SUR LA
DESTRUCTION DU BOURDON G. d'aMBOISE ET DES GRILLES DU CHŒUR DE LA CATHÉDRALE
De nos jours, ù en juger par la généralité des cas plutôt que par des exceptions, c'est l'Etat qui remplit la mission de protéger les monuments historiques contre les administrations locales, intervention légitime, et dont il y a lieu de le féliciter, s'il évite de tourner en monopole une œuvre de protection, s'il ne repousse pas le concours de ceux que la province lui offre à l'envi pour collaborateurs.
Mais l'État n'a pas toujours été animé de cet esprit libéral : dans deux circonstances, que nous allons rappeler, les rôles sont intervertis, et nous voyons des monuments, d'un haut intérêt, condamnés par l'État et défendus avec honneur, quoique sans succès, par des administrations de notre ville : je veux parler des grilles du chœur de la Cathédrale de Rouen et de cette cloche de Georges d'Amboisc, qui passait autrefois pour n'avoir point de rivale en France.
Ce que je dirai de ces deux œuvres d'art ne doit être considéré que comme une introduction nécessaire aux documents que je publie. Quelques mots suffiront pour la cloche de Georges d'Amboise, qui est bien connue. J'entre dans plus de détails sur les grilles du chœur de la Cathédrale, parce qu'il en a été peu parlé, parce que certainement elles ont servi de modèle aux églises de notre pays, et parce qu'il est encore permis d'espérer, cnappelant sur
elles l'attention, d'arriver à la découverte de quelque dessin qui nous console quelque peu de leur perte.
Lorsque le cardinal d'Estoutcville eut orné le chœur de la Cathédrale de stallcscn bois sculpté que l'on admire encore, dans ce qui nous en est resté, il arriva naturellement que les grilles ou carottes en fer, dont elles étaient entourées, ne parurent plus en harmonie avec cette décoration, d'un goût nouveau.
Aussi voit-on Guillaume Aubcr, chancelier du Chapitre, proposer aux chanoines d'en faire exécuter d'autres, suivant un plan qu'il soumit à leur examen. Il s'agissait d'y employer les fonds dont il était dépositaire, en qualité d'exécuteur testamentaire de l'archidiacre Philippe de la Rose.
Ces carottes, dont le plan fut approuvé, devaient, pour répondre aux intentions du testateur, être somptueuses et magnifiques; et il n'y a guère lieu de douter que celles qui furent exécutées n'aient mérité ces qualifications, si l'on en juge par cette riche clôture en maçonnerie du Rêvestiaire ou sacristie, qui fut construite, vers le même temps, par les soins de Guill. Aubcr et avec l'argent du même Ph. de la Rose.
M. Deville, dans une notice manuscrite, émet l'opinion que ces carottes étaient en fer. Le marché que nous aurons l'occasion de citer autorise à l'atlirmer. Le bois fut réservé pour les portes de> bas-côtés. Pommcraye mentionne les balustres de bots « fermant les aisles du choeur qui avoient -te fntes. » ainsi qu'il le marque, par Guill. Auber en i f 7 3 . [. //gloire Je R itctt, éd. de u't., i r partie, p. «'•>, dit. à son tour : « Kn 1473, Guill. Auber, chanoine, donna les portes de buis des sous-ailes du cheeur. »
Au b >ut d'un assez petit nombre d'années, ces carottes ne ré.» >ndaient d/jï plus au goût d >minant, et l'on songeait a les remplacer pir des carottes d'un asp.-ct :1101ns i.-vère.
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Le 9 mai 1 5 1 9, le changement était résolu, mais l'on hésitait entre le fer et le cuivre. On se décida pour ce dernier métal, qui était alors travaillé à Rouen, avec une rare perfection, par des fondeurs auxquels on s'adressait de tous côtés pour la fabrication de cloches d'église et de pièces d'artillerie. Il était assez naturel que Rouen fût devenu le centre de cette industrie, parce que c'était l'entrepôt des cuivres qui venaient en France du nord de l'Europe.
Le 3i août de cette même année, on faisait marche avec deux artistes, Benoît Huart (1) et Guillaume Le Boucher, demeurant, l'un et l'autre, sur la paroisse Saint- Martin-sur-Renelle, lesquels s'engagèrent conjointement et solidairement à faire, f au lieu où étoient de présent les clôtures de fer, des cloisons en cuivre neuf, bien affiné et jauny et aussi bon ou meilleur que ouvrage qui lut fait en cette ville, jouxte et selon le pourtraict par eux monstre, et de besongner incontinent qu'il plairoit aux dits sieurs de Chappitre le commander, à raison de 2 s. 6 d. la livre. »
Le 27 mars i524(v. s.), ils annonçaient qu'ils étaient en mesure de mettre en place une partie de ces clôtures. Le 1 8 décembre 1 52Ô, on constatait que 7 vases iphiola?) étaient posés; 5 portaient, chacun, un chandelier à cierge; entre les deux autres on devait placer la représentation d'une Annonciation (un ange et la Vierge) avec une plaque entre deux, portant cette inscription : Ave Maria gratia plena Dus tecum. Nous n'hésitons pas à penser que ces premières carollcs furent placées à partir du jubé, entre les piliers qui sont vers la sacristie, et que la représentation de l'Annonciation servait de couronnement à la p-îric p;;r laquelle on entre dans le ch eur Je ce côté.
Un on continua l'ornementation des carollcs, et
(1) Bencst, fondeur, est cité, dès i3o3, dans un compte de Saint-Kiiennc-la-grandc-Lguse.
Ton commanJa aux fondeurs une statue de saint Romain, pour laquelle on eut à paver, le o nov. de cette année, une somme Je 2 1 7 I.
Les travaux furent poursuivis, mais avec mollesse, parce que le Chapitre manquait d'argent ( 1 ). Heureusement, l'archevêque prit intérêt à l'entreprise, et, yràee à sa libéralité, on put achever une carolle vers la chapelle Saint- Pierre et Saint-Paul. C'est ce que nous apprend une délibération du Chapitre du 3 mars de l'année i53o, portant qu'on paierait par anticipation, aux fondeurs Guill. I.e Bouclier père et fils, la s mime d'argent nécessaire a la confection d'une caroile qui ferait suite a celle-là. V.w 1.-4!, la hausse survenue sur le cuivre obligea le Chapitre a leur donner 7 s. par livre au lieu de »"» s. 0 d . et, comme ils n avaient pis les moyens de l'aire des avances, on leur paya encore 3oo I. par anticipation '3 mars 1 5 |0. v.s ... La hausse sur le cuivre augmentant, on leur offrit, en outre du pr ix convenu, une somme de i5o 1. dont ils >e contentèrent \2'h OC t. I 34o).
A partir de ce moment, les travaux se poursuivent av.-c une plus grande activité, et le Chapitre ne parait plus avoir affaire qu'à (juill. Le Boucher et a son tils Pierre. S'il est encore questi m une fois Je Benoît Huart. ce n'est qu'au moment Je la mort Je cet artiste, et vraisemblablement à l'occasion J'un marché particulier fait avec lui pour les portes Ju clueur, évidemment distinctes Jes cjrolUs, et pour lequel il lui avait été fait quelques a \. mec > \i<.
{1) Janvier ib'i<>, « que le> t-nJeurs continuent à travailler jusqu'à Cuncurrenec Je .. — 1^ < et. 1 b > 2, n-c< mpte Je nu,\.
pavé aux t. nJeurs. — ai kv. i.S.i.j. J..nru : ;uix ImiJ.-ur* par les m. litres vie I.i Fabrï pie un ie*t,.n <>w i>> s. J., Ci. s? .<'*>.
( t, \ tev. l.Ï M . v. s.>. l'.ut: adt\r! ni JJi-A quidam c<-i:". nnnatus l'HiUit,fir t <.> y»* Ui ion e /. «-.'vf ■ . / f /a» \ v ptwunias ultra quod uftratus j'ut-i al fro iwlcua de lu. bat it rm-ftiat,
Le cardinal de Vendôme, le jour même de sa réception comme archevêque, en l'église de Rouen, le 12 février 1 552 (n. s.), annonça son intention de faire les frais du reste de la clôture du chœur, du côté de l'archevêché, et donna l'ordre à son trésorier de payer ce qui serait nécessaire u ). Le i cr juillet suivant { 1 5 52), le trésorier soumettait à l'approbation du Chapitre le dessin colorié de deux figures. Notre-Dame et saint Siméon, qui devaient être placées à une nouvelle carolle, « in duobus butis aîtis carole ex cupro », du côté de la chapelle S.- Pierre S.- Paul. C'était évidemment une Présentation, qui était destinée à faire le couronnement de la porte du chœur vers l'archevêché et à servir de pendant a l'Annonciation, dont il a été parle précédemment. Les chanoines donnèrent leur approbation a ce projet qui complétait les carolUs du chœur.
