‹ Dernier recueil de notes historiques et archéologiques concernant le Département de la SeineInférieure et plus spécialement la ville de RouenChapitre 17 sur 19 · DOCUMENTS DIVERS RELATIFS A LA MARINE · texte numérisé non relu

DOCUMENTS DIVERS RELATIFS A LA MARINE

Robert d'Arches baille à louage pour un an la moitié desfouicrsde Leure(i), de Harefleu,du ChiefdeCaux (2) et de la Hogue(3) pourxescus de Johan, 1 39 1 (Reg. i,f°54).

« Ferrant Louppcs, de Lisbonne, maistre à présent de la nef S e s\farie, du Port en Portugal (4), par procuration à lui faite de Domingue Perisleide, à la copie de laquelle ces présentes sont annexées, confesse devoir à V'asco de Lamego, marcheant du Port en Portugal, la somme de l fr. dor du coing du roy de France, notre sire, à luy tous ses prestez pour les vivres et nécessitez de lad. nef; pour lesquiex l fr. dessus diz !ed. Louppcs promist et s'obliga rendre et paicr audit Vasco ou au porteur de ces lettres au Port en Portugal ou au port de Lisscbonne, la somme de ne i.xxv 1. de la monnoic du roy de Portugal, xv jours après ce que lad . nef sera arrivée à un des dis port; et à ce paier ledit Ferrant obliga. par la vertu de lad. procuration, lad. nef et tous les apparculs dicclle, tant seullement, et rendre tous coux et dommages, avec xx s. de painc, de lad. monnoic, pour chascun jour qu'il deflaudroit de paiement après led. terme passé, > 1J70 (Reg. 3, fo 43).

« Jehan Le Clerc, demourant à Carentcn , quicte Martin Charles, bourgeois de Rouen, de tous les dommages que led. Jeh. Le Cierc peut avoir eulr en un ve^scl chargé de poys, qui fu enfondré en leaue de Seine parle batel dud. Martin, » i3<u (Reg. 5, f" t, >).

« Comme descort fust )\ pieça meu entre Robin de Grommcsnil, escuicr, d une part, et Marin Quatricux, monnoier du serment de France, demourant a Rouen, d'autre, sur ce que ledit monnoier faisoit demande audit

(1) Lcure, au sud du Hr.vre (Scine-Infcrietire).

(1) Chef-dc-Oux ou Sainte-Adresse (Seine-lnfcrieurc).

(?) Commune Je Bouillon (Manche).

(4) Porto (Portugal).

cscuicr de plusieurs marchandises, tant de vins qac Ce plusieurs autres derrées qu'il estimoit valloir la somme de v mil 1. t. ou environ, et qu'il disoit que Icd. escuier, en la compaignic de plusieurs autres, Guillaume Monn. Fouachc, Jehan Le Brument, Jacquet Le Boucher, avoient prinsesou fait prendre, l'an 1370, la veille de NoJl ou environ, sur la mer, en une nef que l'en disoit nom m Je Corps Saint, du rovalme de Portugal, que ledit Morïn avoit achetée audit lieu, si comme il disoit, et dans laquelle iceluv Quatriculx estoit.. » Affaire renvoyée devant noble et puissant seigneur Regnault de Trie-, chambc.ijn du Roi, amiral de France, ou son lieutenant à Hat rk-ur. Quatrieux quitta Grosmesnil « moyennant bons comptes » 1400 (Reg. <h f° 26).

t Jehanne, deguerpic de feu Jehan Agasse, en son vivant voiturier par caue et demourant à Rouen, en la paroi S'-ÉIoi, et ycelle femme à présent demourant en la par. S'-Pol, en l'ostcl de M« Jehan de Quatremares, conseiller du Roy, notre sire, quietc, transporte et délaisse à Picru Le Ribert, marchant, demourant à Rouen... tout et telle debtc que lui doivent les religieux abbé et c?uvent Je S'-Gcorgc de Bauquiervillc (1), tant de voyture îaicte par caue par led. feu Amasse, de fain, de futaille et de vi-i. .juc autrement, ledit tain mené dud. lieu de S'-Georce a Paris, la futaille à Longucv illc (2) et le vin de Longues il Se j S'-Gcorgc, » 1402 (Reg. 9, fo 3o3).

c Jehan Martin, de la paroisse de Saumcr ou Bo<-cz r>rv-i Boullongne (3), confesse devoir à Pierres Osmont, bourbe de Rouen, la somme de xlviii 1. 1. pour v endue de îv mculit» à blé, etc., et avec ce confessa led. Martin que led. Pierre aroit la moictié en vin meulles mises avesques autrc> >iu vcsscl Michault Potée, pour mener, au plaUir hieu, à

(i) Saint-G.orgcs-dc-Bosehervillt:.

