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CHAPITRE III

La coalition — Radiation des princes d’Orléans des cadres de l’armée. — Histoire de la lettre du général Boulanger au duc d’Aumale. — Ce qu’aurait pu répondre le général) Boulanger. — Triste rôle du duc d’Aumale dans le procès Bazaine. — Opinion du général de Cathelineau sur les d’Orléans. — Umgouvernement doit se défendre. — L’état de prétendant. — Le concierge du Comité central impérialiste. — Un singulier aveu.

Incapables de conserver le pouvoir — ils l’ont surabondamment prouvé au 24 et au 16 mai — les conservateurs, il est plus exact de dire : les orléanistes, sont tout aussi incapables de tenter par eux-mêmes quoi que ce soit pour le reconquérir. Il leur faut toujours un cheval de renfort. En 1871, eu grande majorité à l’Assemblée nationale, ils attellent M. Thiers à leur char; plus tard, ils se mettent à la remorque du maréchal de Mac-Mahon, et pour les élections générales de 1889, on les voit se ranger derrière le général Boulanger.

Cette association semblait d’autant plus étrange que les orléanistes avaient vigoureusement attaqué, dans leurs journaux et à la Chambre, l’ancien ministre de la guerre. Mais ils sonl peu

scrupuleux, veulent arriver quand même en se couvrant d’une livrée qui ne leur appartient pas. La publication des Coulisses Boulangistes a montré sous leur véritable jour ces eunuques politiques, qui ne comptent que sur leur argent pour se procurer les jouissances du pouvoir.

Ils ont vu que l’argent ne suffisait pas.

On se rappelle l’indignation des royalistes quand le général Boulanger, appliquant une loi de la Chambre et du Sénat, retira aux princes les grades qu’ils occupaient dans l’armée.

Mais, en vérité, on se demande si ces gens-là ont bien le droit de tant fulminer contre une mesure qui n’est point aussi inique qu’ils le prétendent. Quand on est entré dans l’armée parla porte de la politique et de l’exception, faut-il s’étonner si fort d’en sortir par la même porte ? Je ne le pense pas.

L’Assemblée nationale avait octroyé aux princes de lafamille d’Orléans des grades qu’ils n’avaient pas régulièrement gagnés, sacrifiant l’égalité et la légalité à la naissance : la Chambre remit les choses au point. Ce qu'une Assemblée avait fait, une autre Assemblée le défaisait. N’est-ce pas là le jeu ordinaire, régulier, de la bascule politique et parlementaire ?

Les ducs d’Aumale, de Chartres, d’Alençon et de Penthièvre occupaient dans l’armée et la marine des emplois appartenant à d’autres tout

aussi méritants et, bien certainement, plus dignes d'intérêt. On les leur retira. Ce fut un acte de justice qui servit de prétexte à une levée de boucliers contre un ministre delà guerre simple exécuteur des décisions des Chambres. Ce fut aussi un toile dans le camp orléaniste.

Tout d'abord, on procéda sournoisement. Le * général Boulanger trahissait qui l’avait servi ; il aurait dû abandonner son portefeuille plutôt que de consentir à frapper le duc d’Aumale, son protecteur et son bienfaiteur!

Eh bien ! voyons quelle peut être et quelle doit être la valeur de cet argument que les orléanistes crurent et croient encore décisif.

Le général Boulanger eut tort, grand tort, de déclarer qu’il n’avait pas écrit au duc d’Aumale.

Je ne veux pas l’excuser de cette dénégation, mais encore faut-il savoir commuent agirent les amis du duc.

Il y avait une lettre compromettante pour le général Boulanger dans les papiers de l’ancien commandant en chef du 7Ô corps, mais on ne publiait pas cette lettre. On en disait le sens, entre soi, dans le tuyau de l’oreille, on en citait même les termes, de mémoire. Ces confidences étaient recueillies, imprimées, devenant, par le fait, précises, définitives. Ce n’était pas là le style du général ; s’il avait écrit, il ne l’avait pas fait en ces termes. Ses amis l’interrogèrent, fin-

terwievèrent ; il répondit qu’il n’avait pas écrit celte lettre. Il avait raison et tort tout à la fois : raison, puisque le texte n’était pas exact, tort, puisque, une fois ou l’autre, il avait correspondu avec le duc d’Aumale. Il aurait dû, aussi, se méfier des orléanistes qui retirent toujours un reçu, même de ce qui ne leur coûte rien à donner!

