant. »

Cette somme de 8.000 1. avait été empruntée a constitution de rente, de Madeleine Colhert mi. tante de la prieure,

(t) Mnuxleinc CdW-rt survécut à son m =r ; , Cl. ri le IMl.a. Fil décida anté.icur ment au <, ju f!ct l' 1 ass.:: t un tournent >>]< «graphe, d Mé du i<< ma; i'-j{, p.:r le pi 1 die instituait p<>ur légataire universel s^n neveu L <>ms de lkJum.il, nur puis

épouse de Claude Pcllot, seigneur du Port- David, Saint- Martin Larct, les Deffends et autres lieux, premier Président au Parlement de Normandie.

Ces noms nous expliquent pourquoi un architecte, employé au service du Roi et de ses ministres, fut appelé - Rouen pour la construction de ce monastère, qualité royal, en souvenir des libéralités de Louis XIV, et de dispositions de Louis XIII et de saint Louis, dont nou-> aurons à dire quelques mots.

L'église construite par Chamois, que Duplessis trouvai: « assez belle », fut bénite, en 1 083, sous le nom Je Saini- Louis, par MgrColbert, pour conserver la mémoire de son premier fondateur (i).

Le monastère de Saint-Louis appartenait à l'ordre de saint Benoît.

Il commença par la substitution de quelques religieuses, que I on tira du couvent de Saint-Amand, a des Béguines qui avaient à peine forme de communauté, et qui occupaient, en face de 1 église Saint- Vigor, dans une rue qui porte encore leur nom, un emplacement restreint et fort incommode. Kllesy étaient depuis 1440. Auparavant, Jeur monastère fondé par saint Louis en i23o, était près de la Seine : il fut exproprié pour la construction du Vieux Palais.

Ce ne fut pas sans une vive et même une violente opposition de la part des Béguines, que les Bénédictines réussirent, en vertu d'un brevet de Louis XIII, à prendre possession de ce monastère (2). La nouvelle prieure, Marie (iobelin, de la famille des fondateurs de la manufacture

Je Nointel, maître des Requêtes, Intendant de la province d-

Bretaunc.

(1) Toussaint Duplessis, Description de la Haute Normandie, ll,f,2.

(1) Brevet confirmé par bulle du 14 février ifî3i. Toussaint Duplessis, Description de la Haute Normandie, H, 9a.

des Gobclins ( i ), dut avoir recours à la force publique pour triompher de la résistance des Béguines récalcitrantes.

Marie Gobelin mourut a Saint- Louis après s'être démise, en 1670, de son prieure en faveur d'une des filles de l'ancien ministre Gilbert, sœur de Mgr Colbert, coadjuteur de Rouen, laquelle avait été précédemment prieure de l'abbaye de Saint-Saêns.

Ce fut grâce a l'influence de madame Elisabeth Colbert que fut décidée la translation du couvent de Saint-Louis.

On fit d'abord constater par l'archevêque de Rouen, Mgr Rouxel de Mcdavy, la mauvaise situation de l'ancien hotel des Béguines, « par l'air étouffé qui Tenvironnoit, devenu d'une méchante qualité depuis son premier établi-cément, par le voisinage du lieu où se tenoit le grand marché de la vilie, lequel marché avoit attiré, tout autour dudit mona>tère, des bâtiments élevés qui l'enfermoient de tous côtés. »

Déjà les religieuses avaient acheté, par contrat passé dev int Nicolas Maubert, notaire à Rouen, le 7 janvier MÎ77, de M roi de la Garenne, a la caution de M. Le Guerchois, avocat général 121, des maisons sur la place de I I Rougcmare. L'archevêque leur permit '/» du même mois . « de s'y transférer pour y tenir clôture et y célébrer le service divin dans l'église qui seroit bastic audit lieu. »

Les lettres - patentes qui autorisent cette translation portent la date du mois d'août 1Ô70.

Plus tard, les religieuses complétèrent leur établissement en achetant, pour 4,0 x> 1.. le i5 mars 1713, une maison et un jardin enclaves dans leur clôture. La vente

(i> Llle était n..\ ce à Saint- Amind de Rouen, iS n »v. iC [4. (Tab. de Rouen.) Son pire était Pierr.- Gubelm, Trésorier général des finances a Rouen.

O Anne M.ucel, veuve Je Pierre Le Gu-:rchoys, &r de la Gatenne. prim er aw.t gént'rd, demeurant a Rouen, rue Samtl'atnce, 1Ô77 .

leur en fut faite par M. Le Guerchois, Intendant à Besançon.

Dans une lettre a la prieure, le vendeur déclarait « que M mc de Brumare entrait pour beaucoup dans le désir qu'il avait de faire plaisir ù la maison en laquelle elle devait passer ses jours. » 11 ajoutait en post-scriptum : c Faites aussi, s'il vous plaît, ma cour à M ll « de Luxembourg de cette augmentation de terrain, que je donne au couvent pour la promenade, » 5 mars 171 3.

Par les noms des religieuses qui composaient la communauté de Saint-Louis, on voit que ce monastère se recrutait dans les hautes classes de la société. C'est ce qui devint surtout sensible après la mort de M 010 Colbert.

On voit aussi qu'il contenait un personnel assez nombreux (1).

Cependant, il fut toujours assez pauvrement dote.

Sous l'épiscopat de Mgr Colbert, alors que M mc de Grieu était prieure, il fut question de le supprimer. C'est du moins ce que nous apprend M™ 4 -" de Staal, dans ses Mémoires : « Le couvent de Saint-Louis ctoit presque ruiné, quand Madame de Grieu en fut abbesse ; une espèce de lamine, qui dcsola la France quelques années après, acheva de réduire cette maison à la dernière misère. Les religieuses, mal nourries, examinèrent avec chagrin les dépenses, qu'elles crurent faites en partie a leurs dépens. L'abbesse et sa sœur avoient des pensions de leur famille; mais on se persuada qu'elles ne sursoient pas a l'entretien de ses nièces et encore moins à tout ce qu'on faisoit pour moi. Je devins l'objet de murmures; ils engendrèrent des

(1) 16 religieuses en 16S0; 27 en 1692. — J ouss.iint Dupkssis, Desa iption de la Haute Normandie, 11, 9.2, indique un chiilrc de ib religieuses de chœur. Nous citerons parmi elles Anne Daubin, admise à taire ses voeux, l'S fevrkr iGSô. M. de Corneille assista, comme cousin, a la profession de cette sœur, le 26 lévrier suivant.

cabales qui allèrent jusqu'à inspirer à l'archevêque de Rouen, Mgr Colbcrt, la volonté de détruire la maison, ou du moins d'obliger l'abbesse à la quitter. »

Mgr d'Aubigné (Rouen, 24 janvier 1711) certifiait qu'il était obligé, « en conscience, de déclarer qu'on ne pouvoit exiger de ce prieuré aucune taxe, sans ôteraux religieuses leur nécessaire. •

La ressource de rétablissement fut pendant longtemps les pensionnaires, parmi lesquelles M ""de Launay, connue sous le nom de M™ de Staal, et dont les Mémoires sont connus ; et avant elle, Marguerite de Normanville des Héberts, ancienne élevé de Saint-Cyr, que le Roi avait gratifiée de «".,075 1. pour servir de constitution de renie, et à charge au couvent de la nourrir et de 1 entretenir pendant toute sa vie, 3 décembre iô<)5.

Par suite d'accord entre le Roi et les dames de Saint- Louis au sujet des droits d'amortissement, celles-ci s'ét jient engagées à entretenir chez elles une demoiselle de Saint-Cyr, n'ujh.

Les dames de Saint-Cyr renoncèrent h cet avantage par l'acte suivant, auquel la signature de Madame de Maintenon donne quelque intérêt.

« Nous supérieure de la maison de Saint-Louïs établie à Saint-Cir, renonçons, avec l'agrément de Madame de Maintenon. tant pour nous que pour celles qui viendront, après nous, dans la place de la supérieure que nous occupons, quoiqu'indigne, en cette Maison de Saint-Louïs, au droit que nous avons, de nommer une demoiselle élevée en notre d. maison pour remplir une place Je religieuse de ctucur au monastère de Saint-Louïs de Rouen, en vertu d'un contrat passé, au nom du Roi, avec la prieure et les religieuses dud. monastère de Saint-Louis, reconnoissant qu'elles ont satislaict, par d'autres voyes, également utiles aux Demoiselles de Saint-Cir. à l'obligation que Lsd. prieure et religieuses avoient contractée sur ce point-là.