Mais a cela ne devaient jxts s'arrêter les travaux de Guill. et de P. Le Boucher. Jusqu'ici il n'a été question que des carolks qui entouraient le chœur proprement dit. On voulut former une nouvelle enceinte de carollvs autour du sanctuaire ou du Sancta Sanctoru>n, à l'intérieur du chœur. L'idée de ce travail, très distinct du premier, fut due au cardinal d'Amboisc, et ses le^s testamentaires donnèrent le moyen de l'exécuter Uj.
Domini ordinaverunt arrestum fia i super bonis suis, instant ibu* dominis Fabi ice.
(1) Heg. capitul., iH avril 1 5 5 2 . Kesiduum carole scu clausurt cupt i in lattis chori versus aJitummanerii archiepiscopalis pcrfici.
— C'est probablement aux statues >:e >.< U e-lKnn cl c S. >irru-t>n qu'il cM Lut allusion d.uib ce p h>.i^e du compte de la i abnqje du l,i cathédrale, ne la S.-Michel a la S. -Michel liii : « A
Jacques IiHiimente (maç^ni, pur a\oir irav.iiHé 4 nuyeu a asseoir le* can lies, i.\ s. Pour ceux qui ont apporte le» yma^cs de cuivre, 20 d. » G. 2bb~j.
^ - ; l'< r n teslanuntd.itt.de : :<o. le ca: > inal d'Amkisc lcg a au Chapitre U,<,<>o cens au soleil, qui lui état. nt dus par Mons. Claude d'Anne bault, amiral de Irance, « pour les employer a l'achat
Le 12 avril 1 553, on soumettait au Chapitre un dessin des carollcs du Sancta Sanctorum, présenté par Le Boucher(i), et le Chapitre l'approuvait. Mais il faut croire que ce ne fut pas celui auquel on s'arrêta définitivement, puisque, par commandement des chanoines, des artistes, p.inîrcs ou huchers, exécutèrent, en peinture et en bois, un nouveau modèle du Sancta Sanctorum (2). Un marché tut conclu avec les Le Boucher, le 18 juillet i55ô, et fut immédiatement enregistré au greile du bailliage, pour plus grande sûreté (3).
Ces fondeurs se mirent aussitôt à l'œuvre. Le 12 fcv.
d'un Sancta Sanctorum de cuivre, d'une riche chapelle, entière, blanche, et a l'instauration de ung pulpite. » Arch. de la S. Inf. Ci. 3418. » Deniers délaissas par le cardinal d'Amboise pour faire les carollcs de cuivre a l'cntour du chœur. » Arrêt avait été fait sur Madame d»- Clermont à l'acquit de l'amiral d'Annehaut.— Comptes de la Fabrique de la cathédrale, irou-irô;. Ibid. G. a33i. — 704 1., provenant du legs testamentaire de Mgr d'Amboise, furent payées, pour les carollcs du Sancta Sanctorum et les 4 carollcs, à Guillaume et à Pierre Le Boucher pèr. et hls, le 14 juillet ijîij. Ibid. G. 2538.
(i) Visa, a patte D jminorum, figura portractus catolarum Je Sancta Sanctorum in choro ccclcsic fiendat um per Le Jloucher Jusorem presentata, Domini illam ratam habuerunt, et concluscrunt cffectualiter excqui et pojici et figurant, ne varictur, per me tabclli>ucm in pede signât i.
(i'i « A l.o\s> Den\se, Guillaume Le Vieil, Guillaume Dotilcet, Martin Guuiehert. Gaultier vie >.ulk\ j*» I. i j s., pour a\oir ordonne et | .uni ùit.im ;< muait de» cuit Iles du Sancta Sanito- > um de l'ei;li>c de cea:.». lucstue da\oir laut un modelé de N i* et a :.»>t p.. a la >:eN| e:i->c t.ucte au C< ul mb, par eulx, illev ,i>,scin- Me/ j .ir pl.j.M . m > t< .;s j i .ur en .!v\ , >er. le tout aii'.ii qu'.l e\->t cotiteriu en un£ coii,",>an,:e:nujt .'.es de C hapitre, le l~' )our
août no?. » C< • 1 1 1| te ..e i.^i-iz-ro. G. i?x>. m
v 3. - l'ouravutr lait insinuer le marche de Gutl!. i.e Muu.her et kon tib, fondeurs, touchant les curolles d'autour l'autel, i>> ». - Compte de 1 533-t 5rw. C. a 3 3 1 .
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1 557, ils insistaient auprès du Chapitre pour obtenir paiement de ce qui leur était dû; le i çr juin 1 557, on s'occupait de mettre en place les 4 piliers de cuivre qui devaienr entourer le maître-autel; ces piliers étaient surmontés d'anges tenant des chandeliers (1).
Il est à remarquer qu'on ne s'était guère éloigné de l'ancien système de décoration du maître-autel, où l'on remarquait également 4 piliers supportant des anges, et une crosse pour la suspension du Corpus Domini (2). Les piliers, supprimés et remplacés par ceux de Le Boucher, devaient être pourtant d'une grande richesse : ils étaient en fer, recouverts de cuivre avec des ornements d'argent, peut-être des fleurs de lis, comme on en voyait aux piliers du chœur (3).
(1) « Payé par le commandement de M. de Croismare, superintendant de la Fabrique, pour ung gallon et ung pot de vin po.ir les fondeurs, lorsqu'ils furent assemblez pour deviser et mettre en place les 4 pilliers de cuyvre à l'cntour du grand autel .iu cœur, qui fut le 1er jour de juing. pour ce, vu s. vi d. — A Bastien Rerruycr, pour avoir desmonté et rassis les carolles d'entour l'autel, 1. sous. » Autre compte, G. 2352.
(2) En i35H, on avait payé Guill. Le Boucher « pour avoir raccoutré (réparé) la croche où pend le Corpus Domini. » Autre compte, G. 2340.
(>) Mention de 3 onces d'argent provenant des deux premières colonnes portant les ane.es dedans les carolles de l'autel, carolles qui venaient d'être démolies. — Le Boucher paya 1 5 1. 1 3 s. pour ;<» livres de cuivte provenant vie ces colonnes et qui lui fuient . d-iundonnées : il pava de plus 10 1. ô sous pour 4 bancaux de ter elant de 'a:. s les dites colonnes et pesant 2 M l.vres ((i. i.->;iS|. — «■ A Jacques I.auiier, -rïaivre. 20 s. t. p ar avoir ùc'MUi-nii les 4 pi'dici's ,l'c;u>air l'autel du cœur p^ur ûure place aux autres de cuivre et iceuK apprécie/ et estime/, présence de Trugart, ortaivre. » Compte de la Fabrique, 1 33'">-i b?~. G. Cet espace du Saucta Sjnctorum était séparé du reste
du chœur par des grilles. — Mention de la natte étant dedans les carolles du grand autel du chœur. Compte de la Fabrique, 1 350-
Ce ne fut qu'après rétablissement du maître-autel qu'on posa les carotlcs du Saiicta Sanctorum, tant celles qui faisaient clôture du côte du chœur que celles qui étaient Je loni; des ailes du chœur.
On avait dû provisoirement se contenter de carollcs de bois ni.
Les ligures des évan^élisles, en cuivre, furent faites vers i 5 jour la décoration du Sarcla Sar.clorutn, mais je ne saurais en préciser l'emplacement. Tout ce que je sais, c'est qu'ai rcs mùi e délibération, il avait été décidé que les e\.mucli-tes seraient représentes assis (a).