Dès lors, les royalistes triomphèrent et le duc d’Aumale livra le papier. Mais il est dit que les orléanistes ne feront rien proprement. Les princes d’Orléans voulaient bien confondre le général, mais ils ne voulaient pas dépenser d’argent. Leur mandataire avait fait clicher la fameuse lettre pour l’apporter aux journaux et, quelques jours après, on présenta la note aux journaux du parti qui avaient accepté les clichés. La plupart refusèrent (de payer un service qu'ils avaient rendu : le Figaro , le Gaulois et la Gazette de France s’exécutèrent et payèrent les clichés.

Quels pratiques que ces d’Orléans !

L’histoire fit quelque bruit et les journaux récalcitrants furent laissés tranquilles.

A la Chambre, on jeta souvent à la face du ministre de la guerre cette lettre d’un colonel à son chef. Le général Boulanger avait une attitude bien simple à tenir. A la tribune, quand le duc de Larochefoucauld l’interrompait pour lui

reprocher son ingratitude, il pouvait aisément répondre :

— Oui, j'ai écrit la lettre que vous savez au duc d’Aumale; il commandait en chef le T corps et je ne pouvais m’adresser qu'à lui, hiérarchiquement. Ce que j’ai fait, tous les officiers l’ont fait à l’égard de leurs supérieurs. Le duc d’Aumale servait la République tout comme vous, M. de Larochefoucauld, vous la serviez quand vous étiez ambassadeur à Londres. Le duc d’Aumale était mon supérieur. Yoilà pourquoi je me suis adressé à lui !

J’imagine que les rieurs ne se seraient pas rangés du côté du duc d’Aumale et du duc de Larochefoucauld-Bisaccia.

Quant au duc d’Aumale, son rôle ne fut pas très brillant non plus.

S’imagine-t-on un commandant de corps d’armée plus occupé à ranger des petits papiers qu’à surveiller et à instruire les troupes ? C’est là un rôle indigne d’un général en chef et d’un duc qui s’est mis à plat ventre devant les pouvoirs publics pour obtenir un poste qu’il n’avait pas mérité. Et une conclusion se dégage de sa conduite, s’impose :

De deux choses l’une :

Ou le colonel Boulanger avait des litres et des droits pour devenir brigadier, ou il n’en avait pas.

S’il avait des titres et des droits à un avancement normal, régulier, sa lettre était inutile.

S’il n’avait aucun titre, aucun droit à cet avancement, le duc d’Aumale commandant en chef un corps d’armée a trahi la confiance d’un ministre de la guerre, a méconnu les titres et les droits d’un colonel plus méritant que le colonel Boulanger, en faisant accorder les étoiles à un courtisan incapable.

Cette conduite fait juger l’homme et la Chambre n’a été que juste en enlevant au duc d'Aumale un poste qu’il occupait pour le plus grand dommage de l’armée.

Je n’excuse pas le général Boulanger; il aurait dû avouer nettement la vérité, mais que penser de la famille d’Orléans qui songeait à se servir de ce même général pour restaurer son trône et en faire le lieutenan t général du nouveau royaume?

Si le rôle du duc d’Aumale ne fut pas très brillant dans cette affaire, il ne fut pas beaucoup plus loyal, beaucoup plus honnête dans le procès Bazaine. Les d’Orléans ont toujours tout sacrifié à leur haine et à leurs intérêts particuliers et tant qu’il y aura un d’Orléans, la tradition ne se perdra pas.