(3, Longue ville, pres Vcrnon (Furc).

(i) Samcr, arrondissement Jj Boulogne (Pas-Jc-C.tlu;»\

Est>pes, pour ylh cstrc vendues et distribuées à leur prouffit, à paier dedens Pasques prochain venant ou plus tost, se lesd. meullcs cstoîcnt distribuées, » 1402 (Reg. 9, f° 307 v°).

« Jehan Moisson, demourant à Rouen, procureur de Jehan Gcuvret, demourant à S'-Malo de l'Isle (r)... congnut avoir quitté et quitte et clame Pierres Le Bret, de S'-Étienne de la rue aux Tonneliers de Rouen, de tout ce qu'il pourroit demander à cause de ce qu'il a gouverné un vessel nommé le vessel S x -Julien> * mai 1403 (Reg. 10, fo 1 v°).

Un marchand et maître de nef, de S'-Pol de Léon, un autre, de Lendudcc, vendent et livrent à un facteur des « manans et habitants de la ville de Chartres, xlii poises, xu mines de sel gros a la mesure de Rouen, pour vi livres xji d. t., » 141 3 (Reg. i3, f° 21 1).

« Jean Lcscuicr, marchand du pays de Bretagne, de la paroisse d'Ildue (2), maître de la nef de M r S x -Christophe d'Aberlut, près S. Mathieu, promet dédommager Thomas Bonncville, marchand anglais, demeurant à Rouen, * 1421 (Reg. 19, f" 107 v°).

t Joucn Scokin, marinier anglais, et Guillaume Davy Gaultier, charpentier, anglais, piègent et cautionnent Pierre Martin, du même pays, maître d'un « vessel nommé YEsragic, de poursuir et fournir droit sur l'arrcst qui a esté fait sur ledit Martin et vessel à la Fosse (3), par les gens et otficicrs des gens du Roy, » 142 1 (Reg. 19, f° 189).

■ Jouhcn Gadisdcnc, natif du païs d'Engletcrrc et serviteur de mons. Jeh. Fenard, chevalier, chambellan de la Royne, confesse que par Richard Salin, serviteur aussi dudit chevalier, luy ont esté bailliez et délivrez ix queues

(1) Saint-Malo (lllc-ct-Vilainc).

(j) Ile Dhu *Côtes-Ju-Norvl).

(3) La Fosse de Leurc ;prcs Havre).

et ung poinçon de vin vermeil, tous prestz et chargiez en un vessel de mer au kay de Rouen, pour mener en Englcterre pour leur dit maistre jusques en la ville de Londres, lesquieulx vins coustent, livrez dedens le bort du vessel. tant en principal comme en frais de par deçà, ensemble 1 1 frans de fieblc monnoyc, bailliez au marinier duJit vessel de mer, comprins ensausi en bateric d'arain xxix livre*, la somme de mil lx 1. t. fieble monnoye, de xn gros pour livre; vault en forte monnoyc cxxxu 1. x t. 1 d., qui valent en escus d'or cxvn escus xvn s. v d. ob., » 1420 tReg. w,

fo 266 Vo).

Guillaume Qibi, naguères capitaine de Honfleur. Le Roi lui avait écrit, ainsi qu'aux gouverneurs de cette ville, Je donner à Jacquet Celestre, bourgeois de Rouen, « un balenier de Bretagne étant au hable dudit lieu, en recompense d'une nef chargée de blé qui avait été robée par les Bretons, • 1422 (Reg. 19, f° 327 V*).

Jehan Calois, maître et gouverneur de la grande ne 1 Mons r Yon, sire de Garcncicrcs, montée par 4 marincauv donne quittance au Roi de 1 1 2 s. 6 d. pour portage à Caen de 3 setiers et 3 mines de sel, 16 mai i3oi (Arch. de la S.-Inf., F. Danquin).

Paiement par le grènetier de Rouen à Guillaume Yonvart, maître du vessel N.-D. de Cancaîe, dont étaient compagnons marineaux Guillaume Daniel et Jchannet Yonvart, de 10 mines, à 10 s. la mine. 2 juin 1401. IbiJ.

• Par ordre du Roi, Karados Des Quesnes, s p de Sare<villier cl de Boullongne la Crasse, chambellan du Roi et son bailli de Rouen, avait fait rctrairc et amènera Rouen tous les bateaux, bacs et autres vaisseaux étant en Ij rivière de Saine ès mettes du bailliage de Rouen, en quo\ l'en peut passer aucunes gens et chevaux pour que inconvénient ne pût en suivre au Roi. » Il manJe au vicomte Je faire payer les serments, ii\ oct. 14U. IbiJ.