I.e 14 août i5oi, le Chapitre donnait commission à Jeux chanoines pour la ire apporter dans le chœur les pièces de cuiwe préparées pour les carollcs Le 1 3 no\., les ouvriers, qui a\ aient été employés au transport^ recelaient leuis sai; lires .'41. l e pénultième de dec, on donnait l'ordre de pa\er 1 3o 1. au fondeur, atin qu'il se pressât de terminer son tra\ail ^r. et un dernier paiement Je paiéille somme était etlectué, le 7 m. u s à I ici 1 c
I.e Loucher < iJéjà (iuiil. Le Loucher ne figurait plus dans les comptes de la Fabrique 171. Il n'était plus ques-
1=07. (i. i — « Dcmy cent de grands anneaux de liane pour meure au foJle qui se tend in caiènie dcxnr.t le eran : autel. •• 1, l ; « Caille il Nuola^ h uin\ erre, peintre, pout avoir pamt le nouveau bu: s aJ;<>u\le aux cao-Kcs d'ei.n i.r l'autel, a cause » es piliers ».e cuivre nus en ce dit lieu, vis. •> Li<:npte Je la I- al n.juc île la caille^ ode, 1 ? ??~ . G. — Le 1 2 tev. 1 ?<> l , le : v.haj nie
!ais.u; dun a la paroisse Je S.-Nic.,isc des carullc* de K14 du c. i<t ur.
•,i. L; . essin en tut \ re seule au (.h. 4 itre. Noir deliterallun du 1 ; .i' t 1 s.
.„> Ke^ist res ». ,i[ ; iul.ui es. — \ 1 ir auss; le oanpte G. 2?.">'j. , ; ( ."Uipte Je la 1 ai t qu -, (». 2 .->-•;.
1 1 Ke^istre-» captul.me» : >• L't cïLtius c.Vfidiat muni cfus ca< 1 Ijt uni hujusmoAi. »• ['>) JtiJ.
(.7) 11 ligure «eu! le 27 mars i ?>.,<> tv. s.). G. 2 5 35.
né
tion que de son fils Pierre, et d'un Thomas Le Boucher, autre fondeur; c'est ce dernier, vraisemblablement rils de Pierre Le Boucher, qui exécuta, en i5ôi, les chandeliers Je cuivre des 4 piliers du chœur (1).
(1) Un travail du même genre que le Sancta Sanctorum de la cathédrale existait à S.-Maclou, et avait été, je crois, exécuté par les mêmes artistes. Il est à remarquer que ce travail ayant été détruit en 062, on fit marché pour le rétablir avec Thomas Le Boucher et Pierre Le Fort, fondeurs à Rouen. Pierre Le Fort l'acheva. Il n'est plus question de Thomas Le Boucher postérieurement au 22 juin 1 37 1 - (Bulletin de la Commission des Antiquités de la S.-Jnfj
Guill. Le Boucher avait ses ateliers, en 1 353, sur la par. S.- Pierre-l'Honoré. Bien que ce fût un véritable artiste, il acceptait la commande de petits travaux, ainsi que le faisaient, du reste, les architectes, les peintres, les sculpteurs de son temps. C'est ainsi qu'on le voit vendre à la Fabrique de la cathédrale, pour G !. i5 s., deux lampes à mettre aux ailes du chœur, 1 35 a- 1 5 5 1< , G. 2348; réparer, pour 3o sous, un chandelier rompu, 1 54^i55o, G. 2543 ; accoutrer, pour 37 s. G d., la crosse où pendait le Corpus Do.nini et mettre des crochets à une tombe devant le crucifix, 1 553- j 354, G. 2549. II ne paraît pas avoir su écrire. I) s gnait au moyen d'une marque composée de truis traits qui ressemblent à un u et à une /. G. 2 538. — Pierre Le Boucher était, comme son père, à qui il dut survivre, domicilié sur la par. >.- Pierre-l'Honoré. Baptême en l'église de cette par., 27 avnl i55.\ d'Klie, fils de Pierre Le B. ; 29 mai i55ô, de Susanne, fille du même et de Christine; parrain, Pierre Tourncmync ; marraines, Marie Lefcbvre et Marguerite Le Boucher. Je ne serais pas surpris que Pierre Le B. n'eut varie dans ses convictions religieuses: uii Pierre Le B. présente pour le baptême au ministre protestant, 1: u av. i.t'm, Sara, tille de Thomas Le Boucher. Mais, redevenu cathol que, il npnsaitc pour le baptême au prêtre de S. -Pierrel'Honore, le 17 *ept. 1.172, son lils Pierre; le 3o du même mois, sa fille Fsther. Au compte de la Fabrique de S. -Jean de Rouen, i '?ûù. il est question de chandeliers de cuivre de cette église, qui avaient été empoitcs par Christine, femme de Pierre Le Boucher, r. fondu, « durant le désastre advenu (pillage de l'année i5oi). «
Ce long travail était achevé, ou bien peu s'en fallait, lorsque les protestants s'emparèrent de la ville et pillèrent la cathédrale. Il n'est pas douteux cependant que la perte se borna à quelques statues, et encore voyons-nous Denis Bouvet, libraire, rapporter un lutrin et plusieurs pièces de cuivre qu'il avait achetées à des soldats, i563 ; d'autres, le <*• mars i 5<o, rapporter une partie des carolles, et, le 4 avril i5m*i iv. s.\ M. d'Kstrées être requis de faire rendre a la Cathédrale f les 4 images de cuivre portant le portrait des quatre évangélistcs, qui étaient, en précédent le désastre, sur les carolles de cuivre d'entour le chœur. »
A partir de ce moment, on ne parle des carolles de la cathédrale qu'à l'occasion de frais d'écurage ou de réparations peu intéressantes m).
Ln marque de cet artiste se trouve au bas de quittances du 27 mars 1 3'io. G. 2Î'S$. — Thomas Le Boucher avait pour marque un canon. Voir une quittance de lui, du 2.î juin 1 5 3^, au Tabcllinnnage de Rouen. Il avait épousé, a S.-PicrTe-l'Honoré, le U) oc t. t 35*'», Marguerite Yeou.de laquelle il eut un fils, nommé Artus, qui eut pour parrain un Le Boucher, 20 mars i33o, et un autre ti!s, nommé Jean, 17 oct. |33S. On trouve des Le Boucher, fondeurs à Rouen, pendant plus d'un siècle : Aaron, reçu comme tils de maître, û n<>v i ?^û ; Abraham, fils de Gilles, reru comme fils de maître, le 29 n- v. iôio (marque, une ancre couronnée) ; Abraham, peut-être le même, décédé le iS juin iù.\$, à l'âge de 4!* ans ; Gilles, reçu comme fils de maître, i3S< ^marque, la main forte), dtcédé le 2 2 nov. iûî3; Isaac, reçu comme fils de maître, le »"» lanv. i3;o (marque, une ancre\ domicilie par. S.-Picrrc-l'Honoré, dtcé.lé le 1 3 t'év. H. à l'ace de ô 4 ans; Isaac, fils de Gilles, reçu comme fils de maître, le 20 nov. Mil!* (marque, la main forte\ dt-.édc en im.-S. à Hge de t'A ans; Nicolas, décédé le 12 mai 1'-.»; Pierre, re.u Comme fils de maître, le 24 liov. Ô78 iinarque, un pot a Heurs* ; autre Pierre, reçu le 3 fév. Mil 3 marque, une grappe de p ; ns\ dicidé le 18 nov. Moô, a Page de 4? ans. Arch. de la S. Inf., Arts et Métier*. Fondeurs.
{\) Ces frais s'élevaient, chaque année, à une somme assez importante; elle dépassait génétalemenl a<>o 1. « A Romain Morieult,
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• On voit cependant qu'elles ne cessèrent pas d'être estimées.
Dom Pommeraye parle de « cette riche clôture de cuivre jaune, qui peut passer pour une des plus belles qui soit en France, autour du chœur, avec les 4 colonnes qui sont proche le grand autel. »
On lit aussi dans le Flambeau astronomique de Rouen, de 1715, pp. 117-118: « Le magnifique chœur de cette église Cathédrale fut fermé de 2 balustrades de cuivre Je chaque côté, ausquelles il y a 4 portes et sur lesquelles balustrades sont représentés en figures S. Cha rie magne, S. George>, S. Louis et S. Romain, étans en cuivre a\ec les armes des cardinaux de Bourbon et d'Amboisc. Le chœur est encore fermé par le bas d'une porte de fer; » et dans le Flambeau astronomique de 1717, p. 143 : * Le* p >rtes et clôtures de cuivre du chœur sont les plus beaux ou vrM^es que l'on vc»ye de celte matière; elles furent d innées par M. d'.Vnh use. second du nom, et par M. de Bourbon, premier de ce nom. cardinaux archevêques de Rouen » ( 1 1.