M. Thiers avait résisté sans cesse aux exigences des orléanistes, refusant, après la guerre, d’ouvrir un débat d’où il ne pouvait sortir rien de bon pour l’armée et pour la France. Mais ceux-

ci ne se lassèrent pas. Ils avaient un but politique et intéressé à atteindre : solidariser l’empire avec le maréchal Bazaine.

Le maréchal de Mac-Mahon accorda ce que M. Thiers n’avait jamais voulu autoriser. Ce fut une explosion de joie indécente dans le camp orléaniste, au comble, momentanément, de ses vœux. Le duc d’Aumale allait donc trôner et présider le conseil de guerre chargé de juger le maréchal Bazaine!

Les débats de ce procès furent académiques, le duc d’Aumale étant de l’Institut.

Si l’on avait eu réellement l’intention de juger Bazaine pour son crime et non pour la galerie, il n’était pas besoin d’un si grand étalage de formalités. Quand un officier est coupable de trahison, il est d’autant plus coupable qu’il a plus de galons, partant de responsabilité. Il fallait juger à huis clos ce maréchal de France qui avait un glorieux passé militaire et qui avait commandé à la première armée du monde. Et, alors, au conseil de guerre réuni, on pose ces deux questions :

L’accusé est-il coupable d’avoir trahi son pays?

L’accusé n’est-il pas coupable?

Innocent, on acquitte un maréchal qui n’a pas été à la hauteur de sa mission et n’a été que malheureux ;

Coupable, on le dégrade devant la troupe

assemblée et on le fusille pour lui fournir l’occasion de savoir mourir puisqu’il n’a pas su servir sa Patrie !

Ce juste châtiment, cette expiation était due à l’armée, à cette armée de héros qui, sous Metz, faisait reculer l’invasion et pouvait encore sauver la France. Le soldat aurait vu là un grand exemple, la justice égale pour tous dans l’accomplissement du devoir de tout citoyen envers son pays.

Il n’en fut pas ainsi, hélas! et le conseil de guerre, si prompt à se complaire dans des discussions inutiles et dangereuses, si prompt à condamner Bazaine, ne fut pas moins prompt à signer, avec la même unanimité qu’il avait voté la peine de mort, un recours en grâce tendant à une commutation de peine.

La France, l’armée attendaient une autre solution et n’étaient point satisfaites : le duc d’Aumale et les orléanistes, eux, étaient satisfaits. Ils avaient rouvert, quelques années après nos défaites, nos plaies encore saignantes ; ils avaient montré au monde un maréchal de France trahissant sa patrie; ils l’avaient condamné à l’unanimité et ils plaidaient, en même temps, les circonstances atténuantes en faveur d’un chef misérable !

Quel est donc le plus misérable?

Celui qui, isolé de tout le monde, responsable

de la vie de 200,000 hommes et pris du vertige des grandeurs, capitale en rase campagne sans avoir fait ce que l’honneur et le devoir lui commandaient, ou celui qui, en pleine paix, sans responsabilité, même devant l’opinion publique savamment préparée, préside un conseil de guerre en vertu de l’ancienneté d’un grade usurpé et jette la défaveur sur son pays, sur l’armée, pour satisfaire de basses rancunes politiques ?

Il serait difficile de se prononcer entre ces deux hommes : l’un vaut l’autre. Suivant la tradition de sa famille, en la circonstance, le duc d’Aumale portait les armes contre sa patrie, à l’intérieur, comme son aïeul Egalité, comme son auguste père Louis-Philippe les avaient portées contre la France, en temps de guerre.

Qu’est-ce donc que ce duc d’Aumale dont certains se sont plu à célébrer les talents militaires, sinon un général de carton, un général de parade ? Ecoutez la plainte indignée d’un vieux brave, d’un vétéran de l’armée d’Afrique :

La lettre présomptueuse du duc d'Aumale au président de la République me rapelle un fait qui s’est passé en Algérie en 1846 dans la province d’Oran, alors que j’étais sous-officier au 2e régiment de chasseurs à cheval d’Afrique.