> Faict en notre Maison de Saint-Louis à Siint-Cir, le 3o e septembre 1698.

» Signé : Françoise d'Aubigné, S r Catherine du Peron, supérieure. »

Quant à la vie des pensionnaires, elle devait être fort douce et même quelque peu relâchée, si l'on s'en rapporte aux Mémoires de M œc de Staal, qui mettent en scène M. Brunei, procureur du Roi au bailliage de Rouen, connu par quelques productions littéraires (0, et le célèbre abbé de Vertot. J'y relève la passion de M mc de Staal pour l'étude, son enthousiasme pour la philosophie de Descartes et pour la Recherche de la Vérité de Malbranche, et le regret qu'elle exprime d'avoir perdu cin^ ou six années, les plus propres à cultiver l'esprit, qu'elle passa sans rien apprendre que ce qu'on montre ordinairement aux jeunes filles, comme la musique, la danse, à jouer du clavecin, toutes choses pour lesquelles elle n'avait ni goût, ni talent, et où elle ne fit aucun progrès.

D'après ce témoignage, on n'aurait guère mis en pratique, à Saint-Louis, les préceptes de Fénelon, dans son traité de l'Education des filles.

Mais peut-être ne faut-il pas attribuer une entière confiance au témoignage d'une femme que le monastère de Saint-Louis ne doit pas compter parmi ses pensionnaires les plus édifiantes.

Les renseignements suivants me paraissent, au contraire, ii l'abri de tout soupçon d'inexactitude. Ils sont consignes

(1) Jacques Brunei, sieur du Qucsnay, avait été miire de Rouen (iô<j -i-iticp), le m. (ire étant alors un ollkier nommé par le Roi. (DJib. de l'Hôiel-de-Y die). Dans un reçu -.-il de plusieurs piUos d'tloqiKmc U de poésie présentées à l'Académie français.' y< l.s prix vie l'année iGcp, on trouve, comme ayant rempli, le prix d'éloquence, le discours de M. Brunei sur ce sujet : Pu danger qu'il y a dans certaines voyes qui partissent seuns, confcnnétmnt a ces paroles des Proverbes, chap. XIV, vei set 1 -, de la page 1 à la page 3o du recueil.

dans un brouillon Je a >te destine, sans aucun Joute, k être transmis aux patents d'une tille qui aspirait à se faire recevoir comme pensionnaire ou comme novice.

« Voicy les usages de la Maison de Saint-Louis. La règle n'est point pénible. On commence matines tous les jours à cinq heures du matin. On est couché à neuf heures le s iir. Pour la nourriture, on fait maigre le mardy et mereredy, toute l'année. Outre les jeûnes de l'église, on jeûne les mercredy et vendredy, toutes les semaines. On fait maigre tout l avent et jeûne tous les jours.

► Pour la dot, c'est de 6,000 1. pour chacune de ces demoiselles ; quant aux accommodements, ces demoiselles auront leurs linge et hardes a leur usage jusqu'à leur prise d'habit. Il leur faut un couvert d'argent.

» Pour les habits de prise d'habit et profession, se monte à 3oo 1. chacune, sans compter le linge qui consiste en six paires de draps, trois douzaines de chemises, six douzaines de serviettes. Pour les nappes et autres petits frais, on s'en expliquera verbalement. Il faut un lit garni d'un matelas et une p.iilîasse, une couverture et une courte-pointe, les rideaux de serge bleue. II faut des mouchoirs de poche et de cou, linge de tête pour la nuit, jupes blanches, des camisoles pour coucher. »

On voit par là que le monastère de Saint-Louis devait être .J)^ dûment terme a:'.\ finies pauvres.

Mairie lu ressource que Saint- Louis, comme presque toutes les communautés religieuses, lirait des pensionnaire*, tant des dames cu chambre que des pensionnaires élevés m. elle n'aurait pu se soutenir, si on ne lui eût

v i) Louise-M idclemc IK-lisle Je M.nv.mx, décédé- a Vàze de 70 an», 6 mai 177-1; Manc-Annc C-ns il, veuve d'Y s mkird liusquct, s' ue Ouuvjni, ouivjiII .r au Pari •ment, dé>.\ é- ù Si ini- Louis, a Si in*; (Catherin j-Hcnrictte Lcfchvfc, vc ave de Jcan-CLu ;e Trugird, aruiea l.eutcu.uit ue police, décidée a S.iint-Louis t'j avul \-}-j n .

attribué les biens d'autres communautés, lesquelles peu j peu étaient tombées dans un état voisin Je rinJi„vnje. Ce lurent le prieure de Rrionne, supprime par décret Je 1 archevêque, du K> avril 1737; le m mastère des Bénédictines de Saint-Hilaire, dites les Crépines (1), à Saiui-Scvcr de Rouen, supprimé par décret de l'archevêque, du 9 novembre 1742; le couvent de la Congrégation de Notre- Dame, sur la paroisse Saint-Maclou de Rouen, supprime par autre décret du 4 septembre 1743.

On a consigné dans les registres de ce monastère le souvenir de la visite qu'y fit, en 1723, l'évèque de Waterforc

« 2 septembre 1723. Mgr l'évesque de Waterfort et Lismore estant venu en cette ville faire les ordres, a eu la bonté de venir chez nous confirmer une novice et plusieurs de nos pensionnaires qui ne l'avoient pas esté, à h prière de M. l'abbé Haquet, notre supérieur, et de celle de Mme de Pommereval, notre supérieure. Cet évesque est un saint, exilé pour la foy, et dont l'on a mis la teste à prix en Angleterre. Malgré cela, il est si xellc qu'il y a retourne incognito, et y seroit encore, si l'on ne l'en empeschoit. ayant encore dans son diocèse plus de 6 ou 7,000 catholiques, qu'il gouverne de loing comme de près par ses grands vicaires qui y sont déguisés. Son nom de baptême est Richard. »

Les prieures de Saint- Louis furent parfois qualifiée* abbesses. En voici la liste :

Madame Colbcrt, qui mourut en 1690.

1 1 ) Les religieuses de Saint-Hilaire furent incorporées au mona&ùrc de Saint-Louis où elles retrouvèrent pour prieure l'ancienne prieure de leur communauté supprimée, Madame Louise d'Heiss. Celle-ci avait été nommée par brevet du Roi au prieuré de Saint-Louis; elle en prit possession le ta juillet. Elle ne se démit pourtant du prieuré de Saint-Hilaire que le 26 juillet 17421 Les lettres-patentes du Roi, confirmant le décret d'union, sont du mois de novembre 1742.

Marie-Geneviève de Grieu, nommée le 22 décembre 1690, décodée en 1700 (1).

Marguerite de Bourgoise de Pommereval, nommée par bref du Pape, le 14 août 1710; prit possession le 14 février 1 7 1 1 ; déeedée en 1720 (2).

Françoise de Bricquemault, nommée par bref daté des calendes de mars 1726, décédéc en 1741.

Louise d'Hciss, précédemment prieure des Crépines, nommée par bulle du mois de janvier 1742, décédec en 1749.

Madeleine de Planteroze, nommée en 1749, décédée en

Elisabeth de Barbançon, religieuse 'de l'abbaye de Chasses, nommée par brevet du Roi du 17 octobre 1774, démissionnaire en 1781.

Anne Guy de la Rivière, ursuline de Caen, nommée par brevet du Roi du 29 avril 1781, par bulle des ides de juin de la même année; encore en fonctions le 17 mai 1702 (41.

(0 Elle avait pour frère le P. de Grieu, recteur du collège de Kouen en 1694-1695.