L'autel du S. meta Sanetorum avec ses accompagnements subsista longtemps. On reconnaissait le monument du
fondeur, pour avoir race-titré le chan.Ieli-.T de l'un les anges lies 4 piliers des candies du choeur, 1 3 s. » Compte Je la Fabrique Je la cathédrale, 1372-1 G. 2?<'n.
(i) Qneî.yios-uues Je ces statues survécurent aux tr.insf> r:nati 'lis du sanctuaire 'ont nous parlas plus loin, ce qui mais <.Mi- ■ à pjnsjr q iV!i :s se trouvaient aux car. -Iles du chœur en de,lan- An saiwtuaire. — 17s J-I733, «■ à Sinvai -au, pour avoir raccmiiv.it le h ras de S. Charleuvaene, 7 I. ; pour avoir fourni une lu i [>■, un p rte-.';: i /r, une petit..: en ix au !:t sa'nt, le tout en cuivre, I. •> G. 27S7. — 1 7*0- j 7 n j., « au s' Mette*, fondeur en cuivre, pour av .ir rv>s- ••'.{. le et aiuste 2 cou naines servant aux ann ines Ju cai .iin.il A-.: Rourh n, fourni 2 fleurons aux cour, nnes et on.v.li \ c les chevaux marins u, ie supportent les Htes armoiries. »» G. ijuj.
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xvi« siècle, te! que nous l'avons représenté d'après les textes, dans celte description de Moléon pseudonyme de Le Brun des Marettcsï, auteur des Vorapcs liturgiques :
« Si le grand autel n'avoit pas un retable élevé si haut, on pourroit dire qu'il serait le plus auguste qu'il y eût en l'iance. Il est détache vie lu muraille, ainsi que l'ordonne ie Rituel de Rouen. La table de l'autel est une des plus grandes que j'aye jamais vues. Lite a au devant un parement, et un antre au dessus du retable.
• A la même hauteur sont quatre grands rideaux soutenus sur 4 grandes colonnes de cuivre fort bien travaillées, au dessus desquelles vont quatre anges pareillement de cuivre qui partent des chandeliers et des cierges qu'on allume aux fêles doubles cl tn'pîes. II n'y a point de cierges ni sur Tau tel ni -ur le retable. Au dessous du retable il y a aux deux eûtes deux imae.es de la Vierge (i) a la place des Jeux croix qui >ont i Lyon, et outre ces deux statues de la Vierge, il y a un grand tableau d'un crucifix qu'on estime et qu'on dit être de la façon de Michel Ange très célèbre peintre. Au dessus de ce tableau est une petite avance tiiangulaire sur laquelle il y a un ange à genoux qui tient de ses deux mains le Saint Ciboire suspendu sous un petit pa\i!lon. et encore sous un grand dais au dessus qui le couvre aussi bien que tout l'autel. Dans l'abside il y a 2 petits autels aux deux cotes du grand i^i ». LV//5luiic Je Rouen .édition de i 7 3 j ne parle que des balustrades de cuisre a hauteur d'appui qui séparent le sanctuaire. « lesquelles, y est il dit. ont été faites par le Chapitre aussi bien 'que le crucifix de la contretable o>. » Ce crucifix eût été un objet de très grand prix, si l'on pou-
1 il Ces st.itues tta.eni en pierre pe nte. Vers ib'VS : « Devis p.'ir peindre et eMoïkr 2 y nuises v'e N.-D. qui sont eu pierre, p. ur mettre au d.tiur sur le ni.iisire .uild, au lieu vie 2 ym.ie.cs qui par e\-dev.iiit y est-lent, qui est- icut eu argent ». G. 2*>>u.
(a) \' vj^is litur h 'iqttis, pp. 273-27'"».
J) Histoire de Rouï», tome U', paît, '$t, p. .
vait s'en rapporter â ce jugement du Flambeau astronomique de 1717(1): « Le tableau de Notre-Seigneur en crois qui est dans la contretable du chœur est estimé le plus beau qu'il y ait dans l'Europe; tous les peintres étrangers qui l'ont vu l'ont cru au dessus de tout prix, et pressés Je marquer un prix, ils l'ont estimé 3oo,ooo livres. »
Vers 1730, la décoration du chœur de la cathédrale, qui jusqu'alors avait été admirée, fut prise en pitié par les chanoines, et l'abbé de la Bellonièrc fut chargé de se rendre à Paris pour s'entendre avec des artistes en renom.
Il paraissait honteux de « laisser subsister, dans le chœur de la métropole, un autel de bois sans aucun ornement, qui tombait par sa vétusté, et qui n'eût pas été supportable dans la moindre église de la campagne. » Le Chapitre obtint de F Etat une somme de 40,000 1. à prendre sur les octrois de Rouen, pour la construction d'un autc! et pour l'achèvement îles balustrades (arrêt du Conseil d'Etat, 3o Jéc. 1732). Ce fut alors qu'on défonça le pavage et qu'on éleva le sol du chœur. La tombe de Charles Y fut supprimée; et on la remplaça par un marbre bordé de cuivre, sur lequel fut gravée une inscription.
On jeta bas les colonnes de cuivre avec leurs anges et leurs chandeliers; et. quelques années après, l'on \it s'élever a la place, objet de l'admiration générale, un autel en marbre, enrichi de bronze doré, surmonté d'un palmier, accompagni d'anges adorateurs, le tout inventé par M. Cartaud, premier architecte de feu Mgr le duc de Berry, et exécuté, sur ses dessins, par M. Rebillier, et par M. Bousscau, sculpteur des rois de France et d'Espagne, professeur de l'Académie royale de peinture et sculpture de France. Un peintre doreur, Castel, gratta et peignit les 14 piliers du chœur, pendant qu'un autre peintre, Le
(1) Flambeau astronomique, p. 141.
Prince, peignait ceux du sanctuaire, que l'on avait dépouilles Je leurs fleurs de lis de cuivre, qui furent vendues f»5o livrer ( i ) . Les deux statues de la Vierge, probablement celles qui figuraient dans la description de Moléon, furent accordées aux frères de S.-Yon. Le beau tableau de la contretable alla orner la salle capitulaire. Les balustrades du côté du chœur furent également respectées. Le 9 fév. 1735, le Chapitre (c'est ce qu'on trouve dans ses délibérations! renonçait à faire vendre « les petites balustrades de cuivre, quelques-uns ayant exprimé le regret de voir détruire un si bel ouvrage ». Comme l'autel de la chapelle de la Vierge derrière le chœur n'avait que des grilles de bois, on décida d'y mettre ce qu'on pourrait dc>diks balustrades Pour sauver le reste, le grand archidiacre Pavyot de la Villette offrit de prêter au Chapitre, qui était à bout de ressources, une somme de 1 .3oo 1., à condition que, si, dans quatre ans, on ne pouvait la lui rembourser, ces fragments deviendraient sa propriété ou celle de ses héritiers.
(i) Le docteur Ducarel, dans son ouvrage, rédige à l'aide de ■ Mites prises au plus tôt en 1752, public eu 1767, parle des tleurs de lis de cuivre doré sur fond d'azur qui dévoraient les piliers du chœur de la base au sommet ; il parle aussi des bainstraies de cuivre à hauteur d'appui qui entouraient l'autel, et des 4 colonnes du même métal, avant chienne à leur sommet un ange tenant un chandelier. The Anglo-Snrman Atttijuitits considereJ in a tuur thrnugh part of Sm mandv, pp. 1 S, t.\. Il est clair qn^ cet antiquaire, de retour en Angleterre, a complète malencontreusement ses notes, à l'aide de descriptions qu'il trouva dans des livres imprimés antér eurement, et qui ne répondaient plus à ce qu'était le chœur de la Calhé traie en 17S j-
{2/ 11 est question de cette grille d;vis une lettre des administrait, jrs Ju Directoire du distr^t de Rouen au\ administrateurs du D.revtoiic du depirtement : « Nous créons devoir vous observer que la balustrade de la ch ij elle de la Vierge, qui est en cuivre massif, est absolument inutile, -» 27 mars 1791.
I.a partie la plus brillante de l'œuvre des I.e Boucher avait péri; une partie plus ancienne, les balustrades du chœur proprement dit, fut conservée et même complétée, parce que Ton s'occupa de prolonger tout autour du sanctuairc les balustrades que la nouvelle construction de Tautel, moins massive que l'ancienne, allait permettre d'apercevoir.