A cette époque, signalée depuis comme la plus pénible des campagnes d’Afrique, au moment où l’émir

Abd-el-Kader, dans tout l'éclat de sa puissance, avait déclaréla guère sacrée en jurant sur le Koran d’anéantir les infidèles, le régiment se trouvait au ravitaillement sur la Tafna, après s’être assuré de ses communications avec la redoute de Lala-Magraia et de Djemmaa-el-Gazahouat.

Nous étions là, dépourvus de tout, vivres, munitions de guerre, vêtements, tout nous manquait, excepté nos chevaux et nos sabres.

On nous annonça, au deuxième jour de campement aux sources chaudes, l’arrivée du duc d’Amale, gouverneur général de l’Algérie, qui venait nous passer en revue.

A onze heures, huit escadrons des 2e et 4e régiments montaient à cheval pour se former en bataille; une batterie de montagne prenait position en avant, pour signaler par son feu l’arrivée du gouverneur, duc d’Aumale.

Nous avions tous la joie au cœur, il nous semblait que c’était la France qui venait nous visiter, nos officiers partageaient notre enthousiasme.

Qu’on songe donc qu’il y avait plus dUm an que nous étions en expédition, campagne forcée d'hiver et d’été, pour répondre de jour et de nuit aux attaques incessantes de l’ennemi et qu'il fallait couvrir de la protection de la France vingt-cinq ou trente tribus, trois villes, sept redoutes, escorter des convois de colons, de détachements de malades évacués, et on se rendra peut-être compte de nos fatigues, quand on saura qu’en outre, il nous fallait répondre aux attaques d’un ennemi farouche et sanguinaire, exailé par le fanatisme et toujours à la piste de nos mouvements pour châtier les tribus rebelles.

Le duc d’Aumale arriva au camp de la Tafna, dont le pont avait été brûlé, un mois auparavant, par l’en-

nemi ; nous l'attendions à cheval, le sabre à l’épaule depuis deux heures, sous une chaleur torride.

Enfin, le canon gronda, annonçant sa présence :

Il passa devant nous au pas de son cheval, la poitrine chamarrée d’un -large ruban rouge, portant croix et crachats sur un brillant uniforme, le chapeau galonné d’or et de plumes blanches, il jeta un air dédaigneux sur ces cavaliers déguenillés, la figure ridée par les fatigues, noircie par la poudre, halée par le soleil, la barbe et les cheveux incultes, les uns ayant raccommodé leur uniforme avec des peaux de moutons, les autres portant des burnous pris dans les razzias, pour remplacer leurs vestes trouées aux coudes, usées sur les épaules.

Malgré notre misère, nos cœurs battaient aux champs.

Arrivé devant le dernier escadron, le fils de Louis- Philippe Ier se détourna avec dégoût en disant au colonel Moris :

— Votre régiment ressemble à une bande de brigands !

— Je suis leur chef ! Monseigneur !... lui répondit notre colonel en le saluant du sabre.

— Ma colonne est en campagne depuis quatorze mois... reprit le général Gavaignac ! Vous n’en voyez que la moitié, Monsieur le gouverneur !... le reste n’existe plus !...

Le duc d’Aumale, tournant le dos à ces deux héros, mit pied à terre pour se réfugier loin des ardeurs du soleil, sous une tente qu’abritait le beau massif de palmiers, près des sources chaudes, où un repas princier l’attendait.

Mais quelques chasseurs d’Afrique, qui avaient entendu, se mirent à crier :

— Enlevez-le !...

Le colonel Moris, s’élançant au galop devant le front de ses escadrons, s’écria, rouge de colère et de honte :

— Silence !... Tonnerre !... Le premier qui ouvre la bouche... je le fais fusiller...

Nous avions le cœur serré dans la poitrine, nous reprimes nos rangs, quelque peu ébranlés sous le coup de l’émotion malsaine dont nous étions animés.

Nous mettions pied à terre dix minutes après.

Quinze jours plus tard, la France, représentée à la Chambre des députés, votait que Y Armée d'Algérie avait bien mérité de la patrie !...