(a) Avait pris l'habit le a août 1677; avait été admise à faire ses vœux le 19 décembre 1678; avait fait profession le 3 janvier

< r > Dite en religion Maryc de Sainte-Colombe, fille de Thomas Mamcrozc, decédee à l'âge de 56 ans et enterrée à Saint-Louis, le 3 <<tuhrc 1773. On conserve, au Musée de* Antiquités, une grande plaq"e de cuivre, provenant des fondations d'une partie du monastère de Saint-Louis : « Monument de piété sous le règne de Louis XV. Prieuré royal de Saint-Louis. Noble dame

île Plantcrosc. Messirc Maryc de Blossevillc '77*- • Voir

Catalogue du Musée, p. i3i.

(4) Fille de Philippe Antoine-Victor, marquis de ls Rivière, ch valicr, et de Mad. Louise-Charlotte Danviray, baronne de L.i jdemont. Le 27 septembre 1793, clic accusait 48 ans d'âge et 24 ans de profession religieuse.

Supérieurs de Saint-Louis : l'abbé de Fieux, 1677-1694;

— l'abbé de Séricourt, 1695-1698; — Bonnedame, 1714;

— Cuquemelle, 1722; — Terrisse, 1772; — Bridellc,

Prédicateurs et confesseurs du prieuré : Bernard, vicaire de Saint-Vigor, 4 août 1677-1682, id., curé de Saint- Vivien; — Marin Lynart, 1678; — M. Lancien, J703-1731;

— R. P. de la Porte, de l'ordre de la Sainte-Trinité, 1735i 7 3 9 .

Chapelains, directeurs et confesseurs : Biset, 1730- 1732; — Fr. Le Chappellier, 1683-1692; — Béhéray, ancien curé de Saint-Martin-de-la-Corneille, 5 mai 176S- 1776; — Du Bosc, licencié-ès-lois, professeur émérite en l'Université de Paris, 1777; — Le Bret, 1 779-1 781 ; — Brièrc, 1783-1786; — Aubouin, vicaire de Notrc-Damede-la-Ronde, 1786-1791; — l'abbé Caulle, 17 mai 179'-

Au moment de la Révolution (2 septembre 1790), sur un revenu de 27,645 1., les pensions des pensionnaires figuraient pour 1 1,855 1. i3 s.

Il y avait 29 religieuses (Marie-Anne de la Houssaic, sous-prieure), 2 chapelains, l'un, dit de 10 heures (probablement de l'heure à laquelle il disait sa messe ; traitement 450 1.), l'autre, dit chapelain du matin (traitement 410 1.), 1 directeur (traitement 3oo 1.), 1 facteur et souffleur d'orgues, 80 1. (1). On dépensait en aumônes et pour les prédications, 55o 1.

On comptait 26 cellules. Toutes les religieuses déclarèrent aux administrateurs du Directoire du district (27 septembre 1792) qu'elles voulaient vivre et mourir dans leur communauté (2).

(t) Un grand orgue, composé de i3 jeux, avait été réparé moyennant 3,ooo 1. par J. Mary, dit du Buis, entrepreneur facteur d'orgues à Rouen, en 1788.

(2) Archives du département. Deux religieuses, Marie-Marguerite Ancel, dite de Saint-Bruno, et Marie-Madeleine-Florentin

if>5

Après la suppression de la communauté de Saint-Louis, ce monastère fut affecté au logemeot de la gendarmerie. Mais pendant quelque temps le peintre Descamps y continua son cours. Il fut contraint d'en sortir sur la dénonciation de Le Carpcntier, qui s'était fait nommer professeur de l'école de dessin.

Il est à remarquer que le couvent de Saint-Louis occupait remplacement d'un jeu de paume, dit du Petit Louvre et vulgairement des Filles, consistant en un jeu de paume couvert et un petit jeu de paume découvert. C'est un nom a ajouter à ceux que nous avons cités pour prouver la vogue extraordinaire des jeux de paume dans l'ancienne société française (i).

Fortin, en étaient sorties pour retourner chez leurs parents. La pension de la première avait été fixée par le département à 618 1.

(1) Jeu de paume du Petit Louvre, dit vulgairement des Filles, rue du Vert-Buisson, adjuge* le ai juillet 1677 aux Bénédictines de Saint-Louis. — «Jeu de paume que tenoit Marin Desnots; plus un petit jeu de paulme découvert, de présent appliqué en jardin, 1640. m

NOTICE

SUR CÛQUSE SAINT-ÉTIENNK-DES-TONNELIERS

Un des quartiers de Rouen qui aient le mieux conserva leur ancien aspect, c'est celui qui se trouve compris entre les rues Grand-Pont, Nationale, du Fardeau et des Charrettes, et dont l'église Saint- Etienne-des-Tonnelien» est comme le centre (i).

Cette église, intéressante dans quelques-unes Je se* parties, est ainsi décritedans un procès-verbal d'estimation, dressé, le ie f octobre 1791, par J.-B. Le Brument, architecte, expert nommé par le Directoire du District :

« L'église est assés régulière. Elle est composée d'une nef et deux bas-côtés formant ensemble, de largeur dans œuvre, 55 pieds 9 pouces. Elle a, de longueur, mesurée de même dans la nef et le chœur, 1 5 toises et demie (2). Le* voûtes sont soutenues de 11 piliers Les grands derangements que ces piliers ont éprouvé de diverses

(1) Il y a peu d'années encore, â l'angle des rues de Saint- Étienne-dcs-Tonnclicrs et de Jacques-Le-Li:ur, on remarqua-: une vieille maison en bois, qui certainement avait appartenu a Jean Nhsselin, l'auteur du Journal des fctats-Généi aux de 148}. et où peut-être i) avait vu le jour.

(2) D'après un dessin, représentant la coupe de cette église, fait vers le milieu du dernier si-jclc (Arch. de la Seine-lnfcrieure, G. 65 5o;, la largeur de la nef est de 22 pieds fi pouces, au ras du sol, de 2'S pieds !< pouces au dessus des b:is?s d^b piliers, de 24 pieds 7 pouces à la base des voûtes. On donne aux bas-côtés 12 pieds de large sur 26 pieds de haut ur.

manières, ont donné lieu à des enchaînements qui rendront la démolition de cette église riche en fers, qu«nd elle aura lieu.

» Les murs, renforces de 20 buttants, ont i3 pouces d'épaisseur, mesurés au dessus des retraites, sur 26 d'élévation, et ceux de la nef 40 pieds, l'un et l'autre à partir du pavage de l'église. Ceux de la tour ne sont pas plus élevés, ni ceux du portail; mais celuy-ci, les murs ou les buttants de cette tour ont des épaisseurs considérables. Les plus faibles sont de 3 pieds.

► On monte au principal portail, précédé et fermé d'une grille de fer, par 5 marches, qui arrivent au pérystylc. La nef et les bas-côtes sont pavés en dalle de pierre de luis et autres espèces. Le chœur et le sanctuaire pareillement, et en marbre.

» Les voûtes, ornées de tiercerets, formerets et culs de lampe, sont fermées avec pendants en augives. Toutes les formes de croisées, hautes et basses, sont remplies avec panneaux de verre pein* représentant différents sujets d'histoire sainte, et en verres blancs, montés en plomb, avec bandes de fer plat et avec fortes vergettes scellées dans les piédroits, meneaux et entre-clos. »

On peut compléter cette description par les indications a,ue fournit le Répertoire archéologique, de M. 1'ahbv. Cochet, p. 3<j3 : c Trois grandes tendres decoraient l'abside, et âix grandes oei\e^ éclairaient chaque coté du vaisseau principal. Les murs c\tencur> *ont richement décores de sculptures. On di^tin^ut surtout le- portes dont la principale fut dannee pur un particulier, en i33o. Sur un des piliers intérieurs on ht i'ir.-cription de la dédicjce, qui ont lieu !e z octobre 1:2 5 ou 1: ;:•(}). »

1 1 ) ■ Le grar.j r> r« ■ 1 .?e celte eg'.!»c fut construit de la manière qu'il est, !"ti t ? r >, «m cîip.n» i'Mn part cjlicr loot on içnorc le nom. arn.'t y %■ : î er.-ivc.e* * j !«.• .»'•» le IVgJ**, et -'ai le nu'- me qu; dc-,r. . i-i:. U rose Ju portul. Hour le «.uo*»

L'église de Saint-Étienne-des-Tonneliers, dont l'origine est antérieure à io63, était de très petites dimension*, sans grands revenus, et devait être une charge plutôt qu'un avantage, pour l'abbaye de Saint-Ouen, qui en av.rt le patronage, et qui en donna, jusque vers Tan i5io, l 'administration à un de ses religieux.