Ce fut même par ce travail que l'on commença. Il en fut, en effet, question avant qu'on eût rien arrêté pour le plan du nouvel autel.
Dès les 22 et 2 3 août, le Chapitre remerciait son doyen du don qu'il avait fait de ifi,5oo 1- pour payer la façon de 5 balustrades qu'on se proposait de faire autour du sanctuaire, et pour lesquelles on avait traité avec un fondeur, du nom de Succre ; celui-ci s'en ;;at;e ait, moyennant iô.ooo !.. à les faire en cuivre. « de mesme hauteur et ouvrage qu'étaient 'es 4 balustrades actuellement en place autour du elneur. à condition que MM. du Chapitie auraient à lui fournir le cuivre nécessaire, et lui abandonneraient le fer qui se trouverait dans les petites balustrades, promettant en outre, de se conformer au dessin qui lui serait fourni par le Chapitre. »
Il semble que ce marché n'ait point reçu d'exécution. Un autre fut, en effet, conclu dans le même temps, avec Carre, doreur et fondeur, rue des Carmes à Rouen, pour la confection des balustrades, parle prix de i7,:oo I. Ce iraité fut ratifie parle Chapitre, le i f ' sept. 1 7 3 1 : et, le 10 de ce mois, on décidait d'employer a ce travail tout le cuivre du Siinctj Sanctnrum, et d'acheter 10 milliers de miîi aille de cui\ re pour les ajouter a ce qui avait été achète précédemment. Le i 1 ' mars le Chapitre ordonnait
de mettre en tonte, avec la mitraille, les colonnes et les a nues de cuivre. Le o avril, la première balustrade était pos.e; le 3 sept., on adoptait le dc>vin du couronnement des nouvelles balustrade^, contoi me à celui des anciennes. Le 23 juin i;33, on payait la quatrième balustrade. Lar-
cent manquant, on avait décidé, le 1$ oct . de ditTércr
i'f\u-ii!!Mn Je la cinquième ladustrade. On paya à Carr le 5 nui i ; 3. le m-joiiJ cuunmnL'nu'nl avec l'image de S. Je im : !e ii déc N.inant. le troi-av. ne couronnement a-, ej : -w. < :e vie la S 1 ' \'ierje (i). l e 2 a juin 17. M, la quat- kLa-'r.wîe était a„!:eaée. Ia::in, le 4 a\ ril 17a;, <»n
t >i- î m av':e .r.c: [li>:-.ii- Mette et Nicolas Marie, în.itrv. ! .aJea.<. p air la iap.n de ^ ;\ates«bandc> de ea:\:-e. J :ir, j K-'.u'J ea. Je aa\ anciennes qui devaient ^eniraiiN. allnace- Je S a- qui seraient fournies, aux Irais vie MM. via (Jiipiire. p>ar le> p n t:s o /latérales du c'a car. I.a qu : !' ia e e T Ja 3 pi:"et l 7 : 7 • 2 .
Aia i !at e»" ' :^ i' v a .env'' .• t* / j--; aies de eui\ re
• 'a e ar de : 1 <J j I ; ■ e ; t ■ > av^ cvl 1 ; v; a allaient du i Jv a :\ p Uv via J: e ,r. \ c<'apri<> cc> portes, étaient l'.c î-. 1 e vîcv le !'••>:.'..!•: ■ cai entouraient le sanet 1 . »i : e- La a' a.at J'av p'.;te '1 i'a;tre en contournant ]'/>-a'e v laieat ]'.ia\:c Je C a : e. <j i avait dû prendre p »ai -r. al . ! L - ie> m' a ' 1 1 J . > J a \ v , ' m. de (3).
l*.^ a.iaJe- et aie ,t c,.' a va- : ' e aae n t adunréCi. Le T^Hcau aV K-'uen. de :77p. cc-i\ait ene >rc : » Le chœur est cn-
, 1 ï 1 7? i-i 7:^, - ."1 S-- a f 'a. :• ■ lear. r-.ar avoir remi-. nu eûte
• ■a .r :--.iat .jai tr.-a> e p' ■ c ^ '••> taeJ- vicia Yicree. a la I ilanf... j v -U : r:re 1 : v ■: , 7 1. 1 i . J.7S;. — N:.- ! ■ - •< J ■ t
n . . aa, e r ■ •; 1 .:J ar a R . 1 p :r. >. Mae! • i, s 1 t 1 t . . le v. ! .a 1 7 '7, .t ■ " , -a as 1: l pt.- \- ; x , !| > r. . r . .' v a . : . : ï ; v !ar it . Ka 1 7 - - ; 7 • ! , • 1; I a t\. .1 t 1 ^ 1 . p- a; .r. ; a 'a a:c et r:: 11 -.v L . . a ara. ment J v ! r s a- ■ a: re. Ci . j ' ^ . .
: !.i : : , 11 - p:efîe ta r; . a a: ' far - le !■ ' a ■ • \ . .t -s l. le ; • ' . . : • . a a l'.a.'a [ : a • i< :• ,. ■ ] a \ . K'aa 1 ; -a •-•a \ : : • I. ' '■ a- ; , ' ..a. ace e : 17 S,
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> iaaa-A v. J • ■ ai a . aat J u!ar, e : a. t p .ara : le ir un U «nJeur ,1c Paii!», M- i'.clv. -ju T.a.ct. (t. .
vironné de colonnes de pierre qui le soutiennent et àt grilles de cuivre, qui font un effet admirable. »
Malheureusement, à l'époque de la Révolution, la mas-e considérable de métal, dont elles se composaient, était Je nature a exciter la convoitise de l'État, qu'un marche conclu avec MM. Le Couteulx obligeait à alimenter ce quantités considérables les fonderies de Romilly, où vinrent se perdre les cloches d'une vaste région de la France : la Seine-Inférieure, l'Hure, le Calvados, la, Manche, les Côtes-du-Nord, le Finistère, la Somme.
Ces grilles qui représentaient, comme œuvre d'art, une immense valeur, furent envoyées ù la fonte en i~o3, mai* ce ne fut pas sans de vives réclamations de la part de h Fabrique de la cathédrale, de la part des habitants, ni même sans un sentiment très visible de répugnance des administrateurs de ce pays.
On en jugera, du reste, par les pièces qui suivent, lesquelles forment, à vrai dire, le principal intérêt de cette communication.
Rouen, 9 octobre 1792, 1er de la République Française. Lettre adressée aux citoyens administrateurs du département,
« Citoyens,
» Nous avons reçu du citoyen Clnvicre. ministre des contributions publiques, l'ordre précis de faire exécuter, dans le plus court délai possible, le décret sur la fonte de* cloches, et de faire pareillement porter à la Monnaie les 4S mil pesant de cuivre pur, formant les inutiles barrières de l'église principale de cette ville. Ce ministre nou> charge de luy en rendre compte afin qu'il puisse à l'instant donner des ordres à la direction des Monnayes. Nous pensons, citoyens, que c'est vous particulièrement qu'il appartient de surveiller l'exécution des ordres du ministre en cette partie, cl nou> avons l'honneur de vous les participer.
» Les citoyens délégués des commissaires du Conseil exécutif.
« Vllgis Dujardin, » Basirk, Thieillkn. »
Réponse :
Rouen, i3 octobre. L'an If do la République Française. « Citoyens,
» L'administration n'ayant reçu aucuns ordres du Conseil exécutif pour faire procéder à l'enlèvement des grilles en cuivre de l'église principale de cette ville, nous pensons que cette mission vous est particulièrement confiée. C'est donc à vous, Citoyens, à vous en occuper, et le Conseil général vient d'arrêter qu'il s'en tiendrait à cette opinion.
» Les administrateurs du département de la Seine-Inférieure en Conseil général. »
Lettre d.itëe Ju 2 novembre 1792. L'an U' de la République
Française .
« ClTOYLNS,
» La pétition individuelle qui se signe a la Cathédrale pour obtenir de la Convention nationale la conservation de* grilles du crueur proente un vicu bien gênerai, étant déjà Nousjritte de 3. 000 signatures. Nous vous en remettons. Citoyens, dix-huit exemplaires que nous vous prions d'accepter.
