ANNIVERSAIRE
4 septembre ISô*;.
Non ! il n'est pas d'absence, il n'est pas de tombe'^u.
Le pâle survivant, rallumant le flambeau,
Fait envoler son âme au delà de la terre
A la suite du mort entré dans le mystère;
L'âme revoit l'autre âme à force d'y rêver,
Et dans le ciel profond sait où la retrouver.
La souffrance, géante et spectre, sur le monde
Se dresse ; un long cri sort de sa bouche profonde
Et remplit l'infini mystérieux et sourd ;
Et la fenune aux bras blancs, le vieillard au pas lourd,
Partout, sous tous les cieux et sous tous les tropiques,
Londres, Rome, Paris, ces cavernes épiques.
Le laboureur courbé, forçat des verts sillons,
L'éclatant capitaine au front des bataillons.
Et les rois sur leur trône et le pauvre en son bouge,
Les branches de la ronce où la vipère bouge.
Ceux qui disent : priez, ceux qui disent : aimons,
L'algue au fond de la mer et l'arbre au haut des monts,
L'eau roulant le caillou, la faulx coupant la gerbe.
Le tigre se traînant sur le ventre dans l'herbe.
Le doux oiseau tordant la mousse de son nid, Le navire et Técueil, le jonc et le granit,