Elle fut reconstruite en l'état où nous la voyons dans la seconde moitié du xv e siècle, époque de prospérité pour le commerce de Rouen. Alors, au lieu des tonneliers, dont elle avait pris le nom, elle comptait pour paroissiens un certain nombre d'armateurs, assez opulents pour la mettre en état de soutenir la concurrence avec la plupart des autres églises de la ville.

M. l'abbé Cochet, dans l'ouvrage que nous venons Je citer, en marque la construction entre les années 1401 ci 1 53 3. Mais la première date est trop récente. En t4$j. en effet, Nicole De la Rue, curé de Bezu, fait remise au Trésor de Saint-Etienne-des-Tonneliers de la somme qu'il avait avancée t pour l'édification et ouvrage de l'église. > Je ne puis dire précisément a quelle époque fut construit le bas-côté vers le cimetière. L'autre, qui s'étendait le Ion*; de la rue Saint-Étienne, doit être d'environ l'an i4<)ô, et fut élevé, du moins pour la partie qui avoisinait le chœur, aux frais d'Isabeau de Cormeilles, veuve de Robert Le Forestier, qui y fît placer une chapelle sous l'invocation de Notre-Dame, dite aussi, à cause du sujet qui y était représenté, la chapelle de Xoli me tangere. Elle l'avait lait orner des images de la Résurrection de Notre-Seigneur et de la Madeleine. Pour cette construction, cette dame avait acheté un terrain dont une partie fut consacrée à l'agrandissement du cimetière. I*a tour, vers la rue des Iroquois

truirc, on démolit l'ancien prebitere qui étoit en ce lieu-là. Un chanoine en étoit pour lors curé. • Hist. de Rouen. — La dédicace se fit, le 2 o.tobre 1 5 33, par l'évêque d'Hippone, suffr»gant de Mgr d'Amboisc. Ibid.

du côte sud du portail, aujourd hui rue Jacques-le-Lieur, fut élevée, vers la même époque, en 1 53o, sur un terrain appartenant primitivement à l'abbaye de Sainte-Catherine, terrain qu'il fallut acheter d'un nommé Michault Le Maignan, et pour lequel on payait une rente annuelle de 10 1. t. a cette abbaye (1).

Apres avoir donné à cette église des dimensions convenables, on s'occupa de la décoration intérieure. Les vitraux dont on l'orna étaient encore admirés au dernier siècle. Quelques-uns d'entre eux représentaient l'histoire de suint Ltienne, la vie de Tobic, etc. Ils avaient été donnés par Pierre Jourdain, dit le Verrier; par Nicolas De la Rue, curé de Saint-Martin-de-Bezu, cousin germain et héritier de la veuve dudit Jourdain ; par Jeanne Challenge itîn du xv f siècle et commencement du xvi*); par Gaultier Guillebcrt, dit Coton, et par Guillaume Le Breton.

Au bout des deux bas-côtés, on voyait les chapelles de Notre-Dame, dite JVo/i me tanpere, celle de Sainte-Catherine ou Christine, dite plus tard de Saint-Nicolas 12), et, ii l'entrée du chœur, celles de Saint-Sebastien et de la Madeleine, plus récentes. Cette dernière prit à son tour le nom de A'0/1 me tangerc, qui cessa d'être donné à la chapelle de Notre-Dame. Je ne sais où placer la chapelle de Notre-D.mic-de-Lorette, fondée, en iG5o, par Guillaume Le Breton, eche\in, ni celle du Sépulcre, où était le tombeau de la famille Deshommets. Il est à croire que les deux autels de Saint-Sebastien et de la Madeleine avaient suivi la construction faite, vers le milieu du wi* siècle, d'un

(1) Arvh.dc la S.-lnf. G. 0474.

(a) La ch.ipcllc de S unt:-Christinc avait été fondée, l'an î-po, pjr un nommé Nicolas" Krion, comme il se voyait par sa tombe qui fut transférée dans le cherur :

• Ci gît Nie 'las Frion. lequel dt*s biens que Dieu lui a prestés a f.ut construire cette chapelle en l'honneur Je- Dieu et de M nlamc sainte Christine et de toute la cour de Paradis. »

jubé orné d'un crucifix et des deux statues de Notre Dame et de saint Jean, qui furent peintes en i 5^ 1 , par le peu.'.r; Jacques de Séez(i). A son tour. Le Seigneur, sieur ^ Croix, fit don au Trésor « du pourtrait cm pierre et :x»><c. de hauteur de nature, des douze apôtres, et les lit p«. er et mettre en place aux piliers. » Ces statues turent peinte par maître Louis Le Pilleur, en ibHo-ibX±. Enfin, Pur-. Cabcuil prit à sa charge la décoration de la chape! le de Saint-Nicolas, où il fit placer uc rocher, auquel était un crucifix, un jardin des Olives, avec l'adoration de trois Kois, saint Jean, saint Pierre, saint Jacques, apôtre, dormant, et les pèlerins d'Emmaus. Vers i m*>o pour f:nre un corps d'orgue avec cncastillement de bois on ht marche avec maître Josscline, facteur d'orgue, et Marius Guil:cbert, menuisier.

Malheureusement, cette église manqua toujours de so;: dité. En i63i, on dut payer 700 livrer à Nicolas Genevoiv maître maçon et architecte, « pour la réparation de 1.* voûte de l'église, pour son invention et industrie d'avoir retenu ladite voûte sans y avoir fait aucunes ruptures. • La même année, Jean Le Saunier reçut une forte somme pour avoir fourni « toutes les fiches et barreaux de fer qu i:

(1) Adam Petit, peintre de Rouen, refait la croix et suaire du crucifix en azur, nettoie et met le crucitîx en couleur de c\ air, et peint en or la rose et les fleuron»; rose au costé senestre de la croix, Jacques de Sécz peint en or les images de Notrc-Danc et de saint Jean. — Nicolas Le Comte asseoit deux histoires (r isrcliefb) aux deux bouts de la clotiesr.n neuve ^U" i«rx . On voit, par le compte de l'année suivante, 1641, qu'une de ..:> histoire» représentait Notre-Dame de Fuie, qu'il y av.ut de \ anges au bout du jubé, qu'il était de plus orne des images .'.c six apôtres! Un cotïre pUt, où l'on mettait les vêtements, eut appuye contre le jubé, pr<>! aHemcnl du coié du cherur l> r: x: : le maître nutel, deux coîlres de hêtre serv ant de ».ti irtiicr j> j: le» écritures de la Fabrique. — Arch. de la Seine-Infc're ure, G. 6404.

a\oit convenu pour retenir lad. voûte. • En iG3<j. on paya au maçon Jean Cappellc 86 1. pour avoir démonté et refait préparé) trois arcades de la voûte de la chapelle de Saint-Nicolas. Le même refit (répara) les meneaux des verrières en 164V

On reconnut bientôt que ces travaux de consolidation étaient insuffisants. En 1654, on fit venir de Paris l'architecte Michel Fontaine, qui étudia ce qu'il y avait a faire et proposa un projet de restauration, qu'il fut chargé d'exécuter l'année suivante. Aux termes d'un marche, conclu le ? avril i655, il prit rengagement « de passer, de part en part de l'église, environ I arrachement des voûtes, 7 barres de 1er carré, de 2 pouces de lace, d'une ou deux pièces chacun, avec anneaux aux bouts, et 14 autres barreaux de ter de 3 pieds de long, pour servir d'ancre par le dehors, comme aussi 7 autres verges de 1er pendantes des tirants Ju toit jusques aux dites barres traversantes. »

Apres avoir assuré la solidité de leur église, les paroissiens se remirent à l'embellir. Le 22 mars 1G71, ils decidèrenl la démolition du charnier où l'on mettait les os des trépassés. La même année, ils délibérèrent qu'une quête générale serait faite pour couvrir l'église en ardoise et pour ériger un clocher sur la tour, qui, jusque-là, en avait été dépourvue. Les fonds nécessaires furent recueillis. La construction du clocher fut entreprise en 1673, soit suivant le plan qui, des 1660, a\ait été dressé par le maçon Capclle, soit, plus vraisemblablement, suivant celui qui lut proposé par un autre maçon, employé alors à la construction du clocher de Saint-Jean d*Elbcuf(l). Les verrières, qui menaçaient ruine, durent être consolidées, en IÔ84, d'après les avis de M. Dupont, ingénieur (2).