» Les administrateurs de la Fabrique de Notre-Dame t .! -H (îiMtiea, eveque nuu opi >lit.un, Verel. Kouxel, Kerthelot, Vatier. A I* >ttier, Mann Li->t, H ci thelot, Jean Cornier. Llie. Le Clerc p.ie, Roger tils. »
Aux cilowns coinf sjnt le Dmrloirc Ju Jèpjrtcment.
« Pétition individuelle des Citovcns de la ville de Rouen à la Convention nationale, pour la conservation des grilles en cuivre du efueur de l'vg'.ise épi-c «paie de ladite ville.
ti6
t Citoyens Législateurs,
» Grâces immortelles vous soient rendues I La Franceest libre ! A des jours de honte, de calamités, de tyrannie, d'esclavage, de despotisme, succèdent enfin ceux de la liberté et de l'égalité.
» Citoyens législateurs! Nous sommes enfants de la République; soumis aux lois, nous ne souffrirons jamais qu'il y soit porté atteinte.
» Nous réclamons contre un ordre purement ministériel, qui frappe de destruction les grilles en cuivre qui ferment le sanctuaire du chœur de l'église paroissiale et episcopale de Notre-Dame de Rouen.
» Le citoyen Ciaviere, ministre des contributions publiques, en est l'auteur.
» Nous avons cherché la loi qui prononce la destruction de ces monuments pour nous y soumettre..., pour obéir.. .; elle n'existe pas.
» 11 n'y a de lois relatives a la suppression des vases et meubles en cuivre des églises, que celles des 2<j août et 20 novembre 1791 ; et cette suppression n'est ordonnée que sur les vases et meubles en cuivre des églises supprimées.
» La loi du 14 août 1 7^2, en ordonnant la destruction de tous les monuments élevés dans les temples, ù l'orgueil, au préjugé, a la tyrannie, met sous sa protection immédiate les objets qui intéressent les arts. Voici comme s'explique l'article 4 de cette loi :
»< La commission des monuments est ehaigée expressé- » ment de %eillu'à la con>er\.nion des objets qui peuvent » intéresser c^eiitieliement les arts, et d'en présenter la » liste au Lorps LégM.itil, jour être statué ce qu'il » appartiendra. »
» L ne loi plus récente encore, celle du 10 septembre 1792, ne déclare inutiles au ser\iec du culte que les meubles, effets et ustensiles en or et argent des églises
conservées, et dont clic ordonne l'envoi aux Hôtels des
Monnaies.
» Cette loi a reçu son entière éxecution à la Cathédrale vie Kouen.
» De là liait la conséquence irrésistible, que tous les meubles en cuivre existants dans les églises conservées n'en sont point supprimes.
» l ue loi générale en ordonnerait la suppression, l'envoi aux Hotels des Mo;iuoie<. les grilles du sanctuaire du choeur de la Cathédrale seroient exceptées de la loi générale.
> Ces grille s. au nombre de neuf, estimées par le Ministre à 40 nu, lier > pe-ant, ne sont pis inutiles, comme le [h. rte l'ordre de destruction.
* Kilcs servent et sont indispensables A la clôture et fermeture du choeur.
» l'.des s uit autant de chef-d'oeuv re de l'art, dont la loi da i.| a\nl ordonne la conservation.
• I .a v.ileui de ces e/ illcs de plus de 1 .ôoo.noo 1.) ne c >nsi-te que dans la richesse du travail dont elles sont ornées, ce qui fait l'admiration générale.
'> Si on se repose sur les prtwini, besoins de la République pour ordonner la destruction de ces grilles, elles seront d'utï faible secours.
» A peine la valeur etleclive s'eie\croit-elle a .jo.oo > 1., qui se ttoaseï >;t en partie absorbée par le remplace aient qae iKà-ucioii leu; dc-rructiou.
> Limeie;. le ;-,r.md m:eict de la République, c'est vie îaire liemir les a:ts, d 'encourager l'industrie, d'exciter 1 e.nu.aîi.m.
/1 l i ance ne possède d'im nen>es richesses que de S'.m industrie.
» L in Uistne est la nu re des arts, niais ees enfants de la Nature ne sont p.; s t h;;.» .r> vies peines cre-item s.
» Ils ont besoin d'eire cn-ei^nes. .. Ils prennent leurs
taft
leçons des modèles que nous ont laissés les grands maîtres.
» Détruire ces modèles, c'est porter un coup mortel aux arts, décourager les talents, les anéantir.
» Cette vérité est reconnue parla loi du 12 septembre
» La réquisition du citoyen Claviere (du 6 octobre 1 792 pour faire détruire les grilles qui ferment le sanctuaire du chœur de la Cathédrale de Rouen est une opposition directe à la loi du 12 septembre dernier.
» Législateurs, libres et faits pour l'être, nous ne reconnaîtrons de lois que celles de la République.
» C'est à vous et à vous seuls, dignes représentants de
la première République du monde, à nous les donner
Nous les attendons. .. . Nous y obéirons Nous nous
y soumettrons. . . .
• Mais des réquisitions, soit du pouvoir exécutif national, soit du ministre, soit des corps administratifs, qui ne seroient pas l'exécution d'une loi, sont autant d'actes arbitraires, despotiques, qui ont causé à la France tous ses malheurs, et dont il faut se hâter de prévenir les funestes effets, comme on s'empresse de prévenir une grande calamité.
t Législateurs, c'est a vous qu'appartient le droit Je juger la réquisition donnée par le citoyen Claviere, et dont nous nous plaignons ; nous la remettons sous vos yeu\, et nous attendons, avec confiance, de votre justice, que
vous en prononcerez la revocation.
• A Rouen, ce 3i octobre 1702, l'an premier delà Republique Française.
■) A Rouen, de l'imprimerie de P. Scyer et Behourt, imprimeurs de la municipalité, rue du Petit- Puits; » 6 paye* in-4-.
Jdem en placard : « Projet de pétition, etc. » Cette péliiion l'ut tn.n^mre au ministre de l'inîérieur Roland, qui, de sa propre main, écrivit l'ordre suivant :
f Le ministre de l'Intérieur, instruit que la démolition de la grille qui ferme le chœur de l'église paroissiale et cathédrale de Koucn, excite des murmures, et que la dite démolition, loin d'être utile à la chose publique, seroit, au contraire, une charge pour les particuliers; instruit de plus que la loi excepte formellement les objets intéressant les arts, charge le département de faire suspendre toute exécution d'ordre qui auroit pu être donné à ce sujet, jusqu'à ce que la Convention nationale ait prononcé. A Paris, ce i«) novembre 1792, Tan I er de la République. Roland »>
Cette décision fut adressée directement aux administrateurs de la fabrique, qui la firent passer aux administrateurs du département, des le 20 novembre.
i-lllc fut transmise par ceux-ci à la municipalité, le 2^ nov. i~'j2.
Mais toutes ces démarches n'empêchèrent pas la décision du ministre Claviere de recevoir son éxecution, et les grilles furent démolies.
I-a cloche Georges d'Amboise avait été fondue, en i5oi, avec du métal apporté d'Allemagne, 5 mai i5oi, par Jean Le Machon, de Chartres, qui vécut juste assez de temps pour achever son œuvre, et dont le corps repose vers le bas de la grande nef de la Cathédrale.
f ile pesait 36,364 livres et avait S pieds 4 pouces de diamètre et 10 pieds de hauteur. On avait voulu que ce lût la plus grn^e des cloches de Fiance, sans en excepter c*. Iles de l\u i> ( 1 1. Aussi passait-elle pour une des curiosités ks plus singulières de la ville de Rouen (21.
(1) LxceJet singulas campana*, ttiam majores hujus regni, 4 mai 001, ddib. capt.
1,21 - La fameuse cloche nommte Georges U'Anihuisc. . . qu'on entend Ce -S lieues U>in *ur la rivière. Les étrangers qui soi.; a R.-utn ne manquent ras de l'aller voir. - Moltun, Voyages liturgiques, p. S60.
Mais cet avantage fut payé cher, et ce ne fut jamais sans quelque appréhension et sans dépense, que cette cloche, dans les occasions solennelles, put être mise en branle. Vingt hommes étaient d'abord employés à cette opération ; plus tard, par suite de moyens ingénieux, ce chiffre fut réduit. Mais ce qu'on ne put jamais empêcher, ce fut l'effet des vibrations, qui, comme on disait, étonnaient la tour-de-beurre et les voûtes de la cathédrale (il.
