‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 22 sur 133 · LE VIEILLARD · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD

J’iii jcU'î (l’une niain prudenle (Ii's ailes au feu (l’uu brasier, lîl mis leur eeiidre téeoudaule .\u pied d’un jeune cerisier.

De mes jours je vais rendre com|ile ; Le Tl rs-Haut me sourit eiilin.

.\dieu ! Dans son sein je remonte Sur les ailes d’un séraphin.

LK Cil A SS K U U

Am :

(( Petits oiseau.\, ([ue j’aime entendre Vos eonm ts dans ces houx épais !

Votre chanson, joyeuse ou tendre,

Kst jtoiir mon coeur riiynme de paix.

.Mais craif,mez les lacs (pi’oii peut tendre. Le iKuiheui' l'ait tant de jaloux!»

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

« Vient un chasseur; son pas redouble.

Malgré ses chiens, point de gibier.

S’il allait, de son fusil double.

Faute de mieux, vous foudroyer'.'

Ah ! maudit soit l’homme qui trouble L’écho que vous rendez si doux !

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous.

DK CHllA.NGKll.

K Uifii ii'iliTêlc des luaiiis cnu lles.

Lis ! J'ai vu des diasseui s, un jour.

.\lwllre au vol deux hirondelles lloiil je saluais le relour.

Vos rhaiisons alleudriroiil-elles L'enlanl qui s'arme de cailloux?

l'aisez-voiLs, oiseaux, laisez-vous.

il IJiai'iiianls oiseaux, connaissez l'iiouinic : (Ju'il soil Ijoucher, soldai, chasseui'.

Il l'usille, il sabre, il assornnie,

Kt trouve au saiiy de la douceur.

Les moins cruels sont ceux qu’on nomme Uourreaux ; soil dit bien enlro nous.

Taisez-vous, oiseaux, laist'Z-vous. »

Hou Dieu! i:’esl le cliasseur qui lire!

Il blesse à l'aile une jierdrix.

.Son chien la |Mend ; pauvre maiTyre !

Le chasseur, que gênent ses cris,

Lui luise la tête; elle expire.

Le soir, il médira des loups.

J Taisez-vous, oiseaux, laisez-vous.

Il s'éloigne. Son œil avide

Voit un chevreuil au bord du bois.

A l’abri de l’ai me perfide.

Laissez éclater votre voix.

Mais si demain, le carnier vide,

11 passe encor près de ces houx.

Taisez-vous, oiseaux, taisez-vous. »

htlSMKIlKS CHANSONS

Page 1