(1) Il proposa pour modèle le clocher Je Saint-Jean d'Elbeuf, dont il envoya le dessin. Ce dessin, conservé aux Archives, pourrait être utilement consulté pour la reconstruction du clocher de cette église.

(2) Délibération du 12 mars 1684.

On fut repris d'inquiétude pour la solidité de l'église vers 1738.

L'édifice fut visité une première fois, en 1738, par Pierre Le Brument, architecte, expert-juré des bâtiments, priseur et arpenteur pour la Ville de Rouen, et arpenteur du Parlement (1).

En 1740, nouvelle visite par le même; devis présentés par Jarry, Louis Guyot, J.-B. Couture, Pierre Barjolle, Jean Prételle, et délibération delà Fabrique, le 10 mars de cette année. On traita avec Barjolle, qui, en 1 739, avait entrepris le grattage de la voûte du chœur, suivant le devis de l'architecte Thibault. Il fonda, en pierre de taille, les trois piliers contre-butants de la petite nef au midi de l'église, travailla aux corniches de l'entablement sur le pourtour du grand mur, ainsi qu'aux arcs-doubleaux de la grande voûte.

Il ne s'en tint pas à des travaux de restauration. Entraîné par la mode du temps, peu favorable au style du moyen âge, il se fit autoriser à faire sauter les gros massifs gothiques qui servaient de dais aux autels de saint Sébastien et de sainte Madeleine, près la barre du crucifix; à supprimer les ornements gothiques qui étaient au pilastre, près de l'entrée de l'orgue. Dans le même temps, en 1749, le maçon Mallet refit le grand portail de l'église, au devant duquel on posa une grille de fer, œuvre du serrurier Jean Langlois. Ce portail était orné d'une statue de la Vierge, au dessous de laquelle le sculpteur Paulet posa une console.

En 1608, un sculpteur, dont nous avons eu plus d'une fois l'occasion de citer le nom, Michel Lourdcl, avait fait le tabernacle du grand autel, qui était accompagné de deux tableaux, à droite et à gauche, protégés par deux rideaux de toile peinte, suivant la mode du temps. Pour compléter la décoration du chœur, on l'avait fait entourer, quelques années après, de carollcs de bois avec chan-

(1) Arch. de la Seine-Inférieure, G. 635o.

deliers, et deux statues, l'une de saint Léger (t), l'autre de saint Sebastien.

Cette décoration parut d'un goût barbare, lorsqu'un goût tout ditrérent eut prévalu. On voulut une nouvelle contrctablc, d'un style plus simple, plus élégant. ] :i fût à la fois remarquable par le prix des matéri:n\ :t par la délicatesse de la sculpture.

On avait sous la main un sculpteur dont le talent était généralement reconnu, le sieur Lamine (j). Ce fut à lui qu'on s'adressa. On l'invita à proposer un modèle qui fut soumis à l'examen d'artistes et d'hommes instruits et reçut leur approbation. Au lieu de faire des marchés particuliers avec le marbrier, le peintre, le fondeur, etc., la Fabrique traita pour le tout a\ec Lamine, pour un prix de 1 5,ooo I., et lui promit, en plus, une rente viagère de 100 L dans le cas où, après l'achèvement de l'œuvre, trois arbitres désignés par la Compagnie, jugeraient que rien ne laissait à désirer dans les attitudes et les expressions des figures.

• Et pour témoigner de la part de la Compagnie, au sieur I .a mine, que la voie d'une rente viagère prise par le Trésor n'est point qu'elle compte sur la courte durée de ses jours pour en bénéficier, la Compagnie arrêta que, dans le cas où la Providence abrogerait les jours dudit sieur Lamine au dessous de vingt ans, le complément desdits vingt ans se rail remply au bénéfice des héritiers de l'artiste. » — MM. Herthelin et André Pottier lurent, en conséquence, pries de s'adjoindre au curé, M. Berard, pour conclure le marché avec Lamine, et de faire dresser, en double, un

(1) Saint Léger passait pour avoir été le premier patron Je vCttc église. On y conservait &>n chef, que l'on portait aux protestions des Rogations.

(2) On trouve Sun nom dans le compte Je Snint-Herbl.ind :

• *77°# N« Lamine, sculpteur, pour la contrctable, 4J0 I.; » , jns ceux Je la CithéJratc : « 1 7S7-1 Au sieur Lamine, pour tr- is grands panneaux de sculpture au plafond des orgues, 1 10 1. » — Asch. de la Seine-lnrtneure, G. 2814.

devis général de tous les objets circonstanciés qui devaient entrer dans l'exécution totale de la contretable (2 3 janvier

Le 16 mai suivant, comme l'entrepreneur se préparait à poser les bases des colonnes, la Fabrique, sur la proposition du curé, décida que l'honneur de poser la première pierre serait déféré a MM. de la Juridiction consulaire, comme tenant le premier rang entre les propriétaires de la paroisse, à titre de trésoriers d'honneur, et même comme pères des pauvres de la paroisse. La cérémonie eut lieu le 3 1 du même mois, et, pour en perpétuer le souvenir, on posa, sous la base de la première colonne, avec une pièce de monnaie, frappée au coin de Louis XVI, une table de plomb sur laquelle avait été gravée l'inscription suivante :

« Du Règne de Louis seize roy de France et de Nav. L'an 1783. le samedi 3i may. MM. les prieur et Juges consuls de la Juridiction consulaire de Roiien dont les noms suivent : M r Pierre Bournisicn des Préaux, prieur; M' N.-Jean Taillet. premier consul; M* J.-C. Benoît Gorlicr fils, second consul; M' Augustin-Louis-Eugène Midy de la Grcnnerayc, procureur sindic, accompagnés de maistre Louis-Bertrand-Denis Riaux, lors gretlier de la Jurisdiction, ont posé la première pierre de cet autel et contretable, lesquels ont été élevés par la piété sous 1 exercice et les soins de M c Picrre-Kticnnc Berard. prêtre, curé de cette paroisse de Saint-F.tienne-dcs-Tonneliers, et de MM. Jacob-Nicollas Grullé et Pierre Morel, trésoriers en charge, et de MM. André Pottier et Nicolas Bcrthclin, anciens trésoriers, commissaires nommés. Cet ouvrage a été exécuté par le sieur Nicolas-Louis Lamine, sculpteur de cette ville. »

MM. de la Juridiction prirent à leur charge les frais de la cérémonie, et, de plus, firent présent à la Fabrique d'une somme de 600 1.

I es plans île Lamine furent modifiés, et les travaux soutti ircni des retards.

Le 2-] décembre, sur les représentations faites par ce sculpteur, « de la grande Ji lïicuhc de costumer les deux heures d'Ananie et vie saint Paul, désignées pour les deux figures collatérales dans le projet de la contretable, de manière à les rendre assez sensibles pour la satisfaction du public. » on lui permit de leur substituer « une charité éploréc sur le martyre de saint Ktiennc, en qui elle perdait son principal protecteur, et, de l'autre côté, une figure représentant la Foi ou la Religion, qui lui montreroit, dans une croix surmontée d'une corne d'abondance, les ressources inépuisables que le martyre de saint Étienne allait luy procurer. »

Le 27 juin i7S.s,on s C plaint des lenteurs de Lamine, et on le menace de poursuites judiciaires. Le principal autel était po c; mais les échafauds le rendaient indécent, et le promoteur du diocèse demandait qu'il fût interdit.

Le 24 février 17S0. Lamine donnait quittance d'une somme de 3,5oo 1 pour l'entier et parfait paiement de l'ouvrage, et renonçait à la rente viagère de 100 livres, à raison de compensation. M. André Pottier avait avancé les fonds.

