‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 10 sur 133 · ADIEU PARIS · texte numérisé non relu

ADIEU PARIS

Am :

Paris m'a cric ; Reviens vile !

Sai lions si la voix a faibli.

Cesse au loin de vivre en ermite; Reviens clianler ou crains l’oubli.

J’ai répondu ; Dans la mémoire, Paris, laisse mon nom périr.

En vain ton soleil fait mûrir Crandeur, jdaisir, richesse cl ;;loire; Ici l’écho me dit tout bas ;

Ne l’en va pas. {Bis.)

Qu’en dites-vous dans ce feuilla^^e, Oiseau.x qu’aux temps froids je nourris?

— Nous disons : Vive le villa^'e !

Connaît-on l’aurore à Paris?

Elle enlr’ouvre ici tes paupières Au chant des linols, des pinsons.

A nous tes dernières clialisoiis,

A toi nos chansons printanières.

Et puis l’écho redit tout Ixis .

Ne t’en va pas.

Qu’en dites-vous, fleurs dont j’êtanche La soif au déclin des longs jours?

— Que sagement ton front qui jienche A brisé le joug des amours.

Plein d’une tendre souvenance,

Cultive en paix nos doux présents :

iVous garderons à tes vieux ans Pour chaque jour une espérance.

Et puis l’écho redit tout bas :

Ne t’en va pas.

Qu’en dites-vous, flots de la Loin*, Voisins du seuil cher à mes goûts?

— Que dans leur cours fortune et gloin* Sont plus variables que nous.

Pour qu’en ton sein la peur redouble .Au moindre songe ambitieux.

Vois ce fleuve capricieux ;

Plus il monte, plus il est trouble.

Et puis l’écho redit tout bas :

Ne t’en va ps.

Qu’en dites-vous, vous qu’à mon âge J’ose planter, arbres naissants?

— Que du soin mis à ce bocage Tu nous verras reconnaissants.

Des maux d’autrui Pâme oppressée.

Quand tu rêveras dans ces lieux,

Crands alors, nous pouri ons des deux Montrer la roule à la pensée.

Et puis l’écho redit tout bas :

^ie t’en va pas.

DERMftRKS CHANSONS

Arhros et flots, oiseaux et roses,

Oui, je vovis crois; adieu Paris.

Je m’amuse aux plus simples choses.

Quand je pense à Dieu, je souris.

Que me faut-il? Un peu d’ombrage.

Quelques pauvres pour me l)énir.

Et, pour le long somme à venir.

Le cimetière du village.

Aussi l’écho redit tout bas :

Ne t’en va pas. (Bis.)

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