On n'aura pas manqué de remarquer le faible tonnage des vaisseaux qui stationnaient au port de Rouen. Les

chiffres les plus élevés que nous ayons relevés sont 140, i5o, 160, 1S0 tonneaux (1); mais ces tonnages sont exceptionnels.

En i5o(*>, le Roi demanda qu'il fût construit, pour la sûreté du pays, une flotte aux frais des villes franches, et que Rouen, pour sa part, fît faire un vaisseau du port de 400 tonneaux. Les conseillers consultèrent Aloncc de Civillc, armateur fameux, qui évalua la dépense à 10,000 écus et déclara qu'a son avis il serait préférable, au lieu d'un navire de 400 tonneaux, d'en faire deux du port de 200 tonneaux chacun, « parce que ung si grand navire ne peult navygucr en cette ville et ne scroit que une gesnic. » Les conseillers se rallièrent à son avis. Le vaisseau qu'il fallut faire construire, dans l'atelier d'Etienne de Chaumont, fut pour la Ville une source d'embarras. On ciaignit que la quille qui avait été faite ne fût pas assez forte ni assez puissante; et pour les ancres, il fallut les commander à Bilbao. Malheureusement, il se trouva que le navire qui devait les recevoir était trop petit. Comme il s'agissait d'ancres de 2,000 à 2,5oo, et que, d'après le dire d'un maréchal, domicilié prés du Clos aux Calées, on n'en pouvait construire à Rouen au-dessus de s à «joo, on dut s'adresser soit aux grosses forges de Normandie, soit à des établissements de la Flandre (2).

Au xvtr siècle encore, malgré l'amélioration apportée à la navigation fluviale, principalement par les chemins de halage. Farin nous apprend que les plus grands vaisseaux qu'on voyait monter à Rouen dans les plus hautes marées étaient tout au plus de 3oo tonneaux de port.

Il ne faut pas perdre de vue que les vaisseaux n'avaient, au moyen ;1ge, qu'un faible tonnage, si l'on veut s'expliquer

(1) Le tannage inférieur à 100 tonneaux fut encore le plu* commun dans la première moitié du xix' siècle, au dire des pratiques de la Seine.

(2) Délibérations du 18 déc. 1 5of,, 1 S juillet i. ; oS, 18 janvier 1 r> 1 a , p. 07, 08, toi de l'Inventaire.

comment Rouen, et surtout Harflcur, ont pu être des ports de guerre. Si grands que soient les changements survenus dans l'état de la Basse-Seine depuis le xv f siècle, il eût clé bien impossible que cette dernière ville avec la petite rivière qui la traverse, avec l'étroit bassin, aujourd'hui comblé, qui a retenu le nom de Clos aux Galécs, eût pu servir de refuge à de grands vaisseaux. De là viennent ces chargements et déchargements qui avaient lieu, à cette époque, pour Harfleur et Rouen, à la Fosse de Leure, vers l'embouchure de la Seine.

Du reste, les difficultés de la navigation, loin d être considérées comme un obstacle à la prospérité du commerce maritime et de la piraterie, à Rouen et à Harfleur, devaient être, au contraire, considérées comme un avantage, en ce qu'elles assuraient aux navigateurs une certaine sécurité contre les surprises de l'ennemi.

(1) On peut consulter, pour l'explication de quelques-uns des mots cités dans cette notice, le Glossaire nautique, de A. Jal, 1848. Mais il y en a bien qu'on n'y trouvera pas et dont je n'ose ni tenter l'explication, ni même garantir la lecture.

NOTE

sur l'église saint-candk-lr-vif.ux

L'église de Saint-Cande-le- Vieux, de Rouen, était considérée comme de nul diocèse : elle dépendait de l'évoque de Lisieux, qui prenait le titre de doyen de Saint-Cundc et possédait, tout près de cette église, un hôtel encore connu sous le nom d'Hôte! de Lisieux. Ce fut à l'évèque de Lisieux, Mgr Georges du V'air, que les Trésoriers s'adressèrent, en itV>o, pour obtenir la concession d'une place vide, en forme d'un petit cimetière, contigue et adjacente a leur église, afin d'y faire bâtir une chapelle pour la commodité du peuple qui venait, les dimanches et fétes solennelles, en si grande quantité qu'il n'y avait point assez d'espace pour le contenir. Mgr du Vair accéda à leur demande par lettre datée de Pont-Audemcr, 3 juillet 1620. Il est à remarquer que dans les registres de comptes de la Fabrique, en 1O21, on donne a entendre que cette vide place était le cimetière de la Sainte-Chapelle de Normandie, c'est-à-dire de l'ancienne chapelle du château de la Vieille-Tour, lorsque ce château servait à la résidence des ducs de Normandie. En 1643, les Trésoriers s'étant permis, sans autorisation du successeur de Mgr du Vair, Philippe de Cospean, d'entreprendre sur le terrain de ce prélat pour la construction du portail de leur église et la reconstruction des murs du cimetière, eurent a soutenir contre lui, au Parlement, un procès qui ne parait pas avoir tourne à