On voit que, contrairement à ce qui avait été délibéré, on avait pris le parti de faire des marchés particuliers, avec Tcurct, marbrier (voir délibération du a3 avril 1785); avec Musard, liguriste, à qui, le 18 novembre 1786, on faisait réclamer les deux petits modèles de figures qu'il eût dû avoir déj.'i livres aux termes de son marché.

Cet ouvrage amena la suppression de tableaux, contretables et autrui nhjets inutiles, qui furent mis en vente, t Délibération du o août 17*4 }

II amena aussi un changement notable dans la disposition du cbicur. On résolut, d'après le sentiment des artistes, de mettre a la moderne les deux arcades où devait se terminer la corniche de manière à ce qu'ils fissent l'effet

d'un arrière-corps; de faire le même travail à l'arcade de la sacristie, ainsi qu'à celle de la voûte du bas-côté de l'église, pour les disposer à recevoir une nouvelle chapelle, ce qui serait répété parallèlement au coté opposé. Des commissaires furent autorisés à faire dresser un plan et devis de deux nouvelles chapelles, à faire élever le pavage de ces chapelles au niveau de celui du sanctuaire; à faire baisser le toit des deux petites chapelles, pour remettre les deux vitraux dans leur premier état et rendre à ce bas-côté tout le jour qu'il pomait tirer du cimetière. I-a nef fut allongée aux dépens du chœur, le chœur fut mis au niveau du sanctuaire et pavé en marbre comme lui. Pour cette opération, on déplaça les stalles; on supprima celles de face, de manière à procurer au peuple la vue du sanctuaire.

Ces divers travaux furent la cause d'un conflit qui s'éleva entre la Fabrique et MM. d'Esneval.

Le dégagement de l'abside du chœur avait permis à ces derniers d'apercevoir, à la principale vitre, des armoiries de leur famille, armoiries que la contretable de Lamine allait, de nouveau, cacher aux regards.

Dans la contretable démolie, on avait retrouvé, comme table d'autel, une ancienne pierre tumulairc qu'il leur paraissait intéressant de taire remettre en place, ce qui n'eût pu être exécuté sans nuire à ielièt de ce bc;;u pavage en marbre, auquel les paroissiens attachaient la plus grande importance.

Dès le 17 mars 1 7 S 3 . MM. d'Lsneval s'adre^sèient à M. Le Breton, notaire à Rouen, pour faire constater les laits qui servaient de fondement à leur réclamation.

Celui-ci reconnut :

i° Au milieu de la vitre, au fond du sanctuaire, deux écussons, dont un, celui de g.mche, était tond d'azur, chevron d'argent et trois têtes de léopard en or, deux en chet et une en pointe; l'autre, celui de droite, mi-parti des armes de la maison Le Roux et d'une autre maison qu'on

ne put distinguer et qui, certainement, n'était pas celle Je Challenge;

2'> Les armes des Le Roux à la première clef de voûte vers les orgues ;

3" Vers le milieu du chœur, une grande pierre de liais que les Trésoriers y avaient fait replacer, pierre de 7 pieds 8 pouces de long sur 3 pieds 1 1 pouces de large, sur laquelle était gravée la figure d'une femme, dont la tete et les deux mains jointes étaient de marbre blanc incrusté. Aux quatre coins de ladite tombe on voyait quatre écussons incrustés en marbre blanc, dont les deux, à droite, haut et bas, portaient les armes des Le Roux, et les deux autres, a gauche, aussi haut et bas, étaient mi-parti écartclé aux armes de la maison Le Roux et aux armes de Chalenge, qui étaient trois soleils, deux en chef, un en pointe, fond de gueules. Autour de la tombe, on lisait, en caractères gothiques : a Cy gist Jchannc Callanges en son vivant, femme de noble homme M 0 Claude Le Roux, conseiller du Rov en son parlement de Rouen, seigneur de Bourgtheroulde, de Tilly et de Sainte-Beuve, laquelle décéda l'an de grâce i535, le dernier jour de décembre. Priez Dieu qu'il lui fasse miséricorde. »

4 0 Au pied de la première marche du sanctuaire, une autre pierre de liais, de o pieds de long sur 4 pieds 0 pouces de large, sur laquelle étaient incrustes deux ccussons en marbre blanc, ne portant aucunes armes, et deux figures, l'une d'homme, l'autre de femme, aussi en marbre blanc, avec cette inscription : « Cy gist noble homme M' Robert Le Roux, en son \ ivant, sieur de Tilly, conseiller du Roy en sa cour de parlement de Rouen, qui décéda le 17 novembre i;S3. Priez Dieu pour lui. »

Cette inscription était gravée sur la moitié de la largeur; l'autre moitié était sans inscription <j>.

(1) Jchannc Chalcngc, dame de Cambrcmont et d'infrcville.

(2) La veuve de Robert Le Roux, Barbe Gai rf.trd, épousa Cl.iudc

M. d'Esneval demandait qu'on lui donnât une reconnaissance que les armes, de sa famille étaient au bas de Li vitre du checur, et que c était de son consentement qu'eLes avaient clé couvertes par la contretable ; que, puisque la conservation des deux tombes en question devait avoir pour effet de défigurer le pavage en marbre qu'il s'agksjii de poser, on mît à leur place une tombe de marbre noir, offerte par lui, sur laquelle serait gravée une inscription dont il envoyait le modèle.

La Fabrique ne parut disposée a céder ni sur l'un ni sur l'autre de ces points : eile se déclara même prête à attendre qu'on la poursuivît au bailliage, et il y eut des délibérations prises dans ce sens, les 2 décembre 17S4 et 7 janvier 178:, en assemblées convoquées par billets, en la manière accoutumée au son de la cloche.

La contretable de Lamine reçut, au mois de novembre 1 78^, une d'oration J'un nouveau genre qui nous rappelle un événement important de l'histoire de cette ville.

t 2 janvier 1790.— M. le Président a remis sur le bureau et fait lecture d'une copie du proccs-verbal de dépôt des drapeaux de MM. les Volontaires Patriotes de la commune de Rouen, licenciés par le décret de l'Assemblée nationale du 21 octobre 17S0,

• Ainsi que d'une copie de l'épitaphc qui doit être placée dans l'église de Saint-Ltienne-Jcs- Tonneliers à ce sujet.

t Sur quoi délibéré, il a été arrêté que ces deux pièces seront transcrites tout au long dans le présent procesvcrbal.

» Suit la teneur dudit procês-verbal de dépôt :

• Ce jourd'huy samedi, 28 nov. 1 7^9, le matin, les citoyens qui eomposoient le corps des Volontaires Patriotes de la commune de Rouen, assemblés dans l'église de

Grouhrt, premier presi lent, et fut ^nt'-rré" aux Célcstms. M n'y eut Jonc pis heu Je compléter 1 inscription Je la tombe Je S.uni- É tic n nc-de*-Tonaclier»,

>aint-Éticnnc-des-Tonncliers, conformément à leur délibération du 26 dudit mois, relativement au dépôt de leurs drapeaux, se sont rendus chez M. Potticr, officier de leur corps, chés lequel les dits drapeaux avoient été provisoirement déposés, et l'ont prié de les leur représenter, à quoi il a satisfait sur le champ. Les dits citoyens s'en étant emparés, précèdes de la musique du régiment de Navarre, se sont rendus dans le plus grand ordre à ladite église de Saint-Étiennc-dcs-Tonneliers, où, parvenus à la barrière du chœur et reçus par M. Berard, curé de la paroisse, accompagné de son clergé et de plusieurs trésoriers, M. Pottier. portant la parole pour MM. les Volontaires, a dit :

« Messieurs, l'insurrection effrayante, arrivée le 12 » juillet dans cette ville, avoit animé notre zèle pour venir » au secours de nos concitoyens et coopérer au rétablis- » sèment de l'ordre sous le commandement d'un chef doue p des plus rares vertus. On nous a vu marcher avec courage » et intrépidité vers les agents des ennemis de la tranquillité i» et assurer un passage libre aux subsistances destinées » pour la capitale et autres villes de cette provinc. Fermes » et inébranlables dans la foi jurée à la Nation, au Roy et » à la I.oy, notre résolution était de combattre et mourir » pour faire jouir tous les habitants de cette grande cite »• des vues bienfaisantes d'un monarque citoyen, qui veut n bien anéantir les restes de despotisme et donner à tous n ses sujets cette liberté qui fera le bonheur de nos arrière- » neveux.

