‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 20 sur 133 · DK BK RANG EU · texte numérisé non relu

DK BK RANG EU

Combien de brillants jeunes bommos!

(Qu'ils laissent d'amours à Paris !

Nous, paysannes (jue nous sommes, N’auroas |>oinl de si beaux maris! »

Kevanl Rose, brune élaiieée, l’n jeune oftieier |iasse alors :

c( Amis, voilà ma lianrée; üomplez, dit-il, tous ses trésors .

Œil vif, teint rosé, line üiille Oui, dans un an, à |>areil jour,

.le l’épouse, si la mitraille Permet de vivre à njon amour, »

lies mots d’un fou, dits au passa"e.

Tu les entends, car lu rougis.

Rose, et, sans rien voir davantage,

Tu rentres rêveuse au logis.

Deiniis, Rose à part soi réi>éle des mots qui lui semblent si doux ;

Et, chaque soir, sur sa couchette.

Pour l’oflirier prie à genoux.

l’n an de rêves ainsi passe.

Le jour qu’il fixa brille enlin.

E’aiibe entrevoit Ros«‘ ipii lace Pour lui son corset le jilus tin.

N’enlend-on pas quelque bruit d’armes .' Elle écoule, sort, rentre, sort :

.\llend, allenil, et. toute en larmes,

A minuit s'écrit' : Il est mori '

liV.nMI'.UES r. 11 A N SON s

r.NK inKK

\iii : Soir cl iruiliii •.iir l,i foiipôio.

|)i‘s iiiniix iiivsciUs lame obsi^ltV,

Je rêvais en vrai songe creux,

(.Kiand devant moi passe une idée.

Une idée! Oui, bourgeois peureux.

Oelle-ci, messieurs, jeune et belle,

Kst faible encor; mais je prétends.

Si le. bon Dieu prend pitié d’elle,

La voir grandir en peu de temps.

Je lui crie ; « — Où vas-tu, pauvrelleV Maint gendarme t’attend là-bas;

Des mouchards la foule te guelfe;

Le commissaire suit tes pas.

- - Tant de peine qu’on leur voit prendre.

Dit-elle, accroît l’espoir que j’ai :

Du peuple ils me font mieux comprendre :

(l’est un commenLaire obligé.

« — Moi qui suis vieux, |ioiir loi je Ireiultle; Ou va te barrer le cbemiu.

Vois ces bataillons ([u’on rassemble,

(les escadrons le sabre eu main.

— Bien mieux que tamlHiurs et IrompeKes Péveillaut up cœur pndorpai,

DE liÉKA.NGEIl.

Je passe cuire les baïonnettes Pour recruter chez renneini.

— Fuis, mon eiiranl; fuis, je l’eii prie; On détruira jusqu a ton nom,

Vois-tu venir l'artillerie?

La mèche a[)proche du canon.

— Peut-('lre aussi sera-t-il nôtre,

Ce canon qui fait ton effroi.

C’est un avocat comme un antre :

Il |>eul demain plaider pour moi,

« — Les députés l’ont prise en haine.

— Au plus fort ils donnent raison.

— Les ministres forgent ta chahie.

— Mes ailes poussent en prison.

— Contre toi l’Kglise atissi gronde.

— A son encens j’aui’ai mon tour.

— Les rois te bannissent du monde.

— Je me cacberai dans leur cour. »

.Mais soudain quel afl'reu.v carnage!

Partout du sang! partout la mort!

La discipline ôte au courage Le prix d’un héroïque effort.

C’est en vain. Plus forte et plus calme, l/Idée, embrassant un lornljeau.

Aux vaincus décerne une palme Et s’envole avw leur drapeau.

UER.MKIIF.S CHANSONS

LA CnURONiVF. HETROrVKF.

Air ;

Roii Dii'ii! (|ue vois-je? uiu* couroime Donl eliaqne rose a iiliis de Irent»* liiveis!

Où, malf(ré l’orgueil (in'il nous douiie.

Sèche iiu laurier la-u resjtedé des vers.

(i’esi uu débris du leinps où ma naissance Klail, fètiV, liélas! comme nu liean jour.

<!e laurier jiarlail d’es|»t'‘rance ;

Les Heurs |iarlaieiil d’amour.