[.a première fois qu'elle fut mise en branle, ce fut le 10 février, pour saluer l'arrivée à Rouen du cardinal d'Amboise (2) qui en avait fait les frais. Ses derniers sons furent, le 28 juin 1 786, pour fêter l'entrée du roi Louis XVI. Elle fut fêlée, et, comme ledit M. l'abbé Loth, dans son Histoire de la Cathédrale, les gens superstitieux du temps purent voir là un triste présage.
Mais si grave qu'il fût, l'accident pouvait ne pas être mortel, et c'est aux circonstances politiques qu'il convient d'attribuer la destruction d'une œuvre d'art dont notre ville s'était montrée, pendant longtemps, si fière. C'est ce qui résulte des documents que nous allons faire connaître.
La loi du 22 avril 1701 avait autorisé les Conseils généraux des communes à disposer des cloches superflues. La municipalité de Rouen délibéra de faire exploiter à son profit la cloche Georges d'Amboise et plusieurs aulres, et
(1) M. de Clinchamp, chanoine, remontre que le sommet de la tour, dit la Couronne, menace ruine; que la tour se sépare du portail. « Pour éviter que ladicte tour ne soit étonnée scroit bon ne sonner à voh'c la cloche nommée Georges d'Amboise, • <j sept. 1.^7 ). — Muret, tondeur, dit >le nou\ eau qu'il peut faire sonner Georges d'Ami oise par 10 hommes avec moins d'étonné* ment de la t'-ur que maintenant par j*o, 4 oct. 11)27. Le o nov. 1627, il renouvelle sa propoMtion, et le Chapitre décide de prendre J'avis du père Dubois, jésuite.
(2) On la sonna encore le 2<) nov. ID02, a l'heure du couvrefeu, au lieu de Hiuaud, pour l'arrivée de Georges d'Amboise.
obtint l'autorisation de l'Administration du département. M y eut, à Notre-Dame, une réunion des commissaires du Directoire du département, de ceux du district, de M. Lamandc, ingénieur en cheî, et du directeur de la Monnaie, pour conîcrcr sur les moyens de casser la cloche (ieorges d Amboise. (Lettre du 3i août 1701 au ministre des contributions.; On constata que cette cloche était à i 5o pieds du sol, que la descente en sciait très ditlicile, si elle se taisait extérieurement, très dangereuse si elle se faisait par l'intérieur, parce qu'il laudiait percer 3 planchers, supprimer les reins de 2 voûtes essentielles à la solidité de l'édifice. Ce qui parut le plus a propos, ce lut de la casser sur place, et d'en descendre les débris d'étage en étage jusqu'aux issues pratiquées dans la partie intérieure de la tour.
M. I^ambert, directeur de la Monnaie, proposé pour le cassement, otlrit 1 i> sous par litre de métal (i). ^Lettre au ministre des contributions, du 22 sept. 1 7 1 )
Le Directoire du département, par une lettre du >o septembre, inlorma MM. Le Couteulx et compagnie, directeurs des fonderies de Komilly, des propositions qui avaient été laites relativement aux trais et movens de tirer (ieorges d'Amboise du lieu ou elle se troutait renfermée. Dans leur réponse 14 octobre), ils annoncèrent l'intention de se rendre adjudicataires au rabais, si les conditions leur contenaient, cl exposèrent en même temps le besoin urgent qu'ils avaient de métal : le total des cloches du District de kouen s'élevait au plus à 70 milliers, y compris» Georges d'Amboisc ; celte masse, qu il lallaii d'ailleurs p.u tuger avec les iondeiies de Maromme. suivait a peine a ia consommation des ateliers de Komii.y u pendant quinze jouis,
(1) Il avait alors chez lui deux artistes anglais, instruits, disait-il, dans la mécanique de la mèiallurg.e.
[i) Les fonderies de Kotnilly tuun.i>^;ciit a la Monnaie de Kouen une quantité Considérable ce t!a» ns de cuivre j-our pièces
pour peu que la saison des pluies ramenât l'eau dans la rivière d'Andelle.
Le 7 octobre 1 791, les Administrateurs repondaient aux directeurs : t Nous n'avons pas cru devoir prendre de parti relativement à la descente de la cloche Georges d'Amboise Nous avons renvoyé la décision de cette opération à M. Tarbé, ministre des contributions, auquel nous avons tait passer, en original, le 22 du mois dernier, la soumission, plan et devis de M. Lambert, directeur de la Monnaie, ainsi que l'avis de M. Lamandé. >
Plusieurs mois s'écoulèrent avant que rien fût décidé à ce sujet.
On eut lieu de concevoir les plus sérieuses inquiétudes lorsque le Conseil général de la commune de Rouen eut arrêté, le 25 juin 1 792, que le nombre des cloches des églises paroissiales, succursales ou autres oratoires nationaux, serait réduit a celui de trois; que le surplus de ces cloches serait descendu et porté aux ateliers de fabrication des monnaies établis en cette ville, pour, en exécution de l'art. 5 de la loi du 2 5 avril précédent, y être converti en numéraire, et que le produit qui en résulterait serait employé, sous l'inspection des corps administratifs, en travaux de charité et autres objets d'utilité commune, conformément à ce qui était prescrit par l'art. 8 de la loi précitée.
Ce fut alors que la Fabrique de la cathédrale de Rouen rédigea l'adresse suivante, qui fut envoyée, le 5 juillet i7</-. aux Administrateurs du département.
« A Messieurs, Messieurs les Administrateurs du Directoire du département de la Seine-Inférieure.
d'un sou et Je deux sous. Elles avaient envoyé, le 27 sept., 7/44 marcs en destination pour la marine ; le 29 du même mois, 5,874, même destination; en octobre, 9,55ti, pour le département ; en tout, 23,074 marcs.
€ Messieurs,
» Kn conformité de la loi du 22 avril dernier, la municipalité a fait, le K r du mois passe, la visite des cloches de l.i Cathédrale : mais l'Assemblée nationale, en laissant aux municipalités le droit de prononcer sur la suppression des cloches inutiles aux enlises conservées, n'a pas entendu dé^org mi>cr le complet d'une sonnerie telle que celle qui existe à la cathédrale de Rouen, puisqu'au contraire, elle a voulu que les enlises cathédrales de chaque département soient consences dans toute leur splendeur. Cependant, Meneurs contre l'esprit de la loi, et malgré nos représentations, la municipalité vient de réduire la sonnerie de la cathédrale à trois cloches.
» Nous aprenons que cet arrête est soumis a votre sanction. Nous espérons. Messieurs, que, prenant en considération l'importance de cette ville, celle de l'église de N.-D. r > comme première paroisse du département; 2 0 comme église épi<copile, vous arrêterez que les huit cloches placées dans la tour dit.- Saint-Romain, et qui forment le c >mplct de l'octave, seront conservées.
•> Vous l'ordonnerez, Messieurs, parce qu'elles sont utiles à la majesté du culte, parce qu'elles sont Indivisibles de la superbe bazilique, de laquelle elles font l'ornement, parce qu'enfin elles sont utiles pour annoncer à toute la cité la célébration des fêtes patriotiques, avec cette majesté digne d'une grande ville de l'empire français.
» Il existe, Messieurs, quatre autres cloches dans le cl«>cher de la pyramide, qui ont chacune leur utilité pour les ditléicnts appels des personnes attachées au service de l'égide et pour annoncer aux sonneurs les diîlerentcs sonneries qu'ils ont à taire : mais, si le besoin l'exige, nous sommes prêts a en taire le sacrifice.
» La cloche, appelée Georges d'Amboise, monument unique, qui, depuis l'an i5oi qu'elle a été placée dans la
tour dite de Beurre, a toujours trouve place dans l'histoire, fait l'ornement de îa ville, l'admiration de la France, de l'Europe entière, cette cloche est aussi frappée de suppression.
» Vous vous rappelez, Messieurs, que ce fut cette cloche qui toujours était destinée à annoncer les grandes solcmnités.
» Vous vous rappelez que ce fut elle qui fut destinée à expérimenter la joye que ressentit la cité entière lors du passage du Roy, le 28 juin 1786, et que ce fut dans cette fête nationale quelle se trouva cassée.
» Depuis cette époque, Messieurs, cette cloche n'a pas cessé d être encore l'admiration des étrangers.
» Il ne dépend que de vous, aujourd'hui, de conserver à la ville de Rouen un monument qui honore la mémoire de son fondateur.
» Vous savez, Messieurs, de combien de gloire les d'Amboisc se sont couverts sous le règne de Louis XII.