Victor Levasseur, Ex-maréchal des logis-fourrier au 2e régiment de chasseurs à cheval d’Afrique.

Est-ce que la lettre éloquente de ce sousofficier ne montre pas ce qu’était ce prince qui, ayant conquis à l’ombre de la complaisance paternelle un grade dont il n’était pas digne, insultait des héros qui, eux, s’étaient déguenillés sur les champs de bataille, avaient noirci au soleil brûlant d’Afrique pendant que ce fils de roi se vautrait sur les canapés des Tuileries et du palais du gouverneur.

M. Albert Rogat, un des plus brillants collaborateurs de M. Paul de Cassagnac, a dit aussi son mot sur le duc d’Aumale, dans sa brochure: Ces beaux Messieurs d Orléans. En voici un extrait :

« Le duc d’Anmale, celui-là, par exemple, il en faut « parler avec prudence; c’est le plus processif denos

« généraux. lia, rendons-lui au moins cette justice, « gagné plus de procès que de batailles et il ne dédaigne « pas de faire rentrer dans la profonde escarcelle où est « venue s’engloutir la fortune du dernier des Condés, « les quelques écus auxquels peut le faire condamne ner un journaliste irrévérencieux. »

A ceux qui regrettent que les princes d’Orléans aient été privés de leurs grades, on peut répondre :

— Dans notre société moderne, on gagne ses galons !

L’égalité l’exige ainsi. C’est ce que M. Paul de Cassagnac a excellemment pensé quand il écrivait :

L’égalité, c’est la devise française, c’est la devise démocratique, la seule que l’on ne puisse pas attaquer impunément en France.

Voilà pourquoi la situation des princes d'Orléans sera toujours fort difficile vis-à-vis de la nation, car ils paraissent ne vouloir en aucune façon se soumettre à la loi générale.

Politiquement et personnellement ils sont la négation vivante de l’égalité.

Politiquement ils représentent le droit de vote entre les mains des riches seulement, créant ainsi une nouvelle noblesse, ignoble celle-là, quand elle accapare tout dans une nation, la noblesse des écus bien ou mal acquis. Au point de vue personnel, il en est de même.

M. le duc de Nemours est général de division, M. le duc d'Aumale est général de division, M. le duc de Alontpensier est colonel d’artillerie, tout cela , sans avoir servi plus de temps que nen met un sous-lieutenant pour passer lieutenant.

ü: OF ILL UD.

M. le prince de Joinville est amiral, sans avoir navigué beaucoup plus que le moindre enseigne de vaisseau.

C’est déjà exorbitant, mais au moins ces princes ont-ils fait semblant de servir , tandis que M.le duc de Penthièvre et M. le duc de d’Alençon n’ont pas même ce faible mérite. Après être devenus, par faveur, officiers à titre provisoire, ils ont trouvé moyen de se faire maintenir dans leurs grades à titre définitif.

On le voit, ils ont commencé par s’introduire en catimini, modestement, puis, une fois entrés dans la place, ils s’v sont installés comme chez eux.

Et cependant , les princes d'Orléans n'étaient pas des officiers français , c étaient des officiers étrangers. Il ny avait aucune différence, au point de vue militaire, entre eux et le premier capitaine venu de la marine portugaise , brésilienne , ou de /’ armée espagnole ou italienne.

Eh bien, si un officier de ces nations étrangères demandait à servir dans Tannée française, le recevrait-on avec les mêmes facilités qu’on a mis à recevoir MM. dePenthièvre et d’Alençon ? Nous en doutons fort.

De plus, ces deux princes n’étaient même pas des officiers étrangers, dans toute l’acception régulière, car ils n’avaient pas eu leur avancement dans les mêmes conditions que leurs camarades.

C est comme princes qu’ils étaient officiers étrangers, et non comme engagés volontaires ou comme élèves d’école militaire.

C'est comme princes qu’on a abaissé les lois devant eux et qu’on leur a fait des facilités inouïes, refusées au vulgaire.

Nous trouvons, nous, qu’a notre époque, de pareils

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