‹ Dernier trait de la censureChapitre 17 sur 37 · MÉMOIRE, JANVIER · texte numérisé non relu

MÉMOIRE, JANVIER

Mr.is au moins, qu'on ne blesse pas à plaisir, qu'on ii'alïVonlepas sans motifs , ni Tidée, cpu^lque folle et vague qu'elle soit , ni Tbabitude, quand même elle serait ridicule , absurde.

r>e citons qu'une feuille , qui fiit plus de mal, à elle seule, que tous les journaux ensemble.

Veut-on de la politique ?

Toujours des systèmes , des tbéories , des thèses , qui sont ou à côté des vraies doctrines , ou en dehors de l'ordre posilif; et que Fennemi saisit avidement , prétendant y trouver le secret du gouvernement.

Tour à tour , la déclaration de 1789 est identique avec

la charte de i8i4 ; et la résistance contre Maupeou et Brienne était un attentat ; et les parlemens , les états , le clergé peut-être , furent des révolutionnaires.

Ensuite, les projets de l'avant-dernier cabinet devaient sauver l'Etat , peuvent seuls encore le sauver : et l'opposition ministérielle , constituait une défection royaliste.

Enfin , pour faire un choix entre mille diatribes contre cette chambre , dont les boules ont tant de poids , la majorité était composée de jacobins démagogues, de jacobins impérialistes, de jacobins doctrinaires. Veut- on de la morale ?

Le cours se compose d'insultes et d'outrages aux classes inférieures, aux petits rentiers j d'ironie et de mépris envers les condamnés, les esclaves.

Il faut s'arrêter : la mémoire a pris à tâche , de se débarrasser au plus vite d'un tel fardeau. Â peine en a-t-ellc conservé quelques traits passablement marquans.

« Il paraît que le séjour des bagnes donnera a envier d'y être admis. »

« On vit M. de Chateaubriand s'apitoyer sur le sort des rentiers du Marais et de la rue d'Enfer. »

« Il a bien fallu entendre la philippique de M. de Tracy ( sur la traite des noirs. ) »

NOTE, JUILLET i83o.

La Gazette est d'abord aux ordres du cabinet : et on n'y rencontre que des thèses abstraites, que des théories fantastiques , accompagnées d'insultes et d'outrages contre les diverses sections de l'opposition.

« La charte n'offre que la déclaration de 1789 j et l'article i4 explique toute la charte j et la majorité doit k

peine être comple'e ; et deux pouvoirs possèdent J omnipotence. »

Puis , ce sont des invocations au pouvoir absolu , des malédictions aux états et aux parlemens , des imprécations contre tous les actes de l'assemblée constituante.

Le 19 mai arrive : la Gazette quitte ses rangs. A l'en croire , on ne veut plus du gouvernement parlementaire , du régime constitutionnel.

Si bien que sous l'une et l'autre face^ tantôt elleafBclie, tantôt elle dénonce les prétendus complots.

Alors apparaît L'Untuersely modéré et raisonné, tant qu'il n'a pas encore conquis la faveur du ministère.

Et cela fait, tournant à l'inconséquence ou plutôt à l'extravagance.

Ecoutez ; le roi cèdera-t-il? ne cède ra-t-il pas? Ce thème encombre ses colonnes : sous les formes dubitatives, on prend à tâche , ce senibîe, de noyer la parole aflirmativç de la couronne.

Ecoutez : les 221 sont indignes : ils ne peuvent pas., ils ne doivent pas êlre réélusj surtout ils ne !e voudront pas immanquablement.

La réponse est arrivée par le télégraphe, et met fin aux malencontreuses prophéties.

Maintenant, on va exhumer le mot du tiers-état, tout étonné de rentrer en scène après le dénouement du terrible drame.

On va proclamer en lettres capitales, bien que la charte ])orle la démission de ce titre, que le souvei'ain, cVs^ le roi.

G'est-à-dîre qu'en sens inverse, /'ZZ/z/mêtsc/ abjure Iji, foi politique, tombe dans riiérésie, à l'heure même oitil s'est adonué au ministère.

Mais quelle serait donc la race de Crétins, dont Tesprit obtus, dont les sens perclus, manquassent a être affectés, aliéne's à tant de titres ?

PROJET DE NOTE, fin juillet i»3o.

La royauté est mille fois plus compromise par les joiu ■ naux dits royalistes, que par les feuilles libérales.

Encore, celles-ci accumulent à un tel point, les mensonges, les calomnies, et qui pis est, les absurdités, les contradictions, que leur crédit tend à baisser successivement.

Pour les achever, il ne manque que la concurrence illimitée qui en aggraverait les excès , qui les mettrait en état d'hostilité.

A quoi , il y aurait à ajouter la plus sensible leçon, eu publiant le résumé compaiatif des articles de ces feuilles.

Afin de présenter en bloc, ce qui a passé jour par jour sous les yeus ; afin de réunir dans une simple impression, les atteintes fugitives dont l'esprit avait été peu affecté.

Eh bon Dieu ! qu'on commande le même travail à l'égard des journaux royalistes, et l'esprit trop oublieux sera frappé, altéré , pétrifié, à voir cette, surabondance de thèses, de thèmes , de théories politiques qui ont été tour à tour, soutenus et combattus.

Rien n'y a été omis, en fait de ce qui est funeste, fataL

Le droit divin, la monarchie absolue, le pouvoir cons tituant, s'y sont vus traduits en pompe, avec emphase, à la barre de cette opinion publique qui se révolte à leur asoect.

Puis, Its iusultes, les outrages ont été prodigués soit a Itllc section , soit même b la majorité des deux chambres^

( 44 ) dont les adresses , les votes devaient cependant exercer une immense influence.

Puis, le? dédains, les me'pris sont versés à grands flots sur cette classe moyenne des électeurs dont les boules devaient apporter de si grandes difficultés.

Enfin , à cette heure même , le tiers-état et la roture d'une part, la noblesse de l'autre, servent de lieux communs à combler les pages de V Universel.

Lh , git le mal : de là , surgissent les craintes et les défiances, l'esprit de haine et d'envie ému a trop juste litre.

Car la passion et la sottise reportent toutes ces choses au compte de la pensée , de la volonté secrète du gouvernement.

La cause de la royauté ne triomphera pas , tant que les întrigans et les flatteurs seront admis à la servir ; tant que le gouvernement se prêtera à les laisser parler comme en son nom.

A. PIHAN DELAFOREST,

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