(^hiel souvenir de ma jeiinessi*

Le sori moqiuMir me fait là reli'ouvei !

0 jours de joie el de tendresse!

Nous n’étions lien; nous pouvions tout rêver. .\mis si ;;ais, mailresse toile et lionue,

.Nul astre encore à mou œil u’avail lui Ouaud vos mains tressaient la couronne t,hii m'attriste aujourd’hui.

Uni, ces fleurs ont paré ma tête Dans uu banquet d’enivrante gaieté.

Uu seul de nous donnait la fêle;

Ami discret, doux à ma pauvreté.

Las! il u’esl plus; mais j’enteuds sa parole :

R Uhaute, dit-il, taudis ipie nous passons. »

Gaxnier fr^rps Editeurs

DK BÊRA.NGEH.

Kt sa belle àme un jour s’envole An bruit <le nos rbansons.

Kl res convives si liilèles.

An joyeux chant qui rend l’aï pins doux;

(Jne pins tard j’ai pris sous nies ailes, IVnsent-i!s même à moi, qui pense à Ions?

Oiseaux charmanis, au souvenir volage,

Tons sont épars, chacun dans son enclos.

.Nous n’avons plus le même omhra^'e,

Plus les mêmes échos.

Kl la heanlé tendre et riiMise Ijiii de ces fleurs me couronna jadis?

Vieille, dit-on, elle est pieuse;

Tons nos baisers les a-l-el!e mandils?

J’ai ml que Dien iMinr moi l’avail lail naiire; .Mais l’à^e acconri qui vient toul effacer.

O houle! et sans la reconnaiire.

Je la verrais pass(>r !

Kelle couronne si llélrie l’nt belle aussi le jour où je l’obtins.

(,)nelle âme. est à ce point larie,

H’étre sans pleurs |>our ses amours éleinis?

Aux longs regrets la mienne s’abandonne.

Ile mon Itonhenr unique el vain lamliean.

Ah! !pie n’as-tn, pâle couronne.

Séché sur mon loinliean!

UF.nMKRES CHANSONS

JK SUIS MÉiN'KTRlEll

\ifi : Eh! m:i ini're, osi-c' inie j’ sai« ça?

Pour adoucir de la vie L'hiver sombre el rigoureux,

Au ménétrier j’envie

Son art qui fait tant d'heureux.

.le voudrais, même aux guinguetles.

Dire en faveur des amanis :

Allons, gai! dansez, fdletles! 1 I.aissez causer vos m.amans. (

Ouand je vois de jiauvres Mies Tout un soir lire ou Irâiller,

Pour leurs cousins et pour elles Mon talent saurait briller.

Plus que valses et fleurettes Leur nuisent vers et romans.

Alhms. gai! dansez, fillettes!

Laissez causer vos mamans.

Minu le! ma vieille Ivre Se transfomie en violon.

Aux cliainps on vient me sourii e; On me cajole an salon. i

flonibien j’ai d’anciennes dettes A payer aux cœurs aimants !

Allons, gai! dansez, fillettes!

Laissez cau':(‘r vos mamans.

DK. lir:lt.V,\CKR.

La {{loii'p, iiièi'p 1 ‘soislo De fous à grand bruit vaiilt‘s,

Tient compagnie, assez trisle A ces vieux enfants gâtés.

,1e javfère à ses tioinpell<*s l,e plus liiiix des insImuuMits.

Allons, gai! dansez, (illelles.

Laissez causer vos mamans.

Plaisir d'autrui me caresse;

l’n archet me sert au mieux.

Déjà la folle jeunesse

Me pardonne d’être vieux.

Demoiselles et grisettes,

A vous mes derniers moments.

Allons, gai! dansez, fillettes! 1

. ft/.s.

Laissez causer vos mamans. )

LLS AILKS I) 1 .\ 1.00 1: K

Ain (lu f-aroon.

l'N JKl'NK limiMK.

Vieillard, trompant notre espérance.

Quoi ! tu meurs, et meurs alité !

Il est donc faux (pie la science , T'ait doué d'immortalité’

DEHMKRES CHANSONS

De toi l’on contait tics merveilles ;

Un pri'tre hier disait encor Que Satan, pour prix de tes veilles, T’avait donné deux ailes d’or.

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