I.KS PAPILLONS
\iii : \ lie iille est un oi^eau.
l.a f^rand’inère, au temps jadis.
K('pélait à la lillette ;
^ i Prie, enfant, car tu fii-andis;
Le diable est là qui le guette.
Point de jeux trop s duisanis.
Je suis vieille, on doit me croire.
Viens d’une àme de douze ans,
.Ma lille, écouter l’histoii e.
l’rains le diable; mais crois bien \ y.
Que rEnfer vaut mieux que rien, i
« D’un village mis à sac Le diable euqiorlait les âmes.
Il en avait un plein sac.
Qu’il allait jeter aux flammes.
Las du fardeau, lui, si fort.
S’est assis sous une treille.
La main au sac, il s’endort; bar Dieu permet qu’il sommeille.
Crains le diable; mais crois bien Q le l’Enfer vaut niietix (pie rien.
l)En.MKRKS CHANSONS
« Ües oiseaux font reconnu : Frères, disent-ils, courage!
Sans bruit, de Fange cornu Courons entr'ouvrir la cage.
Vite, vite, au .sac de cuir Leur bec fait un trou d’aiguille, Par où, seule, a peine à fuir • L’âme d’une jeune fille.
Crains le diable ; mais crois bien Que l’Enfer vaut mieux que rien.
Il 11 s’éveille! Où se cacliei ?
L’âme avec les oiseaux vole Sous le toit d’un saint cloclier.
Le malin ne s’en désole.
Dieu me défend d’aller là ;
Mais, s.acliez-le, ma colombe,
Oui de mes rôts s’envola Sous ma griffe un jour retombe.
Crains le diable; mais erois bien One l’Enfer vaut mieux que rieu.
Il SaUm part, et les oiseaux De dire à l’âme sauvée ; Auriez-vous lait des réseaux Ou détruit quelque couvée?
— Non, messieui’s les oisillons :
Plus coupable pécheresse,
Pour chasser aux papillons.
J’ai vingt fois manqué la messe.
Crains le diable; mais crois bien Que l’Enfer vaut mieux que rien.
DI BKRAAGER.
ISil
« — Dieu sourit au repentir ; Suppiiez-le bien, pauvrette.
Pour vous nous allons bâtir Un nid dans notre retraite.
(le toit, qui l’éveille aux champs, Vous rend la prière aisée.
Nous vous nourrirons de chants.
De fleurs, de miel, de rosée.
Crains le diable; mais crois bien Que l’Enfer vaut mieux que rien.
« N’osant quitter ce séjour,
Sous la croix l’àme abritée D’abord soigne avec amour Les petits de la nitée.
Puis ce beau zèle s’éteint;
Même elle néglige encore,
(liiez des chantres du matin.
Comme eux de bénir l’aurore.
Crains le diable; mais crois bien Que l’Enfer vaut mieux que rien.
« Certain jour qu’ils vont au loin :
Quel ennuyeux tas de pierres !
Dit-elle; et qu’est-il besoin D’y sonner tant de prières?
Ciel ! aux champs, dans un sillon.
Que vois-je? Un papillon brille! Certe, un si beau papillon N’est pas né d’une chenille.
Crains le diable; mais crois bien Que l’Enfer vaut mieux que rien.
DKIIMI l’.KS CH \\sn\S
« Elle vole, el, d’un élan,
4usqu’à l’insecte elle arrive.
Sainte Vierge! c’est Satan (Jui lui crie : Ah! fugitive,
.le vous tiens. Ne priez pas ;
E’est trop tard, vite à mou Ivuige!
Vous attraperez là-bas Iles papillons de fer rouge, drains le diable; mais crois bien Que l’Enfer vaut mieux (pie rien.
« Nos oiseaux au toit cpii pend
Rentrent : 0 l’infortunée !
Le diable à l’œil de serpent
D’en bas l’aura fascinée.
Disent-ils. Où la chercher'’
Dans les flammes éternelles.
Sans pouvoir l’en arrarhei-
Nous y brùleiâons nos ailes.
drains le diable: mais crois bien ) ...
> Bu
Que l’Enfer vaut mieux que rien. )
LA DERNIÈRE EÉE
.\in ir.\géliiu>. de Wii.imi.
t’rès du rivage où le druide austère, dbez les Rretons, ensevelit ses dieux.
An vieux curé, qui bèrlie son parterre.
I»K li K It A Mi/. U. lyi
Vient il’apparaitre un messager des deux.
(j'est un ange. Oui ; l’auréole, les ailes,
Tout le lui prouve. 11 se signe, et soudain.
Malgré la brunie, il voit dans son jardin Oiseaux s’ébattre et fleurs briller plus belles. Sous un ciel sombre et les vents et les flots l’oussiiDl au loin de funèbres sanglots. I
l’armi ses Heurs l'ange aussitôt moissonne.
« Ah! dit le prêtre, il veut parer nos saints. » L’Ange sourit : « Pour’ mettre une couronne Sur un tombeau, je te fais cr.‘s lai’cins, iJit-il ; entends des plaintes étouffées Travei’ser l’air; vois ce ciel triste et noir.
Dans l’anse où croule un noble et vieux manoir. Vient de mourir la dernière des fées. »
Sous un ciel sombre et les vents et les Ibds Poussent au loin de funèbres sanglots.
i.c pi;f;rRE.
X Loiument ! chez nous, encore un pai eil être \ » l'ange.
<' Certes; bien loin des savants, des penseurs, Sous le dolmen (|ui jadis la vit naître.
Dieu lui permit de survivre à ses sœui’s.
Cl’oire à ses dons tenait lien d’abondance; D’heureux efforts naissaient de vœux ardents; .Même à sauver vos pécheurs impnvdents Li bonne fée aidait la Providence. »
Sous un ciel sombre et les vents et les Ilots Poussent au loin de funèbi es sanglots.