» Vous sçavés de quels bienfaits ils ont comblé cette ville.
1 Vous sçavés que c'est à Georges d'Amboisc que la ville d j Rouen doit l'inappréciable bienfait de l'établissement des premières fontaines, en 1 5oo, aux frais desquelles il contribua pour moitié.
» Vous sçavés que c'est à ses libéralités que vous devez la construction du principal et merveilleux portail de la Cathédrale, des superbes grilles en cuivre qui entourent le sanctuaire du chœur, la maison épiscopale actuelle, le château de Gai lion.
» Vous sçavés que c'en aux d'Amboises que vous devez la construction de la salle des procureurs, au cy-devant Parlement.
» \'o\i< sçavés enfin. Messieurs, que c'est au soin des Amboises que vous devez le pavage des rivières de Robec et Aubettc, et par les nombreux établissements et manu-
factures qui s'y sont formes, la majeure partie du commerce Je Rouen.
» Si jamais un citoyen a des droits à l'immortalité, qui plus que les Amboisc les a acquis?
- Nous ne demanderons pas. Messieurs, qu'il leur soit élevé de monument; mais nous sollicitons de votre justice, que celui qui existe dans la cloche de leur nom, par eux Jonné à l'honneur et gloire dc> Français, soit conservé.
» Si la mémoire des Rousseau, des Voltaire, a pu fixer l'attention de l'Assemblée nationale et obtenir une nouvelle immortalité de la part de la Nation, nous devons croire, Messieurs, que vous saisirez l'occasion qui se présente pour procurer à la ville de Rouen la satislaction de renouveler et perpétuer celle des Amboisc.
• Nous le devons croire, Messieurs, par votre attachement, par votre amour à tout ce qui intéresse cette immense cité.
» Nous le devons croire encore. Messieurs, puisque nous ne demandons pas que les frais, qui au plus n'excéderont pas au total 24,000 1., soient pris sur la caisse nationale, et que nous voïons déjà le complément de cette somme dans les offrandes de nos concitoyens.
> Nous vous demandons, Messieurs, à être autorises à taire graver sur cette cloche votre arrêté pour sa conservation.
# Nous vous le demandons, afin que la postérité sache que, dans tous les temps, la France a conservé le souvenir de ceux qui s'en sont rendus dignes.
» Nous espérons, Messieurs, que prenant en considération l'entier de nos représentations, elles mériteront votre approbation.
» Présenté le cinq juillet 1702.
» Les administrateurs de la Fabrique de l'c^Hsc paroissiale et cpiscopalc de la ville de Rouen.
» f J. B. Gratien, Èv. métropolitain de Rouen, Vcrel.
G. Freret, Vaticr, Roger, Rouxel, Marin Liot, Jean Cornier, A. Pottier, Lecœur l'aîné, Framellant, Lefebvrc. »
Cette pétition ne fut point absolument inutile, puisque, le 17 juillet 1792, le Directoire du District de Rouen arrêtait que l'église paroissiale et métropolitaine de Rouen pourrait conserver les S cloches placées dans la tour Suint- Romain, et qui formaient le complet de l'octave, avec la plus petite des cloches, étant dans la pyramide et servant d'appel au sonneur
Mais dans une lettre du même jour, adressée par le même Directoire à Messieurs du département, Georges d'Amhoise était condamnée.
* Quant à Georges d'Amhoise que les Fabriciens désireroient conserver, nous aurions été d'avis de conserver cette cloche, qui. toute imparfaite qu elle est dans ses formes et se> proportions, n'en est pas moins un monument curieux et rccommandable. Mais, l'accident qui lui est arrivé devant nécessiter une dépense très considérable, qui, de l'aveu même des Fabriciens, monterait au moins a 24.000 I., nous avons cru qu'il seroit préférable de décharger le Trésor de cette paroisse d'une dépense, aussi considérable qu'inutile. »
Un arrêté du Département, pris le 2 5 juillet 1702. confirma la condamnation; la cloche de Georges d'Amboi<c fut cassée, en mars i~<\-\ et tout ce qui en fut conservé, ce fut son battant, fabriqué, en 17.0, par Jacques Boniïace Le Friand (i), acheté par M. l'abbé Cochet, et actuellement déposé au Musée des Antiquités.
Avec quelques morceaux provenant de la fonte de cette cloche, un particulier eut l'idée de faire 4 médailles, a\e:
(1) On lui paya «re marteau i,Sm > livres. — On lui paya 42S livres poir le o -nire-an:icau, et, Je plus, 8 jo et 700 livres. Comptes de la fabrique de la cathédrale.
cette double légende : t Monument de vanité, détruit pour l'utilité, l'an II de légalité • ; — « Métal de la cloche Georges d'Amboise faite en i5oi, détruite en 1 7-^3 à Kouen. »
l'ne de ces médailles fui adressée par le Département au ministre de l'Intérieur, qui la fit expier < dans le Cabinet national de la Bibliothèque de la République, pour faire suite aux monuments de la Révolution •. (Lettre de Paré au Département, 22 septembre '7<»3.)
Un instant, on avait espéré que la Cathédrale de Rouen pourrait obtenir une compensation à la pet te que lui faisait éprouver la destruction de Geor^es-d'Amboisc.
Bien qu'elle ne contienne que le vœu d'un particulier, la lettre qui suit m*a paru mériter d'être rappelée comme document historique.
« Observations du sieur Gilbert, directeur de la grande sonnerie et concierge des tours de la Métropole de Paris, relativement au bourdon de 5 ttf Geneviève de cette ville, qui est sur le point d'être conduit à la fonte.
* A Messieurs les Administrateurs du département de la Seine-Intérieure.
• Le sieur Gilbert avant appris que Messieurs les Administrateurs de ce département '>nt le dessein de convertir la cl <Jic, n >mmée Genres dWrnb >ise, en deux autres h :v:rd<uis. 1 l'h-urneur de leur observer qu'il existe 1 Pans, un buun! >n, celai de S'- Geneviève, qui est mainte:; ml dc-Jcndu et prêt à conduire a la fonte; que ce bourdon ne pesant que dix-sept mil'e, est un sol et de tr >is quirts Je ton plus bis que Georges d'Amboise, quoique eVtle dernière pe/e dix~sept à di\-huit mille de p'us; que Me- ueu , s 1 .-s Ad nui trateurs ne peuvent mieux f.ire que de ré. lamer promptement cette superbe cloche qui reu .il à s m e>Ue:ne beauté toute- qualité- de son lep!us agréables qu'il >' aye. Les amateurs et les connaisseurs
en fait de cloches à Paris ne désirent rien tant que la réclamation de ce superbe corps sonore pour un endroit quelconque. En conséquence, le s r Gilbert a l'honneur d'inviter Messieurs les Administrateurs à faire les plus promptes diligences pour obtenir du Département de Paris cette superbe pièce, dont la fonte luy feroit beaucoup de peine, ainsy qu'à beaucoup de musiciens et de connoisseurs.
» Ce bourdon a été fondu, en 1 766, par la munificence du feu Roy; et, comme il pèze 17 mille. Messieurs les Administrateurs, en donnant en remplacement 17 mille livres de métal, soit en cloches de paroisses supprimées, soit d'autres, seront assurés d'avance de posséder dans leur département un des beaux corps sonores du royaume.
» Le sieur Gilbert a l'honneur d'observer à Messieurs qu il existe dans la tour septentrionale de Rouen une octave composée de huit cloches, et une autre cloche, qui est la plus grosse, qu'on appelle bourdon. Or, cette ciochelà étant isolée de l'octave, il seroit très possible de l'ajuster avec la cloche que le sieur Gilbert a l'honneur de proposer à ces Messieurs, en la baissant d'un demi-ton. Cette opération seroit très simple et peu dispendieuse.
» Ces deux bourdons, étant ainsi ajustés, seront de même ton que ceux de la Métropole de Paris, et peuvent être placés dans la tour où est actuellement Georges dAmboise, vu qu'il y a de la place pour en mettre deux.
» Proportion Je la cloche de S ,c Geneviève de Paris, sept pieds et demi de diamètre.
» Klle a été fondue par les frères Godiveau, célèbres fondeurs.
» Gilbert. •
Cette lettre n'est pas datée, mais je pense qu'on peut, avec quelque apparence de raison, la rapporter au mois de juillet ou au mois d'août 1792.
NOTES