‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 9 sur 133 · LA PRISONNIÈRE · texte numérisé non relu

LA PRISONNIÈRE

Am ; (j; Miifiislral iri'éproclmltlc.

Platon l’a dit ; l'ànie est cajitive Dans ce corps brut, obscur séjour, Prison véi itable où ii'arrivc tjue lenleineiit ré-clat du joui'.

Celle âme en f|ui tout est mystère.

Souffrant du froid, souffrant du chaud, (Jnand l’édifice soi t de terre,

Sommeille au fond d’un noir cachol.

Tandis qu'elle languit dans l'ombre, Nature tente un sourd travail.

Et fait jioindre dans ce lieu sonibic Le jour douteux d’un soupirail.

A la lueur (jui vient d'éclore.

Se ciéant un vaste horizon,

La pauvre âme longtemps encore Se heurte aux murs de sa pi ison ;

Mais enfin s’ouvre une fenêtre ;

Elle s’y cramponne en riant.

G«rnier freret Ziueurt

UE BÉlUiNGER.

Salut, printemps qui viens de naili e 1 Tout brille aux feux de l'Orienl.

Ces bois si verts, ces eaux si belles.

Ces monts géants, riiomme en est roi.

Toutes ces fleurs, pour moi sont-elles?

Tous ces fruits, seront-ils pour moi?

De la prison d'abord si noire Le faite devient radieux.

L’àmc en fait un obsei vatoire Et de là plonge dans les deux.

Tant d’astres soulèvent les voiles Du Dieu qui leur trace un cbemin.

Je me noie en ces flots d’étoiles ;

Dieu puissant, tendez-moi la main.

Mais l’automne touche à son ternie; Déjà le ciel s’est obscurci.

L’observatoire alors se ferme.

Hélas ! et sa fenêtre aussi.

(Juelque rayon, qui meurt bien vile, Frappe encor des murs délabrés.

Fuis du cachot, son premier gîte, L’àme redescend les degrés.

Il en est ainsi pour la foule A l’àge. de caducité.

Mais enfin la prison s’écroule;

L’àme s’envole en liberté.

De nouveaux fers Dieu la préserve !

Et j’ajoute à mon oraison :

nEKMÈRES CHANSONS Faites, mon Dieu, quelle conserve Le souvenir de sa prison.

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