VOLEURS INCONSCIENTS
Que le cœur s'apitoie ou que la loi sévisse.
Le pauvre, c'est certain, par misère ou par vice,
Souvent vole le riche. Eh bien, de son côté,
Le riche peut voler le pauvre, en vérité.
Il ne s'en doute pas, triste engeance ignorante I
Écoute et songe.
Hier, j'ai touché de ma rente Une sonune, et je tire un firanc de mon gousset. Le voici. Maintenant je denàande à qui c'est. Ce firanc, certe, est à moi le riche, à moi le maître .
Il est à moi si peu, que si, par la fenêtre.
15/i DERNIÈRE GERBE
Je le jette à la mer, je le vole. A qui donc? Aux pauvres.
Oui, quiconque, en notre enfer sans fond, Plein de fièvres, de soifs et de faims innombrables. Perd ce qu'il peut donner, le prend aux misérables. Qui soufire attend, et c'est un droit que le malheur. Le prodigue est voleur et l'avare est voleur. Car avoir, c'est devoir; car celui qui dissipe Ou thésaurise, fait une plaie au principe ; Car, ayant tout, il a commis, entends-tu bien. L'affreux crime d'avoir volé ceux qui n'ont rien.
Terre, dans ta course immense et magnifique, L'Amérique, et l'Europe, et l'Asie, et l'Afrique Se présentent aux feux du Soleil tour à tour; Telles, Tune après Tautre, à l'heure où naît le jour. Quatre filles, l'amour d'une maison prospère, Viennent offrir leur front au baiser de leur père.