* Mais l'Assemblée nationale a pensé, dans sa sagesse, » que. pour être libres, il falloitune intimité parfaite entre » tous, et que ce ne scroit que par une vigilante concorde ■ qu'on parviendront à affermir la liberté. Elle nou> a » réunis avec nos concitoyens pour former une milice » nationale, dans laquelle nous nous proposons de rc- » doubler de zèle pour veiller à la défense commune.

» Nous avons tenu nos premières assemblées dans la •< maison des R. P. Cordelicrs; nous aurions manqué à la « reconnaissance, si nous ne les eussions pas invites de » bénir nos drapeaux ; mais après avoir satisfait à cette obli- » gation, et devenant entièrement libres de nos volontés, » nous avons choisi de préférence cet auguste temple pour » les y déposer. Daignez, Messieurs, agréer l'offrande de » ces étendards du patriotisme, qui nous a été dicté par n une religion qui commande le désintéressement parfait, » appuyé la fraternité sur des principes immuables, nous » montre un autre nous-mème dans chacun de nos conci- » toyens et met la loy, émanée de la volonté publique, » sous l'autorité suprême du vray et unique Maître de la » Nature et de la Patrie. »

» M. le Curé a répondu en ces termes :

« Le jour de la bénédiction de vos drapeaux fut l'époque * de votre généreux dévouement au salut de la Patrie; et » la solennité avec laquelle vous les déposés aujourd'huy » dans ce temple, est un témoignage éclatant de votre » reconnoissanec envers la religion qui consacra votre » patriotisme.

» L'un et l'autre de ces jours sera un monument pré- » cicux dans l'histoire de cette cité et vous assurera, dans »» le cœur de vos neveux, la place distinguée que vos glo- » ricux travaux vous ont si justement méritée dans les » nôtres.

» Mais, en chargeant le pinceau de nos historiens de » transmettre à la postérité la mémoire d'une milice » patriote, aussi recommandable par sa bonne discipline » que par son *èle infatigable, je me suis réservé comme » un devoir, dont rien ne peut m'afTranchir, de vous lé- » moigner combien nous sommes reconnaissants du dépôt » que vous nous confiés, et avec combien de précautions et .1 de soins nous veillerons à sa conservation. »

» On a ensuite célébré une messe solennelle pour la

iSi

conservation du Roy et la prospérité de l'Ltat, après laquelle les drapeaux ont été places au haut de la contretable par MM. Potticr et Mole, et il a été arrêté que le présent procès-verbal seroit remis en original a M. le marquis d'Hcrbouvillc pour être joint aux archives du corps, et qu'expédition seroit remise a l'Hôtcl-de-Ville ; qu'il en scroit pareillement délivré une à M. le cure pour être mise aux archives de la paroisse, et une autre à M. Potticr, pour lui valoir de décharge du dépôt provisoire des dits drapeaux. 11 a été, en outre, arrêté que le projet d'inscription cy-joint seroit exécuté; et ont MM. le curé, Potticr père et Le Blanc, trésorier, Potticr tils et Porlicr signe, lecture faite. Ainsi signé : Bcrard, Potticr père, Le Blanc, Potticr fils et Porlicr, avec et sans paraphes.

» Le soussigné, commissaire à ce commis, certifie la présente copie véritable et conforme à l'original. A Rouen, le 4 déc. 1789. Signé : Porlicr. »

Suit la teneur de Pépitaphc :

« Pour perpétuelle mémoire.

» La nouvelle de la prise de la Bastille par les brave < citoyens de Paris s'étant répandue dans la ville de Rouen, qui, depuis le 12 juillet 1 étoit désolée par une insurrection effrayante, excitée par les ennemis du bien public, douze cents citoyens, dont la pluspart ne taisoient point partie de la milice bourgeoise qui avoit pris les armes formèrent le projet de concourir avec elle au rétablissement de l'ordre et se vouèrent à la défense de leurs concitoyens. Ils présentèrent leur vœu à M. le comte de Radepont. maire, et au corps municipal et électoral. Leur deman le fut favorablement accueillie, et ils furent constitués, puacte du 21 juillet, sous le titre de Volontaires Patriotes Je la commune de Rouen. Ils ont lait le service militaire, tant à pied qu'à cheval, sous les ordres de M. le marqué d'Hcrbouvillc. qu'ils nvoient, par acclamation, nommé

leur colonel-général. Ils ont escorté les convois de grains destinés pour la capitale et autres villes, et se sont comportés de manière à mériter les applaudissements de l'Assemblée nationale et des marques distinguées de reconnaissance de la part des représentants de la Commune de Paris.

» Mais le corps municipal et électoral ayant jugé que pour cimenter l'union parfaite qui doit exister entre tous les citoyens, il convenoit d'établir une seule milice sous les ordres d'un seul commandant et officiers librement élus, projet qui avoit été proposé par M. le marquis d'Herbouville et agréé par les officiers dudit corps de Volontaires, il fut décrété, le 2 oct., qu'il n'y auroit plus désormais, dans la ville et dans les faux-bourgs, qu'une seule milice bourgeoise, sous le titre de Garde nationale et citoyenne, ce qui ayant été revêtu d'un décret de l'Assemblée nationale du 21 dudit mois, sanctionné parle Roy le 25, a été mis à exécution, et les différents corps de milice existants se sont trouvés licenciés.

» Pour quoi le corps des Volontaires ayant eu la satisfaction de voir nommer M. le marquis d'Herbouville colonel-général de la Garde nationale et citoyenne, plusieurs de ses membres officiers, et s'y trouvant en partie incorporés, et pour donner une preuve de son respect pour l' Assemblée nationale, a cesse toute espèce de service particulier et déposé ses drapeaux dans l'église de Saint- Kticnne-des-Tonnelicrs pour être places au haut de la contretable.

» Une messe solennelle ayant été célébrée par M. Berard, curé de lad. paroisse, et après avoir chanté la prière et l'oraison pour le Roi, expédition du présent a été remise à mondit sieur le cure pour être déposée aux archives de la paroisse, et il a été arrêté qu'il scroit gravé tout au long sur une planche de cuivre qui sera placée à l'endroit qui paroîtra le plus convenable.

- Fait et arrêté à Rouen, le 2S nov. 17S.». »

Ces drapeaux, placés en si grande cérémonie dans le chœur de Saint-Lticnnc-des-Tonnclicrs ne sauvèrent pas cette église.

Elle disparut par la force des choses, comme le corps des Volontaires Patriotes.

L'Assemblée nationale, par décret du 17 février 1791, supprima l'église de Saint-Étiennc-des-Tonneliers et en réunit le territoire à celui de la cathédrale de Rouen.

L'église, avec l'ancien cimetière, le presbytère (rue Saint- Étiennc, n<* 1 1 et 12) et trois maisons adjacentes (même rue. n°« i3, 14 et i5) furent adjugés, le 10 mai 1792, par les administrateurs du District, pour le prix de 97,000 1. à Jean- Pierre Bizet, négociant à Rouen, rue de la Harengueric, n* M>.

On réserva, lors de la vente, les rétables, autels, leurs décorations, les fonts baptismaux, les lambris qui décoraient les murs, les stalles, la chaire a prêcher, le buffet d'orgue, les inscriptions les tombeaux et les cercueils.

Les fonts baptismaux ornent aujourd'hui l'église Saint- Uomain. où l'un retrouve aussi deux vitraux de l'ancienne église de Saint-Etienne, représentant le martyre de saint Ktienne. Les autres vitraux passèrent en Angleterre à la suite de la vente qui en lut faite deux étrangers Van flamb, hollandais, et Stevenson, anglais (1).

La Gloire se voit a l'église Saint-Eloi (2}.

Le musée conserve encore une belle toile, « genre Ribera ^nint Sébastien, mort dans les bras des saintes femmes, de 3 pieds 10 pouces sur 3 pieds 1 1 pouces, » n a 335 du catalogue de Le Carpcnticr, qui provient certainement de Saint-Lticnne-des- Tonneliers.

