‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 114 sur 133 · M. JUDAS · texte numérisé non relu

M. JUDAS

.Note 1.X\ 11. — .tw titre. — t'eltc chanson'lut faite 'pour uhe l éunion de libéraux, qui s'intitulait « Société des Apôtres. » Béranger y portait le nom de Jacqiteu te Majeur. Sa chanson commençait ainsi :

Itli UtUA>i(;EK.

Mes frères, les bons a}M>lres, f)ue mon cousin le bon liieu,

Loi*st|Ue nous faisons ries noires.

Soif avec nous dans ce lieu!

, Mais, s’il fui pris en délaiil Pour aroir parlé Irop haut,

l’arlons b.xs, i

lietle sociélê, qui sc réuiiissail à labié, iiViil |ia» une longue dulée. l'n homme de police s’y était introduit dès le commencement, et il n'en fut pas le seul Judiis. l.c portrait de ce lAclie apôtre convenait à tant de gens, que, par la suppression du premier cou|det, cette chanson devint d'une application générale. • iependant il en fut fait une particulière à un ancien membre du liaveau, soiqiçonné d’avoir précédemment appartenu à la police impériale, et devant qui, en 1815, Béranger fut piévenu par bésaugiersde ne pas chanter \e Roi d’Ytrlel. Depuis, ce même personnage n’en a pas moins obtenu et cumulé des places de censeur, de bibliothécaire, des pensions, des croix, etc. {Sole de Rèrauger.)

11 n'est pas trés-fliflicile, en ouvrant deux ou trois almanachs, de deviner quel est le |>ersonnage dont vent parler Béranger. (Sole de l'KdiU'ttr.)

LE lllEi: DES BON.NES HESS

i\oiï L\V11I. — .Im litre. — C’est vers le milieu de 1817 ipie lîéraiiger lit le Uieii des humes gens. Jusque-là c’était toujours avec une espèce de timidité qu'il avait tenté d’élever le ton de la chanson. Enhardi par le succès, il osa davantage cette fois; mais la frayeur le reprit quand il eut terminé ces couplets, l’our expliquer cette frayeur, il faut dire qu'il était reçu au Ciweiiu qu’il ne fallait jioint mettre do poésie dans la chanson. Béranger avait souvent enlcndii professer celle doctrine par Armand ('■outré. Aussi Irembla-l-il l'orl lorsque, pour la première fois, dans une léunioii d'hommes de letlrc.s, il se hasarda à chanter le Dieu des huniies yeits. Les applaudissements qu'il obtint furent tels, que, dés ce moment, sur de laïuvoir dé|>enser dans ce genre le peu qu'il se sentait d'idées poétiques, il renonça à tout autre et conçut l'espoir de donner à la France une jioésie chantée, ce qu’elle n'avait pas, selon lui, malgré la sublimité de beaucoup do nos odes et l'excellence de plusieurs jiassages de nos opéras, l'oiir arriver à cela, il fallait continuer à se servir de nos airs de ponts-neufs, convenablement entremêler les tons, ainsi que notre langue |ioiivait l'exi* ger, s'attacher de plus en plus à dramatiser ses petits poèmes, et surtout s’astreindre au refrain, fiére de la rime, quelque prix qu'il en dût coûter; car Béranger avait souvent observé que, sans refrain, la chanson ne réussissait pas, et il tint dés lors à faire tout ce que le genre exigeait pour y obtenir davantage et l'élever enlin à la hauteur des sentiments et des idées que la chanson lui

.Nuri;s

ititi

paraissait appelée à exprimer, surtout à une époque où la presse était esejave. Il sentit d’ailleurs tout l’avantage qu’il y avait pour lui à faire un genre qui n’avait point de poétique et qui laissait à sa disposition tout le dictionnaire de la langue française, dont nos critiques ne permettent guère qu’une partie à presque tous les autres genres. {Noie rie Béranger.)

BUKNNUS

iXoïE I.XIX. — /l« litre. — Les anciens historiens rapportent que le désir d’avoir du vin ne contribua pas peu à l’invasion que les Gaulois firent en Italie, t'.’est là, sans doute, un conte, comme tant d’autres que nous a laisst's l’antiquité, et particuliérement sur cette inênie invasion, tels que les oies du Capitole, la balance de Itrennus, l’action de Camille, etc. ; mais ce sujet dut jilaire à l’auteur, qui y vit un cadre pour l’éloge de son pays, où, sans prendre le ton emphatique dont il a toujours eu l’hoiTeur, il |)Ouvait rendre pleine justice à un peuple que ceux qui le gouvernaient alors semblaient vouloir dégrader à ses propres yeux, tandis que les peuples rivaux se vengeaient de vingt ans d’humiliations par un débordement d’injures contre une nation qui n’a jamais mérité ses malheurs. (Sfo'c rie Béranger.)

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