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LA TERRE DE L'EAU

Frappant l'espace avec leurs bras de sauterelles, Mêlent Tazur, la nue et l'ombre à leurs quatre ailes.

A coup sûr ces géants, ces pourfendeurs de Tair, Toujours enveloppés par un quadruple éclair, Feraient mettre en arrêt la lance à don Quichotte.

Dans la cuve au houblon Gouda vide sa hotte ;

Telle ville a son lait, telle autre ses fraisiers ;

Telle autre sa balance à peser les sorciers.

On vogue ; on reconnut les cantons catholiques

Aux mendiants pieds nus qui baisent des reliques ;

Car la châsse est dorée aux dépens des sillons ;

La madone à bijoux fait la femme en haillons.

Le taillis noyé semble un miroir sous des branches ;

Des marmots blonds, mordant leur pain aux larges tranches,

Regardent les bateaux dans le canal glisser.

La langue, c'est l'étang; on entend coasser

Dans le mot la consonne, et dans l'eau la grenouille.

A travers une vitre on voit une quenouille ;

C'est l'aïeule au front blanc qui guette et se tapit.

L'eau, qui devrait courir, est barrée, et croupit;

On cultive le miasme, on récolte le goitre ;

L'affreux tabac pullule où le blé devTait croître ;

Dieu fait Tendroit du monde et l'homme en fait Tenvers.

L'église est jaune, Torgue est bleu, les murs sont verts; Ce pays est repeint par Thomme à la détrempe ; On peint le toit, le seuil, Tescalier et la rampe ; L'arbre peut-être est peint; la grue et le pigeon Volent, de peur d'avoir leur part du badigeon. Un démon gouailleur souffle en ces joncs fantasques. Les meuniers ont des tours, les femmes ont des casques, Les enfants ont leur pipe avant d'avoir leurs dents.

Où donc as-tu trouvé ton soleil, ô Jordaëns?

Ce pauvre soleil gris que le brouillard fait fondre,

Et qui ne serait pas même accepté par Londi*e,

Clignote, et ses longs jets de lumière blafards

Entrent dans Teau rayons et sortent nénuphars.

Les jardins, côtoyés sans bruit par le pilote.

Sont pleins de dieux mouillés, et l'Olympe y grelotte.

Virgile frémissait de voir l'airain suer.

On tremble ici de voir le marbre étemuer.

Et l'on serait tenté d'emmailloter Pomone,

D'offrir un châle à Flore, et de faire l'aumône

D'un rayon de soleil à Phébus enrhumé.

Ici le plein midi craint le grand jour ; en mai

On a novembre; avril meurt de froid; juin s'embourbe,

Et juillet en toussant souffle le feu de tourbe.

Mais qu'importe ! le rbe est roi dans la maison ; L'âtre est gai. Bon visage à mauvaise saison.

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