leur avantage. Peut-être auraient-ils pu alléguer pour leur excuse, la lettre et l'ordonnance suivantes de Mgr de Cospean, moins intéressantes par le fond que par la forme.

« Messieurs, si ma conscience me le permettoit, je vous accorderois, très volontiers ce que vous désires, touchant le cimetière de vostre église; mais ne me le permettant pas, je m'asseure que vous trouverez bon que je la suive plutôt que les intérêts de qui que ce soit. Aussi y suis-jc résolu, messieurs, et de mettre en ceste affaire le tout pour tout, comme de vous servir en toutes les occasions que j'en pourray rencontrer où il n'i aura rien contre mon devoir. Je prie Nostre Seigneur qu'il vous bénisse, et suis

> Messieurs,

> Vostre très affectionné serviteur

et vray Père en J.-C.

» P., évesque de Lisicux.

» A Paris, ce 4 Aoust. »

« Philippe de Cospean, par la grâce de Dieu et du sain: siège apostolique, Evesque comte de Lcsyeulx et doyen de l'Eglise de Saint-Cande-le-Vieil, de nul diocèse, de la ville de Rouen, au promoteur de l'exemption et officinlité dudict lieu. Ayants entendu par personnes tant ecclésiastiques que layques, dignes de foy, que les murs et closture du cymetière de vostre Eglise, tombez en ruyne, donnoient occasion à quelques gens d'y mettre charettes et descharger marchandises et y apporter vuidanges de maisons, et a quelques vagabons et desbauchez, de l'un et de l'autre sexe, d'y passer les nuitz, et aux enfans des paroisses circomoysines d'y accourir pour y faire des parties de divers jeux, d'y saulteur {sic) sur les tombeaux, de s'y entrebattre, d'y jetter des pierres, d'y casser les vitres, et de rompre les saintz images, tant du grand portail que de* dictes vistres, et, ce qui est du tout à abhorrer et détester.

J'y faire des immondices et autres abominables actions, doqucllcs la moindre l'auroit peu profaner et rendre incapable de doresnavant rccepvoir le corps des ridelles, que 1' :ipo<trc appelle les temples du Saint-Esprit, qui, conformément à ceux de la primitive église, y élisent encor au jour d'huy leur sépulture, y attendant le grand et universel jugement de tout le monde ; nous entendans ces choses et craignants l'yrc de Dieu, qui nous a mis sur l'cschauguctte de l'église pour y appercevoir de prez et de loin les perfections des uns et les dcfTaux des autres, afin d'y pourveoir selon l'opportunité, vous mandons qu'incontinent aprez la présente receue, vous ayez à solliciter les thésauriers et paroissiens de vostre dicte église à considérer ce desordre et pourvoir à cette nécessité, importante à l'honneur de Dieu et aux règles de toute l'église, pour estre promptement lesdicts murs et clôture dudict cymetière rcllcvez et construietz ainsy qu'ilz ctoient le temps passé, auquel sy sainct œuvre de pieté envers les relicques des saincts s'il se rencontre, par la suggestion de Sathan, ennemy de tout ordre et persécuteur et destructeur de toute police ecclésiastique, aucuns vous empeschans d'exécuter ce nostre pieux desseing, nous les excommunions et voulons que vous les déclariez, au troisième dimanche, en plain prosne de vos grandes messes, excommuniez, privez des sacrementz et suffrages de l'église, et, mourans en cet estât, forcloz de l'ecclésiastique sépulture; déclarons, aprez six sepmaincs de la lecture de ces présentes ledict cymetière profane et polut et interdict à l'usage de l'église, vous enjongnans dans quinzaine nous rendre certains de ce que aurez negotié sur ce subjet, a payne de contravension et de vous faire subir les payncs au cas appartenantes.

• Donné en nostre Palais cpiscopnl de Lisicux, le xvi< jout de juillet mil six cent quarante deux.

» Philippes, évesquect comte de Lisieux, doyen de Saint Candre-le-Viel. »

NOTICE

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