(1) De la Qu^rière. Coup d'ail rétrospectif sur -4 églises paroissiales supprimées a Rouen en /;-,/, p. y. — Le même auteur avait reconnu, chez un menuisier, tic» stalles provenant de 1 église de Saint-Kiiennc-des-Tonneliers.

(2) IM. t p. 7.

Les stalles furent transportées à Saint-François (19 oct. "79»>.

Quant à la contretable de Lamine, j'ignore -ce qu'elle devint. Je ne pense pas qu'elle ait été détruite, parce qu'elle repondait trop bien au goût dominant.

Je ne sais ce que devint Lamine.

Un Lamine, membre de l'ancien comité de surveillance, demeurant a Rouen, rue des Faulx, fut dénoncé par les sections, après la chute de Robespierre, t comme ayant été un des principaux agents de sa tyrannie. »

ÉGLISE DES COUDELIERS

DF.VI5 POUR LA CONSTRUCTION I)'UNE CHAPRLÎ.E AUX COKDKMKMS DK ROL'KN (1402}

Les anciens devis d'architectes sont trop rares, du moins dans nos archives, pour qu'il y ait lieu de craindre de s'engager, en les publiant, dans une entreprise bien longue et bien coûteuse.

Les noms qu'ils rappellent, les prix dont on convient, et même les termes employés, sont intéressants à noter.

C'est ce qui m'engage a communiquer h la Commission le texte d'un marché fait pour la construction d'une chapelle, par les Cordelicrs de Rouen avec un maçon du nom de Thomassin Gaignct.

Ce maçon avait été l'un des entrepreneurs qui se chargèrent de la construction de deux travées de voûtes au transept de l'église de Saint-Ouen, d'après les plans de l'architecte Jean de Baycux. Gai-net est désigné comme maçon de Saint-Ouen.

Pour la construction que commandèrent les Cordelicrs et Alorgc, leur bienfaiteur, l'architecte était Jcnsson Salvart qui fut, à Rouen, maître des œuvres pour le Roi et pour la Cathédrale.

La rue du Vieux-Pont qu'avoisinait la nouvelle chapelle ne peut être que la rue Jacques-Lc-Licur, dite, aux deux derniers siècles, rue des Rccoucts et, par corruption, des Iroquois. Je ne saurais dire a quoi tenait cette appellation de Vieux-Pont, par opposition à Grand-Pont, nom

iSû

donné à une rue voisine, parallèle h celle-ci. Viendraitelle d'un pont antérieur à celui de la reine Mathilde ? De l'autre côte de la Seine, en regard des Cordelicrs, il y avait aussi une rue Vieux-Pont (i).

Mercredy, xxix* jour de novembre 1402.

« Marchié fait parle gardien et tout le couvent des Cordeliers de Rouen et Robert Alorge, bourgeois de Rouen, a Thomassin Gaignet. maçon de Saint-Ouen de ladite ville, de faire par ledit maçon, en l'ostcl des dis Cordeliers, sur la fontaine dudit ostel, à l'endroit du bout de la rue du Vieil-Pont, c'est assavoir une chippclle laquelle sera de m toises et demie et un poux de lonc et 11 toises et 1 pié et vin poux de large et de xl pics de hault ou environ depuis le rès du pavement du Roy, notre sire, à l'endroit de ladite fontaine, jusques au hault de l'entablement sur quoy la charpenterie de ladite chapelle sera. Et ara. au bout de ladite chapelle, un pillier de deux piez et demi de col et de deux piez de large qui se vra amortir dessoubz l'entablement de ladite chapelle, et se amortira à un lermier bien et deuement. Et se haulsera le pignon de ladite chapelle ainssi comme la chose le désire, et sera ledit pignon revestu d'enchapement, qui fera lermier d'un costé et d'autre, et en l'amortissement dudit pignon

(l) « Jehan Brique baille à louage pour 9 ans une grande maison devant les Cordelicrs de Rouen, d'un costé maistre S y mon du Val-Richcr, d'autre costé la rue appelée le Vieil-Pont, d'un bout au pavement devant les Cordelicrs, d'autre bout au canal de Sayn:, mars 1401 (v. s.) ». Tabcllionnage de Rouen, qreg., f" 144. — De l'autre côte" de la Seine, en face : « Rue de Vicupont, paroisse Saint-Sever. » Rôle du xiv» siècle (F. de Saint- Oucn). Le Vieux-l'ont, pièce de terre entre la rivière de Seine et Richcbourg. O delà ville de Rouen, 14.^0-1457 (Arch. communales). Une charte de 1 160 mentionne aussi la rue « de Vcteri ponte ante Sra Vincentium ». Cart. norm., no 647, p. n5.

fera une f ou un enirepis pour meictre un ymage aussi comme les di/ Cordeliers et Alorge vouldront. Et au hault dudit pavement à vin piez ou environ aura un soubzbassement bouc et masselé bien et suffisamment, qui rocra tout entour aux deux costés de ladite chapelle. Et aura en ladite chapelle une baéc kiquclle aura xn piez de large ou etc., en laquelle baéc aura une vousseure à tel hault que l'on vouldra aviser que elle soit, par Inquelle on enterra (pour entrera) de la nef de ladite église en ladite chappelle, et sera de telle hauteur comme maistre Gucnson Salouart, ordonneur dudit ouvrage, regardera qu'il sera nécessaire entre fait. Et seront les jambez et vousscure chanfrains bien et deuement et y aura un enleuillemcnt. Fera cnluellcment pour les fourmez qui fera encorboreillcmcnt iyour encorbellement; et lermiers dedans que dehors, et roeratout entour de la dite chapelle, et sera ledit encorbeillemcnt à vin pie/ de hault ou etc.. de l'eirede cette chapelle. Et si fera deux formez chantraintez tellcz comme ilz sont trachéez et ordonnéez par la main dudit maistre Gcnson. Et doit escorchier le mur de la chappelle vielle d'un pic ou environ pour croître ladite chapelle, lequel mur doit estre enduit de pla-tre aux despens desdiz frères Alorge, et en iceilui mur doit faire un autel bon et suffisant au costé duquel autel ledit maçon fera une pechinc i piscine), bonne et suffisante, telle comme elle est ordonnée par ledit maistre Ge :^on, et doit passer le tucl de ladicte fontaine par ladietc pechinc, lequel tuel doit estre remué (changé de place) aux despens desdiz frères Alorge, et ledit maçon doit faire la maçonnerie a ce appartenant seullement. Et si doit faire une huisserie a deschendre de la neufve chappelle en la vielle, se l'en a advis de la y faire; et est tenu ledit maçon ù faire, parfaire toutes les choses de-^us vhtes et dépecer toutes les maçonneries A ses coux et trais, par ainssi que on lui doit trouver toutes matière* sur le lieu, ehintre/, fais, boiz, claiez, iieurez et toutes autres choses à fere establics ; et

si lez doit faire à ses despens, et lui doit l'en trouver raoulles faiz, et foire venir ledit maistrc Gcnson, à leur* despens, toutesfois que le dit maçon en aura raestîer er, faisant ladicte besoingne. Et si lui sera l'en tenu vuidier les terres pour faire les fondemens, et ledit maçon est tenu à les faire raemplir. Ccst marchic fait par le prix et somme de xi" 1. t., dont lui fu paie la somme de xx 1. t. dont etc. le demourant sera paié audit maçon en faisant h dite besongne égaument et par l'ordonnance de maistrc Genson. Et promist le dit maçon toutes les choses dessus dictes faire et parfaire bien et deubment à l'ordonnance du dit maistre Gcnson et en icelle besongnicr continuellement par chascun jour sans intervalle jusques à ce que ladicte besongne soit acomplie bien et deuement, oblige biens, etc.

» Item le dit Alorge sera tenu paicr, oultre ce que dit est. au dit maçon, x. I. t. pour faire la fourme du pignon Je devers le Vieu-Pont, de bonne membreurc et suffisante, a l'ordonnance du dit Genson, nonobstant que, par ic marchic dessus dit, la dicte fourme ne devoit estre que chanfrainte. »

NOTE

SUR

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