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LA CHUTE DU RHIN

Avalanche de bruit, le Rhin tombe en hurlant Dans le gouffre où l'écume, immense chaos blanc, Tourne éternellement son eflBroyable roue ; Dans le puits inconnu que Teau sombre secoue, Tout bave et gronde ; ainsi rugiraient des Titans Vautrés dans un abîme énorme et combattants.

Gela frémit, cela hurle, cela blasphème.

On dh*ait Galiban colletant Polyphëme.

On pressent, sous ce vaste et formidable bruit, Toutes les profondeurs sinistres de la nuit.

Le fleuve à son tourment court avec épouvante. L'âpre rondeur des eaux, glauque, aveugle et vivan te

Croule, et rendt toujours pour toujours se briser. L'arc-en-ciel frissonnant brille et vient s'y poser ; Sur la courbe difforme il met sa courbe pure, Et Ton croit voir Diane, au fond de Tombre obscure Dressant dans ce fracas son front tranquille et fier, Du bout de son arc vierge apaiser un enfer.

87 leptembre 1860.

Je t'aime, avec ton œil candide et ton air mâle, Ton fichu de siamoise et ton cou brun de hâle,

Avec ton rire et ta gatté, Entre la Liberté, reine aux fières prunelles, Et la Fraternité, doux ange ouvrant ses ailes,

Ma paysanne Égalité.

Tons les hommes sont l'Homme ; et pas plus que les cieux

Le droit n'a de rivages ; Ma sombre liberté sent le poids monstrueux

De tous les esclavages.

Avec tout prisonnier je me sens enfermé ;

Ses chaînes sont les nôtres; Guerre aux rois! Délivrance I Un seul peuple opprimé

Opprime tous les autres.

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