PREMIÈRE ÉPITRE
Sous Tétoile agrafée aux plis blancs de la nue, Vénus au front divin sourire toute nue.
C'est fini. L'on devient bourgeois de THélicon.
On loue au bord du gouffl^e un cottage à balcon.
On consent bien, du haut de sa raison morose,
A faire encor des vers, pourvu qu'ils soient en prose.
De là Tépître. Hélas, le poëte à vau-l'eau
Est un Orphée éteint qui finit en Boileau.
Oh! vers le progrès magnifique Guidez les générations!
Malheur à 1 ame qui trafique De son souffle et de ses rayons !
Que le supplice vous attire, Précipitez-vous au martyre, Penseurs! pour vaincre il faut souiïrir.
L'homme, qui ne peut rien connaîtra, Marche de cette énigme : naîtn», Jusqu'à cet abîme : mourir.
Sur son berceau naît son étoilo.
Comme il ouvrait Tœil, elle a lui.
Comme Isis sous le triple voile, La conscience habite en lui.
Elle Téclaire quand il doute ; Elle lui montre sur sa route
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Tout ce que la raison trouva.
Elle est pareille à la^glaneuse; Il est libre, elle est lumineuse; Il dit : Que suis-je? elle dit : Va.
Il sent qu'il contient le mystère, Qu'il a la bêche et le jardin, Qu'il doit, condamné de la terre.
Avec Babel refaire liden.
Apre ouragan ou brise douce, Il sent qu'il est le vent qui pousse Les battants du seuil éternel.
Et que les vertus et les crimes Font tourner sur ses gonds sublimes La porte invisible du ciel.
Doù vient-il? où va-t-il? il songe.
Évitera-t-il Dieu lointain?
11 est maître de son mensonge,
Un autre est maître du destin.
11 tremble ; il 'se sent responsable
Pour un pas risqué sur le sable,
Pour un souille sur un flambeau.
nuit sombre où nous portons Tarchr !
La liberté de l'homme marche
Entre la crèche et le tombeau !
4 septembre 1854.
Je suis comme dans un cloître ; On dit de moi : « D'où vient-il ? »
Je sens à chaque heure croître Le froid profond de l'exil ; Je ne vois plus ma patrie ; Toute ma joie est flétrie ; J'ai blanchi, vieil affligé ; La tombe, amis, me réclame ; Comme il gelait dans mon âme.
Sur ma tête il a neigé.